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Selon Gantz, l’accord nucléaire iranien pourrait être signé dans les prochains jours

Le ministre a promis de continuer à agir "qu’il y ait ou non accord" et a positionné Israël sur la question ukrainienne comme partenaire de l’action internationale pour la paix

Le ministre de la Défense, Benny Gantz, prend la parole à l'occasion de la cérémonie de remise des diplômes aux officiers de la Marine israélienne, sur la base navale de Haifa, le 2 mars 2022. (Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)
Le ministre de la Défense, Benny Gantz, prend la parole à l'occasion de la cérémonie de remise des diplômes aux officiers de la Marine israélienne, sur la base navale de Haifa, le 2 mars 2022. (Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Alors qu’un accord entre Téhéran et les puissances mondiales semblait imminent, le ministre de la Défense Benny Gantz a promis, mercredi, qu’Israël ne cesserait jamais d’oeuvrer pour s’assurer que l’Iran n’obtienne pas l’arme nucléaire.

« Dans les semaines à venir, et peut-être même dans les prochains jours, un accord nucléaire pourrait être signé entre les puissances [mondiales] et l’Iran », a déclaré Gantz lors d’une cérémonie de remise de diplômes aux officiers de la marine dans la baie de Haïfa.

« Que cela se produise ou non, Israël continuera à faire le nécessaire pour empêcher l’Iran d’accéder à la capacité nucléaire et de constituer une menace existentielle [pour le pays] », a-t-il déclaré.

Les négociations pour relancer l’accord, connu officiellement sous le nom de Plan d’action global conjoint [JCPOA, dans son acronyme anglo-saxon], impliquent directement l’Iran, la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la Russie et la Chine, et indirectement, les États-Unis.

La France a déclaré lundi qu’il était « crucial » que les négociateurs à l’œuvre pour rétablir l’accord parviennent à leurs fins cette semaine.

L’accord initial de 2015 avait accordé à l’Iran un allègement des sanctions sous réserve de limitations de son programme nucléaire.

Le retrait unilatéral des États-Unis, en 2018, sous la présidence de Donald Trump, et le rétablissement de lourdes sanctions économiques avaient donné un coup d’arrêt à l’accord et incité l’Iran à revenir sur ses engagements. Le pays avait repris l’enrichissement de l’uranium, parvenant à un niveau de pureté très proche de celui nécessaire à la production d’armes atomiques.

« Nous poursuivrons notre activité diplomatique, car l’Iran est un problème à la fois mondial et régional. Nous continuerons à renforcer nos capacités militaires. Tous les moyens sont bons », a précisé Gantz.

Même si un accord est signé, nous poursuivrons nos efforts diplomatiques pour assurer une surveillance étroite de l’Iran, assortie de conséquences lourdes et effectives en cas de violation [de l’accord] et d’avancées dans le développement nucléaire », a-t-il ajouté.

Plus tôt mercredi, le Premier ministre Naftali Bennett avait déclaré qu’Israël devait s’assurer que l’Iran n’obtienne pas d’armes nucléaires, « pas sous nos yeux, jamais ».

Le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu a déclaré sur Twitter : « Bennett et [le ministre des Affaires étrangères Yair] Lapid restent les bras croisés, alors que l’Iran s’achemine vers la conclusion d’un épouvantable accord nucléaire hypothéquant la sécurité et l’avenir de l’État d’Israël.

« Ce mauvais accord donnera à l’Iran les fonds pour alimenter le terrorisme contre notre pays, au nord comme au sud, et la bénédiction internationale pour se constituer un arsenal nucléaire menaçant l’ensemble des citoyens israéliens », a-t-il ajouté.

L’installation d’enrichissement nucléaire iranienne à Natanz, en Iran. (Crédit : AP Photo/Hasan Sarbakhshian)

Gantz, dans son discours, a également évoqué l’invasion de l’Ukraine par la Russie, en précisant que « nous sommes témoins des combats difficiles et cruels en cours en Ukraine, et nous ne restons pas les bras croisés. Nous envoyons de l’aide humanitaire, aidons à évacuer nos ressortissants, accueillons les immigrants et réfugiés, et nous sommes prêts à faire davantage pour sauver des vies et que cessent les combats. »

« Israël soutient et continuera à soutenir les efforts de la communauté internationale pour rétablir l’ordre », a-t-il ajouté, sans citer nommément la Russie.

Depuis que les tensions entre la Russie et l’Ukraine ont commencé à s’intensifier, Israël a cherché à éviter de s’aligner trop étroitement sur l’une ou l’autre des parties. C’est l’un des rares pays à entretenir des relations relativement chaleureuses avec l’Ukraine, une démocratie occidentale, et avec la Russie, qui contrôle l’espace aérien au-dessus de la Syrie, dans lequel Israël opère pour cibler les alliés iraniens.

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