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Sheikh Jarrah : Les Palestiniens expulsés vont faire appel à la CPI

Selon un groupe londonien, la famille Salihiya va finaliser le dossier avec un avocat ; la mairie de Jérusalem dit avoir acheté les terrains à ses anciens propriétaires arabes

La maison détruite par les autorités israéliennes dans le quartier de Sheikh Jarrah de Jérusalem, le 19 janvier 2022. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)
La maison détruite par les autorités israéliennes dans le quartier de Sheikh Jarrah de Jérusalem, le 19 janvier 2022. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)

Une famille palestinienne qui a été expulsée de son habitation dans un quartier sensible de Jérusalem-Est va faire appel devant la Cour pénale internationale (CPI) après la démolition de sa maison, a fait savoir un groupe dont le siège se trouve à Londres, vendredi.

Mercredi, la police israélienne avait expulsé la famille Salihiya et rasé la maison, arrêtant par ailleurs 18 activistes israéliens et palestiniens qui se trouvaient sur les lieux. Plusieurs membres de la famille expulsée, qui avaient été appréhendés par les forces de l’ordre, ont depuis été remis en liberté.

La mairie de Jérusalem prévoit de construire une école qui accueillera des enfants en situation de handicap ainsi que six crèches et d’autres structures au service de la population.

La municipalité affirme avoir acheté ces terrains à ses anciens propriétaires arabes et que cela fait des années que la famille Salihiya vit illégalement dans son habitation. Elle dit qu’il n’a pas été possible de trouver un compromis sur un avis d’expulsion qui avait été émis pour la première fois en 2017.

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L’an dernier, un tribunal de Jérusalem avait émis un jugement favorable à la mairie, mais la famille avait continué à contester l’expulsion.

Selon l’organisation ICJP (International Centre of Justice for Palestinian Rights), c’est le cabinet d’avocats britannique Bindman qui est en train de préparer le dossier qui va être soumis à la CPI. Le groupe a indiqué que l’un des avocats du cabinet s’entretiendrait, cette semaine, avec la famille Salihiya pour finaliser l’appel.

« Le dossier de Sheikh Jarrah est d’ores et déjà célèbre. L’IJCP est fier d’avoir le privilège de défendre cette famille qui ne représente pas ici seulement ses intérêts propres, mais un siècle d’injustices historiques à l’encontre du peuple palestinien aux niveaux individuel et collectif », a commenté Crispin Blunt, à la tête de l’organisation.

« Dans l’intérêt d’Israël, dans l’intérêt des Palestiniens et dans l’intérêt de toute l’humanité, le dossier de Sheikh Jarrah doit pouvoir être un tournant où la justice et notre humanité commune commenceront à prendre l’ascendant sur les insécurités individuelles, ces insécurités entraînées par la peur », a continué Blunt, qui est un ancien député conservateur britannique.

La maison détruite par les autorités israéliennes dans le quartier de Sheikh Jarrah de Jérusalem, le 19 janvier 2022. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)

L’organisation a noté dans un communiqué l’enquête en cours menée par le tribunal de la Haye sur des crimes de guerre présumés qui auraient été commis en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et à Jérusalem-Est par Israël et les Palestiniens.

L’expulsion qui a eu lieu mercredi a été la première à Sheikh Jarrah depuis 2017. Des affrontements contre les expulsions dans le quartier, au mois de mai dernier, avaient été un facteur majeur dans les tensions qui avaient entraîné un conflit de courte durée entre Israël et les terroristes de la bande de Gaza, qui avaient menacé de violences si des Palestiniens devaient être mis dans l’obligation de quitter leurs habitations.

Dans ces cas précis, les Palestiniens risquaient de devoir renoncer à leurs terrains en faveur de Juifs qui en avaient revendiqué la propriété devant la justice.

Toutefois, les autorités de Jérusalem ont souligné que l’expulsion de la famille Salihiya était un cas différent et que la ville avait l’intention de construire une école pour les enfants en situation de handicap, ce qui bénéficierait aussi aux résidents arabes de Jérusalem-Est.

Sheikh Jarrah – une partie du quartier était connue historiquement sous le nom en hébreu de Shimon Hatzadik ou de Nahalat Shimon – est devenu l’un des quartiers de Jérusalem où les tensions sont les plus fortes. Les Palestiniens vivent aux côtés d’un petit groupe de nationalistes juifs de droite qui se sont installés après des cas d’expulsion complexes.

Selon l’organisation à but non-lucratif de gauche Ir Amim, environ 300 Palestiniens sont actuellement menacés d’expulsion à Sheikh Jarrah, la majorité d’entre eux dans le cadre d’affaires judiciaires privées intentées par les groupes de droite.

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