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Séance agitée à la Knesset lors de la présentation du budget par Bennett

Bennett n'est pas "un vrai" Premier ministre, selon Netanyahu ; des députés de l'opposition ont été exclus de la plénière pour avoir chahuté le chef du gouvernement

Le Premier ministre israélien Naftali Bennett s'exprime en séance plénière de la Knesset, le 11 octobre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre israélien Naftali Bennett s'exprime en séance plénière de la Knesset, le 11 octobre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le Premier ministre Naftali Bennett a affronté les membres de l’opposition et défendu le budget de l’État, lundi, pendant une séance plénière agitée à la Knesset réclamée par 40 membres de l’opposition.

Plusieurs députés de l’opposition ont été exclus de la séance pour leurs interruptions furieuses et pour avoir chahuté le Premier ministre. Le leader de l’opposition, Benjamin Netanyahu, a pour sa part déclaré que Bennett n’était pas « un vrai » chef de gouvernement.

Il n’y a pas eu d’adoption d’un budget de l’État depuis 2018 en raison d’une crise politique qui a déclenché quatre cycles électoraux consécutifs.

C’est Netanyahu qui, selon de nombreux observateurs, aura empêché l’approbation d’un budget au cours du gouvernement précédent – qui n’avait guère duré – utilisant une faille présente dans l’accord de partage du pouvoir qu’il avait signé avec Benny Gantz. Selon les dispositions de l’accord, ce dernier aurait succédé à Netanyahu au poste de Premier ministre, ce que Netanyahu ne pouvait pas accepter.

Le gouvernement actuel a jusqu’au 13 novembre pour finaliser le budget et pour faire approuver sa deuxième et sa troisième lectures. Le cas échéant, la coalition sera automatiquement dissoute et de nouvelles élections seront organisées.

A l’origine de cette séance plénière houleuse – qui avait été intitulée « le budget anti-social qui fait augmenter les impôts et qui frappe les faibles » – le député de Yahadout HaTorah, Uri Maklev. L’opposition est en droit de demander l’organisation d’une telle discussion une fois par mois si 40 législateurs soutiennent cette initiative et le Premier ministre ainsi que le chef de l’opposition sont obligés, de par la loi, d’assister à la session entière et de prendre la parole lorsqu’elle se termine.

Au moins neuf membres de l’opposition ont été exclus de la séance pour avoir chahuté Bennett pendant son discours.

Le député Itamar Ben Gvir s’insurge sur le Premier ministre israélien Naftali Bennett pendant une séance plénière à la Knesset, le 11 octobre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Il n’y a pas de limite à votre absence de prise de conscience », a indiqué Bennett en s’adressant à l’opposition. « Le gouvernement a approuvé en première lecture ce budget qui est celui qui est le plus tourné vers le social depuis de nombreuses années. »

« L’approbation d’un budget n’a pas eu lieu depuis le mois de mars 2018 », a-t-il aussi rappelé.

Bennett a continué en vantant les réussites présumées de son gouvernement, notamment sa capacité à éviter un nouveau confinement dans le cadre de la crise de la COVID-19 – le gouvernement précédent en avait pour sa part imposé trois.

« Avec cette politique du confinement dont vous étiez devenus accros, nous n’avons fait qu’augmenter la dette nationale de 60 milliards de shekels supplémentaires. Et nous avons ajouté deux milliards de shekels aux soins de santé des Israéliens », a-t-il continué.

« Nous travaillons de manière déterminée à faire au mieux pour les citoyens d’Israël, à leur bénéfice exclusif, sans autre motivation inavouée. Nous travaillons ensemble », a-t-il affirmé.

Netanyahu a ensuite pris la parole, disant que Bennett n’était pas « un vrai » Premier ministre.

« Quand j’avais trois ans, j’ai déplacé les fauteuils qui étaient dans le salon, j’ai ajouté des ailes, je me suis assis et je me suis dit : ‘Je suis un pilote, je pilote un avion’, mais je n’étais pas un pilote. J’étais simplement assis sur un fauteuil et je faisais semblant de piloter, » a dit Netanyahu.

« Quand c’est un enfant trois ans qui fait cela, c’est adorable. Quand Bennett, pour sa part, prend place dans le fauteuil du Premier ministre et qu’il dit : ‘Je suis un pilote, je pilote cet avion’ – mais qu’en réalité, il ne prend pas les décisions, alors il a peut-être le titre de Premier ministre mais il n’est pas un vrai Premier ministre. Cela n’a rien d’adorable, c’est pathétique et c’est même dangereux. Ce n’est que feinte », a commenté le chef de l’opposition.

Le leader de l’opposition Benjamin Netanyahu parle en séance plénière de la Knesset, le 11 octobre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Bennett n’a pas de vision, de politique, il n’obtient pas de résultat. Il n’est tout simplement pas un leader », a continué Netanyahu, évoquant l’homme de droite qui s’est uni aux partis centristes et de gauche pour l’écarter du pouvoir, mettant ainsi un terme à une impasse politique de deux ans.

« Le public a le sentiment que tout cela n’est que mensonge, parce que dans ce gouvernement, tout le monde fait ce qu’il veut. Les ministres du cabinet se fichent de ce que pense Bennett. On peut le voir dans le nouveau reality-show ‘La Course à la Mukataa’, » a-t-il raillé, se référant aux rencontres récentes entre des ministres israéliens et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à son bureau de Ramallah.

Netanyahu s’est également moqué du ministre des Affaires étrangères Yair Lapid qui a fini par mettre en place de nombreuses politiques qu’il avait dénoncées lorsqu’il siégeait dans l’opposition en ne limitant pas, par exemple, le nombre de ministres et en utilisant une loi qui permet aux ministres de quitter la Knesset et d’être remplacés par un membre issu de leur formation.

Netanyahu a aussi éreinté le gouvernement pour investir de fortes sommes d’argent dans le développement de la communauté arabe israélienne à la demande du leader du parti Raam, Mansour Abbas. Ce dernier a alors rétorqué que Netanyahu lui-même avait négocié la même initiative avec lui.

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