Service militaire : Des Juifs ultra-orthodoxes bloquent des routes
Rechercher

Service militaire : Des Juifs ultra-orthodoxes bloquent des routes

Un étudiant de yeshiva était éligible à une exemption de service, mais il a refusé de s'inscrire comme la loi le lui impose

Des centaines de Juifs ultra-orthodoxes se s'opposent à la police israélienne lors d'une manifestation à Jérusalem le 10 avril 2014, à la suite due l'arrestation d'un Haredi qui  refusait de faire son service militaire. (Yonatan Sindel/Flash90)
Des centaines de Juifs ultra-orthodoxes se s'opposent à la police israélienne lors d'une manifestation à Jérusalem le 10 avril 2014, à la suite due l'arrestation d'un Haredi qui refusait de faire son service militaire. (Yonatan Sindel/Flash90)

Lundi soir, des centaines de manifestants ultra-orthodoxes d’un parti extrémiste ont bloqué le place Shabbat de Jérusalem et une partie de l’autoroute 443 dans la capitale pour protester contre l’arrestation d’un jeune qui refuse de faire son service militaire.

Quatre manifestants ont été arrêtés à Jérusalem, et la police a rapidement dispersé les manifestants sur les deux sites et rouvert la route.

La manifestation sur la route 433 a eu lieu près du carrefour Mevo Modiim, juste au nord de Modiin.

Les manifestations ultra-orthodoxes suivent l’arrestation d’un étudiant ultra-orthodoxe du séminaire à l’aéroport Ben Gurion, alors qu’il tentait de quitter Israël pour un pèlerinage à Uman, en Ukraine, le lieu de sépulture d’un rabbin mystique du 18e siècle Nachman de Breslev.

L’étudiant du séminaire est sur une liste de resquilleur du service militaire parce qu’il a refusé de s’inscrire pour le service militaire, en respect de la loi d’incorporation d’Israël.

Les étudiants ultra-orthodoxes du séminaire sont exemptés de l’incorporation militaire en Israël, mais la loi leur impose cependant de s’inscrire pour recevoir l’exemption.

Des hommes juifs ultra-orthodoxes bloquent une route lors d’une manifestation contre l’arrestation des femmes juives ultra-orthodoxes qui n’ont pas répondu à un ordre d’incorporation, à Jérusalem, el 24 juin 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Une petite majorité du public haredi, représentée par ce que l’on appelle la « Faction Jérusalem » et les groupes « Eda Haredit », s’oppose à l’auto-définition d’Israël comme un Etat juif sur des bases théologiques. Ils ont donc fait un point d’honneur à refuser de s’inscrire dans l’armée même si une exemption du service est assurée.

Cela a entraîné de nombreuses arrestations d’ultra-orthodoxes qui refusent de s’inscrire, conduisant alors à des émeutes de partis extrémistes qui ont parfois tourné à la violence. La grande majorité de la communauté et des médias ultra-orthodoxes s’oppose fermement à ce mouvement.

Une manifestation similaire a entraîné à la fermeture de la rue Jaffa de Jérusalem tôt en juillet après qu’environ 2 000 manifestants sont descendus dans les rues à la suite de l’arrestation d’un autre étudiant de séminaire haredi qui a refusé de s’inscrire à la conscription et de recevoir son exemption.

Un officier de police avait été blessé lors de cette manifestation.

La manifestation de lundi a été critiquée par un élu du parti russophone Yisrael Beytenu, qui a basé sa campagne électorale sur l’opposition à ce qu’il considère être la dominance croissante des haredis sur la vie publique israélienne. Il a aussi appelé à la conscription des haredis.

« Le moment est venu d’arrêter le comportement sauvage de ces resquilleurs », a déclaré le chef du groupe d’Yisrael Beytenu à la Knesset, le député Oded Forer, dans un communiqué lundi soir.

« Dans le passé, j’ai proposé une loi pour retirer les subventions [d’état] aux yeshivas dont les responsables encouragent à refuser le service militaire et poussent à manifester contre les soldats de Tsahal. Comme prévu, les élus [haredi] ont torpillé le projet de loi, a-t-il attaqué en promettant : « Après les élections, quand un large gouvernement libéral et nationaliste sera formé, nous ferons adopter le projet de loi et mettrons un terme à cette anarchie ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...