Seul un vaccin pourrait permettre une « normalité », selon le chef de l’ONU
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Seul un vaccin pourrait permettre une « normalité », selon le chef de l’ONU

Un tel vaccin "sauverait des millions de vie et des milliards innombrables de dollars", a déclaré Antonio Guterres

Le secrétaire-général Antonio Guterres durant une rencontre portant sur le coronavirus COVID-19 au siège de l'Organisation mondiale de la Santé à Genève, en Suisse, le 24 février 2020 (Crédit : Salvatore Di Nolfi/Keystone via AP)
Le secrétaire-général Antonio Guterres durant une rencontre portant sur le coronavirus COVID-19 au siège de l'Organisation mondiale de la Santé à Genève, en Suisse, le 24 février 2020 (Crédit : Salvatore Di Nolfi/Keystone via AP)

Contre le Covid-19, « un vaccin sûr et efficace pourrait être le seul outil permettant un retour du monde à un sentiment de ‘normalité' », a estimé mercredi le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, en l’espérant avant la fin de l’année.

Un tel vaccin « sauverait des millions de vie et des milliards innombrables de dollars », a-t-il ajouté lors d’une visioconférence avec la cinquantaine de pays africains membres de l’Organisation. Il a plaidé pour une accélération de son développement et son accessibilité à tous. Il doit être « universel » et « permettre de contrôler la pandémie ».

« Nous avons besoin d’un effort ambitieux pour garantir (…) une approche harmonisée, intégrée et optimisée afin de maximiser la vitesse et l’échelle nécessaires pour le déploiement universel d’un tel vaccin d’ici la fin de 2020 », a-t-il insisté.

Antonio Guterres a précisé que son appel le 25 mars à deux milliards de dollars de dons pour un vaste plan humanitaire de l’ONU en réponse à la pandémie avait permis de récolter jusqu’à présent « environ 20% » de cette somme.

Grâce à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’ONU a été en mesure d’équiper 47 pays africains de tests pour le Covid-19, s’est-il aussi félicité.

Le chef de l’ONU a par ailleurs salué les efforts de plusieurs gouvernements africains pour atténuer les conséquences de la pandémie, citant l’Ouganda qui a décalé un impôt pour soutenir les commerces, la Namibie qui offre un revenu d’urgence aux travailleurs ayant perdu leur emploi, le Cap-Vert qui remet une aide alimentaire ou l’Egypte qui a réduit la taxation des industries.

L’OMS « regrette » la décision de Trump de suspendre le financement de l’organisation

L’OMS a « regretté » mercredi la décision du président américain Donald Trump de suspendre le financement de l’organisation, qu’il accuse d’être trop proche de la Chine et de mal gérer la pandémie.

Au cours d’une conférence de presse virtuelle à Genève, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a annoncé que l’agence spécialisée de l’ONU, engagée dans de multiples situations de crises sanitaires et de conflit dans le monde, était « en train d’examiner l’impact » de la décision américaine.

« L’OMS travaillera avec ses partenaires pour combler tout déficit financier (…) et pour garantir que notre travail se poursuive sans interruption », a-t-il dit.

Il a assuré que les Etats-Unis, premier contributeur de l’agence sanitaire mondiale, étaient « un généreux ami de longue date de l’OMS, et nous espérons qu’ils continueront de l’être ».

Donald Trump a annoncé mardi la suspension de la contribution américaine à l’OMS, coupable à ses yeux d’avoir commis de nombreuses « erreurs » sur le coronavirus.

« Aujourd’hui, j’ordonne la suspension du financement de l’Organisation mondiale de la santé pendant qu’une étude est menée pour examiner son rôle dans la mauvaise gestion et la dissimulation de la propagation du coronavirus », a lancé M. Trump depuis les jardins de la Maison Blanche, évoquant une étude « très approfondie » qui pourrait durer de 60 à 90 jours.

Donald Trump a été particulièrement agacé par les critiques de l’OMS à l’encontre de sa décision, fin janvier, d’interdire l’entrée aux Etats-Unis aux voyageurs en provenance de Chine.

A Genève, le patron de l’OMS a assuré déjà la semaine dernière que ce n’était pas le moment de lancer une enquête.

« En temps opportun, les performances de l’OMS dans la lutte contre la pandémie de Covid-19 seront examinées par les Etats membres de l’OMS et les organismes indépendants qui sont en place pour assurer transparence et responsabilité », a encore assuré Tedros Adhanom Ghebreyesus mercredi.

« Cela fait partie du processus habituel par (les) Etats membres », a-t-il dit.

Un peu plus tôt dans la journée, il avait indiqué sur son compte Twitter qu' »il n’y a pas de temps à perdre », soulignant que la « seule préoccupation » de l’OMS est d’aider les pays bataillant contre la pandémie de Covid-19 à « sauver des vies ».

Le directeur exécutif du Programme pour les urgences de l’OMS, Michael Ryan, a affirmé aussi que « toutes les actions » de l’agence seraient examinées plus tard, jugeant « étrange de devoir se défendre à ce stade ».

Il a malgré tout souligné que l’OMS avait rapidement alerté début janvier sur l’existence d’un foyer de pneumonie à Wuhan en Chine et souligné qu’il y a des « millions de cas de pneumonie atypique chaque année dans le monde » sans pour autant qu’elles se transforment en une telle crise sanitaire comme celle du Covid-19.

« Il est assez remarquable qu’un tel groupe de cas ait été détecté à Wuhan », a même souligné M. Ryan.

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