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Sénateur Chris Murphy : Washington va retenir 85 M de $ d’aide militaire à l’Égypte

Ce gel est dû à des violations des droits de l'Homme ; le sénateur démocrate demandera la retenue de 235 M de $ supplémentaires

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi assistant à la séance de clôture du sommet du nouveau pacte financier mondial, à Paris, le 23 juin 2023. (Crédit : Lewis Joly/AP)
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi assistant à la séance de clôture du sommet du nouveau pacte financier mondial, à Paris, le 23 juin 2023. (Crédit : Lewis Joly/AP)

Les États-Unis vont geler 85 millions de dollars destinés à l’aide militaire à l’Égypte en raison de l’incarcération continue de prisonniers politiques par Le Caire et d’autres problèmes liés aux droits de l’Homme, a déclaré un sénateur cette semaine.

Une décision sur la retenue de 235 millions de dollars supplémentaires devrait être prise prochainement, selon deux sources familières avec les développements cités par l’agence de presse Reuters.

Le sénateur démocrate Chris Murphy a annoncé la décision depuis le Sénat mardi, tout en exhortant l’administration du président Joe Biden à retenir le reste des fonds jusqu’à ce que Le Caire mette un terme à ce que les critiques qualifient d’abus rampants à l’égard des prisonniers, des dissidents et d’autres personnes.

« L’administration a décidé à juste titre de retenir la première tranche – 85 millions de dollars liés à la libération de prisonniers politiques – parce qu’il ne fait aucun doute que les progrès sont insuffisants », a déclaré le sénateur Murphy au Sénat.

« J’invite l’administration à terminer le travail et à retenir la totalité des 320 millions de dollars jusqu’à ce que le bilan de l’Égypte en matière de droits de l’Homme et de démocratie s’améliore », a-t-il ajouté.

Washington a critiqué à maintes reprises le bilan du Caire en matière de droits de l’Homme, accusant les autorités de recourir à la torture, de mettre en danger la vie des détenus et de restreindre la liberté d’expression.

Les États-Unis fournissent à l’Égypte une aide annuelle de plus d’un milliard de dollars, conformément à l’engagement pris dans le cadre du traité de paix historique conclu en 1978 entre l’Égypte et Israël, qui reçoit également des milliards d’euros d’aide américaine. Les décisions antérieures des États-Unis de retenir des fonds n’ont eu que peu d’impact public sur les liens entre Jérusalem et Le Caire.

Le Congrès a subordonné une partie de l’aide militaire à la condition que le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi fasse des progrès en ce qui concerne le mauvais bilan de son gouvernement en matière d’emprisonnements politiques et de droits de l’Homme.

Le sénateur Chris Murphy, démocrate du Connecticut, s’exprimant lors du Sommet national pour des communautés plus sûres à l’Université de Hartford, à West Hartford, dans le Connecticut, le 16 juin 2023. (Crédit : Susan Walsh/AP)

En réponse aux remarques de Murphy, un porte-parole du Département d’État a déclaré : « Nous consultons le Congrès pendant que nous finalisons nos actions. »

Une lettre du Département d’État aux commissions du Congrès détaillant le financement militaire étranger explique que sur les fonds retenus de l’Égypte, 55 millions de dollars iront à Taïwan et les 30 millions de dollars restants au Liban, selon Reuters.

« La loi américaine précise que les 85 millions de dollars dépendent des progrès clairs et constants de l’Égypte en ce qui concerne la libération des prisonniers politiques, le respect de la légalité pour les détenus et la prévention de l’intimidation et du harcèlement des citoyens américains », a déclaré Murphy.

Le pouvoir exécutif ne peut pas déroger à ces conditions, mais il peut ignorer certaines exigences en matière de démocratie et de droits de l’Homme pour fournir les 235 millions de dollars restants s’il estime qu’il en va de l’intérêt de la sécurité nationale des États-Unis.

Illustration : Des accusés égyptiens attendant leur condamnation depuis une cellule en verre insonorisée, dans le tribunal improvisé de la prison de Tora, au Caire, le 28 juillet 2018. (Crédit : Amr Nabil/AP)

En 2022, les États-Unis avaient autorisé le montant total sous réserve de progrès concernant les détentions politiques – à l’époque 75 millions de dollars – et avaient également approuvé 95 millions de dollars supplémentaires en utilisant une exception pour l’aide utilisée pour la lutte contre le terrorisme égyptien, la sécurité des frontières et la non-prolifération des armes.

Toutefois, 130 millions de dollars avaient été retenus, soit le même montant que l’année précédente.

Les groupes de défense des droits de l’Homme et certains législateurs américains ont demandé à l’administration de retenir la totalité des 300 millions de dollars destinés à l’Égypte, dont les forces de sécurité et les prisons sont connues pour la détention, la torture et la disparition de militants de la démocratie et des droits de l’Homme, de journalistes, d’écrivains, de personnalités politiques et d’autres personnes.

L’Égypte est un allié clé des États-Unis et l’un de leurs principaux bénéficiaires de l’aide militaire.

En janvier, le secrétaire d’État américain Antony Blinken avait appelé al-Sissi à « libérer tous les prisonniers politiques » – dont les groupes de défense des droits estiment qu’ils sont des dizaines de milliers en Égypte – tout en saluant les « progrès importants » réalisés par le pays.

En août, l’Égypte a gracié un militant de premier plan, ce qui avait été salué par Blinken.

Le conditionnement par le Congrès d’une partie de l’aide à l’Égypte constitue un test public annuel de l’équilibre entre les intérêts stratégiques et les droits de l’Homme de l’administration Biden. Le président américain Joe Biden s’était engagé à placer les droits de l’Homme et les valeurs américaines au cœur de la politique étrangère de son administration.

Sous la présidence d’al-Sissi, l’Égypte a connu la plus forte répression de la dissidence de son histoire moderne. Les autorités ont pris pour cible non seulement les opposants politiques islamistes, mais aussi les militants pro-démocratie, les journalistes et les critiques en ligne. Les longues détentions provisoires sont devenues une pratique courante pour garder les détracteurs du gouvernement derrière les barreaux le plus longtemps possible.

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