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Sarah Halimi : clôture des investigations, incertitude sur la tenue d’un procès

Trois expertises psychiatriques ont été réalisées, mais leurs résultats font craindre que le suspect, toujours hospitalisé, soit reconnu comme pénalement irresponsable

Sarah Halimi. (Crédit : autorisation de la Confédération des Juifs de France et des amis d’Israël)
Sarah Halimi. (Crédit : autorisation de la Confédération des Juifs de France et des amis d’Israël)

La juge chargée de l’enquête sur le meurtre de Sarah Halimi, sexagénaire juive dont la mort en 2017 à Paris a suscité émotion et polémique, a annoncé la fin des investigations qui, en l’état, rendent incertaine la perspective d’un procès, a appris jeudi l’AFP de sources proches du dossier.

La juge d’instruction Anne Ihuellou a notifié cette décision la semaine dernière aux parties, ouvrant la voie aux observations finales des avocats et aux réquisitions du parquet, avant sa décision très attendue sur la tenue ou non d’un procès de l’unique suspect, mis en examen pour meurtre à caractère antisémite.

Trois expertises psychiatriques ont en effet été réalisées depuis deux ans, mais leurs résultats, contradictoires, font craindre aux parties civiles que le jeune homme, toujours hospitalisé, soit reconnu comme pénalement irresponsable et bénéficie d’un non-lieu.

Dans la nuit du 3 au 4 avril 2017, Kobili Traoré, alors âgé de 27 ans, s’était introduit chez sa voisine Lucie Attal – aussi appelée Sarah Halimi – au troisième étage d’un HLM. Aux cris d' »Allah Akbar », entrecoupés d’insultes et de versets du Coran, ce jeune musulman l’avait rouée de coups, avant de la précipiter dans la cour.

Les trois expertises concordent pour dire que le jeune homme, sans antécédent psychiatrique, ne souffre pas de maladie mentale, mais qu’il a agi lors d’une « bouffée délirante » provoquée par une forte consommation de cannabis.

Le premier expert en avait d’abord conclu que le discernement de M. Traoré devait être considéré comme « altéré », mais non pas « aboli » au sens du Code pénal, « du fait de la consommation volontaire et régulière de cannabis » dont il ne pouvait ignorer les effets, engageant ainsi sa responsabilité.

La contre-expertise, menée par un collège de trois médecins, concluait au contraire à l’abolition de son discernement, synonyme d’abandon des poursuites judiciaires.

La juge avait alors sollicité un nouveau collège d’experts, qui a rendu un avis moins tranché, « orientant plutôt classiquement vers une abolition du discernement » de Kobili Traoré car « au moment des faits, son libre arbitre était nul ».

Pour les avocats de la famille Halimi, Mes Caroline Toby et Francis Szpiner, « l’expert psychiatre ne peut se substituer au juge ». En l’absence d’unanimité entre les experts, « il appartient à une juridiction de jugement de discuter les circonstances de purs faits, comme la tentative de maquillage du crime en suicide » ou le choix, selon eux ciblé, de la victime, avant de pouvoir « confirmer ou infirmer les réponses des psychiatres ».

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