Sharon Alroy-Preis : Israël est au début d’une troisième vague
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Sharon Alroy-Preis : Israël est au début d’une troisième vague

Le nombre d'infections au virus devrait encore grimper avec l'allègement des restrictions, selon cette responsable ; la situation n'est pas urgente, selon le ministère de la Santé

Les employés de la caisse médicale Clalit recueillent des échantillons pour le dépistage des membres des personnels des garderies et des jardins d'enfants dans un centre de type drive-in de Lod, dans le centre du pays, le 16 octobre 2020. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)
Les employés de la caisse médicale Clalit recueillent des échantillons pour le dépistage des membres des personnels des garderies et des jardins d'enfants dans un centre de type drive-in de Lod, dans le centre du pays, le 16 octobre 2020. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Une éminente responsable de la Santé a déclaré, mardi, que l’Etat juif entrait dans une troisième vague d’infections à la COVID-19, avertissant que le taux de morbidité croissant allait encore augmenter.

La docteure Sharon Alroy-Preis, à la tête de la Division des services de santé publique au sein du ministère, a noté que plus de 1 200 nouveaux cas avaient été enregistrés pour la première fois depuis la mi-octobre dans la journée de lundi, et que la moyenne du nombre d’infections quotidiennes avait été de 982 la semaine dernière. Des chiffres qui sont « très inquiétants », a-t-elle estimé.

« Cette hausse n’inclut pas l’ouverture des centres commerciaux ou le retour dans les classes des élèves de CM2 et de 6e – ce qui signifie qu’il va y avoir encore des hausses. C’est bien le début de la troisième vague, », a-t-elle ajouté.

« Il y a urgence », a-t-elle dit. « Nous identifions de plus en plus de villes ‘oranges’ [présentant des taux d’infection modérés] ».

Le directeur de la Santé Chezy Levy, à gauche, et Sharon Elroy-Preis, directrice de la Division des services de santé publique, lors d’une conférence de presse sur le coronavirus, le 8 octobre 2020. (Crédit :Eyal Basson/Ministère de la Santé)

« C’est exactement comme ça que la deuxième vague a commencé. Un grand nombre de personnes contaminées reviennent également de pays ‘rouges’ – c’est un facteur grave à prendre en compte », a-t-elle dit, se référant aux pays présentant un fort taux d’infection.

Elle a ajouté que les responsables se penchaient sur la possibilité de rouvrir les hôtels de quarantaine pour les personnes revenant de l’étranger.

L’avertissement d’Alroy-Preis rejoint celui qui a été lancé par le responsable de la lutte contre le coronavirus dans le pays, Nachman Ash, qui a averti mardi qu’Israël était en « état d’urgence » en raison du nombre croissant de contaminations.

Une mise en garde qui a été toutefois repoussée par le directeur-général du ministère de la Santé, Chezy Levy.

« Nous ne sommes pas dans une situation d’urgence pour le moment », a asséné Levy devant les caméras de la Douzième chaîne. « La hausse du taux de morbidité nous y mènera probablement – et peut-être même à grandes enjambées – mais nous n’y sommes certainement pas encore ».

Levy a aussi déclaré à la chaîne publique Kan qu’il ne pensait pas que le gouvernement interdirait – ou qu’il pourrait interdire – les voyages en Turquie. Des informations avaient laissé entendre que le Conseil national de sécurité songeait à une telle initiative.

Des Israéliens portant le masque attendent au Mamilla Mall de Jérusalem, le 1er décembre 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Au cours de son point-presse, Alroy-Preis a aussi déclaré que les responsables de la santé ne prévoyaient pas d’imposer un confinement pendant les vacances d’hiver. Quelques heures avant, le vice-ministre de la Santé, Yoav Kisch, avait fait savoir que son ministère allait recommander la mise en place d’un couvre-feu nocturne pendant Hanoukka et Noël.

« Nous sommes au bord des mesures de restriction – actuellement un malade infecte plus d’une personne. Il est possible que des mesures de limitation puissent ralentir l’avancée de la maladie et que nous n’aurons pas besoin d’entreprendre de nouvelles initiatives significatives », a-t-elle continué.

Alroy-Preis a expliqué que même si les secteurs les plus touchés par la pandémie se trouvaient dans la communauté arabe, les chiffres étaient aussi élevés dans la population générale.

Cette photo du 4 mai 2020, fournie par l’Université du Maryland, montre le premier patient inscrit à l’essai clinique du vaccin contre le coronavirus COVID-19 de Pfizer à l’École de médecine de l’Université du Maryland à Baltimore. (Autorisation : l’École de médecine de l’Université du Maryland de Médecine via AP, file)

Elle a également affirmé qu’il ne fallait pas compter sur un vaccin en Israël dans l’immédiat.

« Nous allons probablement devoir traverser l’hiver avec une majorité d’Israéliens qui ne seront pas vaccinés », a-t-elle dit.

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