Scandale en Ukraine autour d’un diplomate antisémite réhabilité à son poste
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Scandale en Ukraine autour d’un diplomate antisémite réhabilité à son poste

Vassyl Marouchtchynets, 63 ans, était consul ukrainien à Hambourg en Allemagne avant d'être limogé en mai 2018 après une série de publications antisémites

Illustration du drapeau de l'Ukraine (CRédit : domaine public)
Illustration du drapeau de l'Ukraine (CRédit : domaine public)

Le ministère ukrainien des Affaires étrangères s’est retrouvé au coeur d’un scandale mercredi après qu’un tribunal de Kiev l’a obligé à nommer à un poste diplomatique un ex-consul limogé l’année dernière pour des publications antisémites.

Vassyl Marouchtchynets, 63 ans, était consul ukrainien à Hambourg en Allemagne avant d’être limogé en mai 2018 après une série de publications « honteuses », antisémites et « incitant à la haine raciale » sur les réseaux sociaux, selon la diplomatie ukrainienne.

Selon certains médias, il a notamment publié sur Facebook des déclarations insultant les Juifs et assurant qu' »être nazi était un honneur ». Des blogueurs et médias ont également publié une photo d’origine, dont la source est inconnue, sur laquelle on le voit poser avec un gâteau d’anniversaire en forme du livre « Mein Kampf » d’Adolf Hitler.

L’ex-consul a contesté son limogeage en justice et obtenu gain de cause en novembre. « En désaccord » avec cette décision, la diplomatie ukrainienne a indiqué dans un communiqué « avoir été contrainte de s’y plier » tout en précisant avoir porté plainte mardi auprès de la Cour suprême afin d’obtenir son annulation.

Vassyl Marouchtchynets a ainsi été nommé le 9 décembre à un poste au sein du ministère et a touché environ 9 000 dollars en salaires impayés depuis son limogeage, a précisé à l’AFP la porte-parole de la diplomatie ukrainienne Kateryna Zelenko.

« Le ministère des Affaires étrangères continue de considérer les actes et déclarations de Marouchtchynets comme incompatibles avec son rôle de fonctionnaire public et diplomate ukrainien », indique le ministère, accusant l’ex-consul d’avoir « porté un préjudice considérable à l’image internationale de l’Ukraine ».

« C’est impensable! (…) Je ne comprends pas comment la diplomatie peut manquer de moyens légitimes pour empêcher son retour », s’est insurgé auprès de l’AFP Iosif Zisels, co-président de l’association des organisations juives d’Ukraine.

Cette décision « place le nouveau pouvoir ukrainien dans une situation très désagréable » et « sape les progrès réalisés ces dernières années », a-t-il poursuivi.

« Une personne se permettant des attaques antisémites ou xénophobes n’a aucun droit d’occuper un poste diplomatique », a abondé Inna Ioffe, directrice exécutive de la Confédération juive ukrainienne, évoquant une « honte pour l’Ukraine ».

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky chante l’hymne national lors de sa cérémonie d’intronisation au parlement de Kiev, le 20 mai 2019. (GENYA SAVILOV/AFP)

L’Ukraine, dont l’histoire est marquée par de nombreux pogroms et massacres antisémites, a élu cette année à la présidence Volodymyr Zelensky, un ex-comédien d’ascendance juive.

Selon une étude publiée l’année dernière par l’institut américain Pew Research Centre, 5 % des adultes en Ukraine disent ne pas vouloir accepter les Juifs comme concitoyens, un chiffre parmi les plus bas en Europe de l’Est.

En revanche, agressions et discours antisémites sont loin d’avoir disparu et les autorités sont parfois accusées de laxisme face aux groupes néo-nazis et ultra-nationalistes.

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