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Sarcelles : Agression au couteau contre trois jeunes Juifs

Le suspect, qui ferait l’objet d'une obligation de quitter le territoire français, a été remis en liberté 48h plus tard ; le caractère antisémite des faits n'a pas été retenu

Sarcelles. (Crédit : capture d'écran Google Maps)
Sarcelles. (Crédit : capture d'écran Google Maps)

Trois jeunes juifs qui portaient une kippa ont été menacés et agressés par un homme visiblement ivre muni d’une arme blanche, lundi vers 20h30 à Sarcelles, a rapporté Le Parisien. Ils sont parvenus à prendre la fuite et n’ont pas été blessés.

Les jeunes hommes, âgés d’une vingtaine d’années, sortaient de la grande synagogue de Sarcelles à l’occasion de Pessah. Ils marchaient sur le boulevard Albert-Camus, au cœur du quartier de la « Petite Jérusalem ».

Une femme depuis son balcon a crié qu’un SDF était armé d’un couteau, ce qui a permis aux jeunes de fuir.

L’arme, qui doit servir à couper des plaques de plâtre, faisait une trentaine de centimètres de long.

Le suspect a été maîtrisé par d’autres membres de la communauté qui ont accouru. Il a été remis à la police. Il serait d’origine pakistanaise et âgé de 35 ans environ. Il a été placé en garde à vue au commissariat de Sarcelles.

Selon des témoins, l’homme aurait lancé au moment des faits : « Ils m’ont volé mon travail. » Le parquet de Pontoise a rapporté son « contexte d’alcoolisation avancée ».

Il a été déféré mercredi au parquet, qui a ouvert une information judiciaire pour « menace avec arme ». Mis en examen par le juge d’instruction, il a été placé dans la soirée sous contrôle judiciaire et a été libéré.

Le parquet de Pontoise, qui avait requis son placement en détention provisoire, a fait appel de cette décision du juge des libertés. Aucun élément n’aurait permis de confirmer le caractère antisémite des faits et cette circonstance n’a pas été retenue. L’enquête n’a pas été confiée à l’antiterrorisme.

Selon René Taïeb, président des communautés juives du Val-d’Oise, l’acte reste néanmoins « susceptible d’avoir un caractère antisémite ». Le responsable a demandé un renforcement de la sécurité et s’est étonné que le suspect ferait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français depuis plusieurs années. 

Moïse Kalhoun, qui dirige la communauté de Sarcelles, s’est inquiété du fait que le trentenaire avait à nouveau été vu aux abords de la synagogue jeudi matin, peu après avoir été libéré. Le caractère antisémite est pour lui évident.

Le BNVCA a lui fait part de sa stupéfaction quant au fait que le juge n’a pas retenu la circonstance aggravante d’antisémitisme et sa libération – et ce malgré aussi qu’il fasse l’objet d’un décret d’expulsion. L’association a annoncé déposer plainte.

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