Sharon Alroy-Preis: Israël ne transmettra à Pfizer que des données publiques
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Sharon Alroy-Preis: Israël ne transmettra à Pfizer que des données publiques

Selon la responsable, aucune information privée ne sera transmise dans le cadre de l'accord passé avec la firme ; les données aideront à étudier le passage à l'immunité de groupe

Une femme israélienne se fait vacciner contre la COVID-19 dans un centre de vaccination de type drive-in dans la ville de Haïfa, au nord du pays, le 7 janvier 2021.   (Crédit : AP Photo/Sebastian Scheiner)
Une femme israélienne se fait vacciner contre la COVID-19 dans un centre de vaccination de type drive-in dans la ville de Haïfa, au nord du pays, le 7 janvier 2021. (Crédit : AP Photo/Sebastian Scheiner)

Une responsable de la Santé a répondu, vendredi, à un accord conclu entre Israël et Pfizer – qui permettrait à tous les citoyens âgés de plus de 16 ans, dans le pays, de se faire vacciner avant la fin du mois de mars en échange de données statistiques – en déclarant que le géant pharmaceutique ne recevrait que les informations qui sont fournies au public.

« Toutes les informations que nous donnerons à Pfizer seront celles que nous mettons à disposition du public », a déclaré Sharon Alroy-Preis, cheffe de la Santé publique au sein du ministère de la Santé, devant les caméras de la Douzième chaîne. « Combien de cas, combien de décès, combien de personnes vaccinées ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé, jeudi, que Pfizer avait accepté d’envoyer des millions de doses supplémentaires du vaccin en Israël. Le pays servirait ainsi de « pays modèle » pour le géant pharmaceutique – en échange de données statistiques concernant l’efficacité de son produit. Netanyahu a ajouté que cette quantité énorme de vaccins permettrait à l’Etat juif de devenir le tout premier pays dans le monde à sortir de la crise sanitaire.

Ce partage de données avec Pfizer aurait été un échange consenti par le pays contre la vente prioritaire d’un grand nombre de vaccins à Israël. Le pays dispose d’un système de santé hautement numérisé qui fonctionne par le biais de quatre réseaux de caisses médicales.

Sharon Alroy-Preis. (Autorisation)

Selon le journal financier Globes, l’Organisation mondiale de la Santé a été impliquée dans le choix d’Israël pour ce programme-pilote.

La Treizième chaîne a expliqué que l’ambassadeur israélien aux Etats-Unis, Ron Dermer, avait été également impliqué dans l’accord.

Le directeur-général de Pfizer, Albert Bourla, a su convaincre le conseil d’administration du géant pharmaceutique qu’Israël saurait être un terrain d’étude approprié pour un important programme d’immunisation contre la COVID-19.

Alroy-Preis a expliqué que Pfizer ne recevrait pas d’informations concernant l’état de santé antérieur des personnes vaccinées, mais que les données portant sur des effets secondaires ressentis suite à la vaccination seraient rendues publiques et fournies à Pfizer.

« Il n’y a aucun risque sur une violation de la confidentialité ; aucune donnée privée ne sera transmise », a-t-elle affirmé.

Alors qu’il lui était demandé ce qu’elle pensait de la transmission de données précieuses sur la santé des citoyens, Alroy-Preis a affirmé, une fois encore, que « nous avons insisté sur le fait que nous ne donnerions que des informations que nous rendons publiques par ailleurs ».

La responsable a déclaré que le programme de vaccination israélien offrirait des données utiles et intéressantes pour la communauté internationale sur le délai à attendre avant d’atteindre l’immunité de groupe.

« Nous voulons voir si nous pouvons vacciner tous ceux qui désirent l’être, atteindre l’immunité de groupe et déterminer à quelle phase nous pourrons faire baisser la courbe des infections », a précisé Alroy-Preis.

« Il y a le secret des affaires, mais a priori, Israël a payé le double du prix normal », explique le professeur Nadav David Witches, membre du Conseil national israélien sur le Covid-19, cité par Europe 1. « Nous avons une longue tradition de vaccination et nous avons une très bonne infrastructure de centres de santé communaux », a-t-il ajouté.

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