Rechercher

Shabtai: Les propos d’Odeh sur les policiers arabes vont stimuler le recrutement

Les forces de police comptent 1 232 agents musulmans ; le chef de la police a déclaré qu'il ne "laissera personne dénigrer nos agents arabes"

Le commissaire de police Kobi Shabtai lors d'un événement organisé à l'Académie nationale de police de Bnei Brak, le 12 avril 2022. (Crédit : Capture d'écran/Vidéo publiée par la police israélienne)
Le commissaire de police Kobi Shabtai lors d'un événement organisé à l'Académie nationale de police de Bnei Brak, le 12 avril 2022. (Crédit : Capture d'écran/Vidéo publiée par la police israélienne)

Le chef de la police israélienne, Kobi Shabtai, a critiqué mardi les remarques controversées du chef du parti de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, qui a appelé dimanche les Israéliens arabes servant dans les forces de sécurité israéliennes à démissionner car ils « humiliaient » leur peuple.

S’exprimant lors d’une cérémonie récompensant les unités de police jugées exemplaires à l’Académie nationale de police dans la ville de Beit Shemesh, le chef de la police a déclaré qu’il n’avait pas l’habitude de commenter les déclarations faites par des responsables mais qu’il était obligé de défendre les policiers arabes israéliens, « nos frères d’armes ». Il a suggéré que les commentaires du député arabe ne feraient que stimuler le processus de recrutement de policiers arabes et musulmans.

M. Shabtai a fait remarquer qu’il y avait actuellement 745 policiers chrétiens, 2 120 druzes et 1 232 musulmans au service de la police israélienne, « qui ont choisi de participer à la protection de la sécurité d’Israël. »

« Je ne laisserai personne dénigrer nos policiers arabes », a déclaré Shabtai. « La police israélienne sous mon commandement s’opposera à quiconque souhaite lui nuire ou mettre en péril son identité israélienne. »

Dimanche, dans une vidéo filmée à la porte de Damas dans la vieille ville de Jérusalem – une zone de violence fulgurante ces dernières semaines – pendant le mois sacré du Ramadan, période de haute tension pour les musulmans, Odeh a appelé les jeunes Arabes israéliens servant dans les forces de sécurité israéliennes à « jeter » leurs armes.

« Les jeunes ne doivent pas rejoindre les forces d’occupation. J’appelle les jeunes qui se sont déjà engagés, qui ne sont pas plus d’un pour cent, un total de quelques milliers, dont l’engagement est insultant et humiliant, je les appelle à leur jeter leurs armes au visage et à leur dire que notre place n’est pas avec vous. Nous ne participerons pas à l’injustice et au crime », a-t-il déclaré.

Sa porte-parole a précisé par la suite qu’il faisait uniquement référence aux militaires arabes de Jérusalem-Est et de Cisjordanie.

Ses remarques ont suscité l’indignation de l’ensemble du spectre politique, y compris des responsables arabes et de gauche.

Ayman Odeh, chef du parti de la Liste arabe unie, dans une vidéo dans laquelle il appelle les policiers arabes israéliens à démissionner, affirmant qu’ils  » humilient  » leur peuple, le 10 avril 2022 (Crédit : Capture d’écran/Facebook)

Shabtai a déclaré que les remarques d’Odeh « n’ont pas de place dans le discours public. » Il a ajouté qu’elles pourraient en réalité avoir l’effet contraire et conduire à davantage de nouvelles recrues arabes, affirmant qu’elles « renforcent le processus que nous essayons activement de promouvoir, qui consiste à augmenter le nombre de policiers arabes, en mettant l’accent sur les officiers musulmans. »

Abordant la récente vague d’attaques terroristes qui ont jusqu’à présent coûté la vie à 14 personnes, le chef de la police a déclaré que de telles attaques « mettent au défi l’ensemble des institutions de sécurité, y compris la police israélienne ».

Il a ajouté que « les terroristes qui cherchent à répandre la peur, la terreur et l’horreur, tout en blessant autant d’Israéliens que possible, sont confrontés à des policiers courageux et motivés. »

Il a rappelé l’attentat meurtrier de Bnei Brak qui a coûté la vie à quatre civils et à un policier, Amir Khoury, un arabe chrétien, qui a été salué comme un héros pour avoir réussi à arrêter l’assaillant palestinien et à éviter d’autres victimes.

Amir Khoury, 32 ans, de Nof Hagalil, un policier tué lors d’un échange de tirs avec un terroriste à Bnei Brak le 29 mars 2022 (Crédit : Autorisation de la famille)

Au sujet de la fusillade meurtrière de jeudi à Tel Aviv, qui a entraîné une chasse à l’homme massive à travers la ville côtière pour tenter d’appréhender le terroriste, Shabtai a déclaré : « Les images de policiers courant dans les rues de Tel Aviv avec leurs armes dégainées ne sont pas courantes, mais reflètent la nécessité de la situation. »

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...