Seth Rogen affirme que sa mère l’a fait appeler le dirigeant de l’Agence juive
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Seth Rogen affirme que sa mère l’a fait appeler le dirigeant de l’Agence juive

L'Agence juive a déclaré que l'acteur avait échangé sur Zoom avec son président, et qu'il s'était excusé pour avoir dit qu'Israël "n'a aucun sens" ; Rogen a démenti les excuses

Seth Rogen arrive à la première de "Good Boys" le mercredi 14 août 2019 au cinéma Regency Village à Los Angeles. 
(Photo par Chris Pizzello/Invision/AP)
Seth Rogen arrive à la première de "Good Boys" le mercredi 14 août 2019 au cinéma Regency Village à Los Angeles. (Photo par Chris Pizzello/Invision/AP)

Dimanche, l’acteur juif canadien Seth Rogen a pris ses distances d’un communiqué de l’Agence juive qui affirmait que Rogen s’était « excusé » dans une conversation Zoom avec son président. Il avait déclaré la semaine dernière qu’Israël « n’a aucun sens ».

Dans un communiqué publié dimanche, l’Agence juive a annoncé qu’une conversation sur Zoom avait été organisée au cours du weekend entre Rogen et son président, Isaac Herzog. Rogen se serait « excusé », en déclarant que ses propos avaient été une « blague ».

Pourtant, quand il a été interrogé au sujet de la conversation, Rogen a déclaré à la journaliste israélo-américaine Mairav Zonszein qu’elle devrait « lire ce que j’ai vraiment dit à ce sujet et pas ces commentaires de seconde main ». Il a aussi déclaré que sa « mère l’a fait appeler » Herzog.

Zonszein a tweeté une capture d’écran de ses remarques.

Ce tweet a été aimé par Rogen, même s’il n’a pas publiquement commenté le sujet ou donné de détails sur sa version de la conversation.

Selon l’Agence juive, celle-ci a envoyé une lettre qui est arrivée chez les parents de Rogen, qui vivent à Vancouver et qui se sont rencontrés en Israël alors qu’ils faisaient du bénévolat dans un kibboutz dans les années 1970. Rogen a ensuite appelé l’Agence juive et a demandé à parler avec Herzog, mais il a insisté pour que la conversation ne soit pas enregistrée, selon un communiqué en hébreu envoyé au Times of Israël.

L’Agence n’a pas fourni de transcription en anglais de la conversation et a décliné de commenter les remarques de Rogen à Zonszein.

Dans un précédent message sur Facebook, Herzog a déclaré en anglais qu’il était « content d’avoir eu conversation franche et ouverte » avec Rogen. Herzog a également tweeté sur la conversation, mais a ensuite effacé le tweet en anglais et en hébreu qui montrait une capture d’écran de la conversation sur Zoom.

La photo circulait encore en ligne.

« Au début, Seth a été gentil de me dire clairement que ce qui manquait dans l’entretien publié était ce qu’il n’avait pas dit : à quel point Israël comptait pour lui. Et que, bien sûr, Israël doit exister », a écrit Herzog.

Il a dit qu’il avait expliqué à Rogen que « de nombreux Israéliens et Juifs dans le monde avaient été personnellement blessés par ses propos, qui impliquaient un rejet du droit d’Israël à exister ».

« Rogen m’a expliqué que ce n’est pas du tout ce qu’il voulait dire et il a expliqué que ses propos étaient une plaisanterie, extraite d’un échange critique et humoristique avec un autre comédien juif », a écrit Herzog. « Il a été incompris et s’est excusé pour cela et j’ai accepté son explication. »

Rogen, qui a grandi en fréquentant des écoles juives et des camps d’été juifs à Vancouver, a suscité l’indignation après avoir déclaré le 27 juillet dans le podcast « WTF » de Marc Maron qu’il avait été « nourri d’une énorme quantité de mensonges sur Israël » et s’est demandé pourquoi l’État devrait exister. Maron, qui fait souvent référence à sa judaïcité dans son émission humoristique, a abondé dans le même sens.

« Pour moi, cela semble être un processus de pensée archaïque », a déclaré Rogen. « Si c’est pour des raisons religieuses, je ne suis pas d’accord, car je pense que la religion est stupide. Si c’est vraiment pour la préservation du peuple juif, cela n’a pas de sens, parce que, encore une fois, on ne laisse pas quelque chose que l’on essaie de préserver dans un seul endroit – surtout quand il est prouvé que cet endroit est assez instable, vous comprenez ? ‘Je veux que toutes ces choses soient en sécurité, je vais les mettre dans mon mixeur en espérant que c’est le meilleur endroit… pour y parvenir.' »

« Cela n’a pas de sens pour moi », a-t-il poursuivi. « Et je pense aussi qu’en tant que personne juive, j’ai été nourri toute ma vie d’une énorme quantité de mensonges sur Israël ! Ils ne vous disent jamais ça – oh au fait, il y avait des gens là-bas. Ils donnent l’impression que c’était comme si j’étais assis là, comme si la putain de porte était ouverte … Ils oublient de mentionner ce fait à chaque jeune juif. »

Rogen participait à l’émission pour faire la promotion de son prochain film « Le cornichon américain » sur l’histoire d’un immigrant juif qui tombe dans un bocal de cornichons dans le New York de 1919 et se réveille 100 ans plus tard.

Selon Herzog, Rogen a dit qu’il était bien conscient que des militants anti-Israël utilisaient ses remarques, et il « a noté qu’il était très préoccupé par la montée de l’antisémitisme, qu’il combat lui-même quotidiennement et il aide aussi la communauté juive dans ce combat ».

Isaac Herzog, président de l’Agence juive, accueille des membres de la communauté Falashmura à l’aéroport Ben Gurion de Tel Aviv, le 4 février 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Rogen a également dit que « soulever le doute, poser des questions et défendre différentes positions sont des éléments fondamentaux dans le judaïsme », a déclaré Herzog, « et dans certains entretiens, il pose des questions avec humour sur presque tout, dans le cadre d’une démarche visant à jeter le doute, ce qu’il considère comme une caractéristique importante du peuple juif ».

« Il m’a dit qu’alors qu’il s’exprimait en plaisantant lors de la conversation concernée, nous ne pouvions pas ignorer le fait que les Juifs en dehors d’Israël devaient souvent se mettre en première ligne et expliquer l’Etat d’Israël, et parfois ils ne savent pas comment ou quoi expliquer », a déclaré Herzog.

« Seth et moi avons eu une longue conversation et très ouverte. À la fin, je l’ai invité à venir visiter Israël, à faire le tour du pays pour mieux connaître la fascinante mosaïque israélienne », a-t-il conclu.

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