Sept arrestations lors de la démolition d’un avant-poste illégal en Cisjordanie
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Sept arrestations lors de la démolition d’un avant-poste illégal en Cisjordanie

Plusieurs personnes auraient jeté des objets sur les agents de la police des frontières et auraient tenté de s'enfermer dans un bâtiment d'Oz Zion

Une structure est démolie dans l'avant-poste illégal d'Oz Zion, au nord de Jérusalem, le 23 juin 2021. (Capture d'écran)
Une structure est démolie dans l'avant-poste illégal d'Oz Zion, au nord de Jérusalem, le 23 juin 2021. (Capture d'écran)

Sept personnes ont été arrêtées dans la journée de mercredi, soupçonnées d’avoir agressé des agents lorsque la police des frontières a procédé à l’évacuation d’un avant-poste illégal juif en Cisjordanie.

Plusieurs structures ont été détruites à Oz Zion, un avant-poste situé entre Jérusalem et Ramallah.

Aucun blessé ne serait à déplorer.

Selon la chaîne Kan, une famille et une communauté d’environ 20 jeunes habitent dans l’avant-poste. Plusieurs personnes ont jeté des objets sur les agents avant de tenter de se barricader à l’intérieur d’une construction.

Oz Zion a été démoli par le gouvernement et reconstruit par des membres du mouvement pro-implantations à de nombreuses reprises, ces dernières années, sous le gouvernement de l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Des députés d’extrême-droite ont toutefois prétendu que cette démolition de mercredi était bien la preuve que le Premier ministre Naftali Bennett était dangereux pour le mouvement pro-implantations.

Bezalel Smotrich, chef du Parti sioniste religieux, a déclaré que « comme nous le craignions, dans les quelques jours qui suivent la formation du gouvernement, la destruction des communautés commence… les constructions faites par les Arabes sont incontrôlées dans le Negev, en Galilée et en Judée-Samarie et Bennett, avec [la ministre de la Justice Ayelet] Shaked, choisissent de démolir les constructions juives ».

Le chef du Parti sioniste religieux Bezalel Smotrich dirige une réunion de faction à la Knesset, le 3 mai 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un autre député de ce parti d’extrême-droite, Itamar Ben Gvir, a dénoncé le fait que Bennett, qui a été à la tête du Conseil de Yesha des implantations en Cisjordanie, « supervise dorénavant la destruction des communautés. De manière étonnante, Bennett approuve des démolitions dans les implantations et lui et ses amis s’assurent, par ailleurs, que les constructions bédouines resteront intactes ».

La question des avant-postes illégaux a d’ores et déjà créé des tensions dans le gouvernement de coalition fragile. Ces tensions se sont reflétées en particulier dans la perspective de l’évacuation prévue de l’avant-poste d’Evyatar, situé à proximité d’Ariel.

Ainsi, l’armée israélienne a rejeté dimanche un appel déposé contre l’évacuation et la démolition prévues de cet avant-poste illégal et sensible de Cisjordanie.

« L’avant-poste d’Evyatar a été illégalement créé. Tout a été fait en violation absolue de la loi et sans aucun accord de propriété ou de planification », a écrit le Commandement central.

Des résidents de l’avant-poste illégal d’Evyatar, dans le nord de la Cisjordanie, le 16 juin 2021. (Crédit : Sraya Diamant/Flash90)

Evyatar avait été reconstruit au mois d’avril sur des parcelles qui appartenaient, par le passé, aux villages adjacents de Beita, Kablan et Yitma – même si leur accès était interdit depuis des décennies aux résidents pour des raisons qui, selon l’armée, sont d’ordre sécuritaire.

L’avant-poste s’était développé rapidement au cours des deux derniers mois, consistant finalement en une cinquantaine d’habitations occupées par des dizaines de familles. La page Facebook de l’avant-poste se vante du fait qu’Evyatar empêche dorénavant toute contiguïté entre les villages palestiniens environnants tout en permettant de relier l’implantation israélienne de Tapuah au carrefour de Zaatara et à l’implantation de Migdalim.

Lundi, le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid a confirmé qu’Evyatar serait bien détruit, conformément aux ordres donnés par l’armée. Il a ajouté que le sujet ne serait pas une source de division au sein du gouvernement fragile de coalition.

Suite au rétablissement de l’avant-poste, les environs d’Evyatar ont été le théâtre d’affrontements répétés entre les soldats israéliens et les Palestiniens, ces dernières semaines. Evyatar avait déjà été démoli à plusieurs occasions depuis son tout premier établissement en 2013, qui avait suivi le meurtre d’un résident de Yitzhar, lors d’une attaque au couteau au carrefour de Tapuah.

Les Palestiniens originaires de Beita, un village adjacent, ont jeté des pierres sur les soldats et ont incendié des parcelles de terre et les militaires ont riposté en utilisant des moyens de dispersion d’émeutes et, dans certains cas, des balles réelles. Quatre Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens lors de ces affrontements.

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