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Shoah: Les Juifs texans en colère après une nouvelle loi sur l’enseignement

La loi exige l'enseignement de "points de vue opposés" concernant la Shoah; "il n'y a pas deux côtés à la Shoah", souligne Jake Berman, un ancien élève du district concerné

Jake Berman, un ancien élève juif, prend la parole lors d'une réunion du conseil scolaire à Southlake, au Texas, le 18 octobre 2021. (Capture d'écran)
Jake Berman, un ancien élève juif, prend la parole lors d'une réunion du conseil scolaire à Southlake, au Texas, le 18 octobre 2021. (Capture d'écran)

JTA – Les Juifs d’un district scolaire du Texas sont outrés suite à la declaration d’une administratrice qui a demandé aux enseignants d’inclure des points de vue « opposés » dans l’enseignement de la Shoah, en vertu d’une nouvelle loi de l’État.

« Les faits sont qu’il n’y a pas deux côtés en ce qui concerne la Shoah », a déclaré Jake Berman, un ancien élève du district qui a raconté lundi, lors d’une réunion du conseil scolaire, comment sa scolarité avait été marquée par l’antisémitisme, dans un témoignage rapporté par NBC News et depuis largement partagé sur les réseaux sociaux. « Les nazis ont tué des millions de personnes de manière systématique ».

Il a ajouté : « Il n’y a pas deux côtés à l’esclavage. Les Européens blancs ont asservi les Africains noirs dans ce pays jusqu’au 19 juin 1865, il y a de cela à peine à 150 ans. Il n’y a pas deux côtés à Jim Crow. Il n’y a pas deux faces au racisme et cette même oppression continue aujourd’hui. »

La semaine dernière, l’administratrice a été enregistrée en train de dire aux enseignants du Carroll Independent School District que, pour se conformer à une loi exigeant l’enseignement de « perspectives diverses et contradictoires » sur des questions controversées, ils devraient offrir des « perspectives opposées » et « autres » sur la Shoah.

L’administratrice a fait savoir qu’elle était mal à l’aise lorsqu’elle a donné ces conseils, et les enseignants présents sur l’enregistrement ont protesté. M. Berman a déclaré que ses remarques étaient « assurément un faux pas ».

La loi en question a été motivée par l’opposition croissante des républicains à la théorie de la race critique, un concept d’études juridiques selon lequel le racisme est intégré dans les lois et les institutions du pays. Les opposants à cette théorie – y compris certains militants juifs – affirment qu’elle est enseignée de manière généralisée dans les écoles, sans laisser de place aux perspectives opposées.

La semaine dernière, le directeur du district scolaire a présenté ses excuses pour les remarques de l’administratrice, déclarant que « les commentaires faits ne visaient en aucun cas à faire croire que la Shoah n’était pas un terrible événement de l’Histoire. De plus, nous reconnaissons qu’il n’y a pas deux côtés concernant la Shoah ». Il a ajouté que la loi de l’État « n’exige pas un point de vue opposé sur les faits historiques ».

Le sénateur d’État Bryan Hughes, le républicain qui a rédigé un projet de loi complémentaire à la loi en question, a nié que sa législation exige l’enseignement de points de vue opposés sur les questions de « bien et de mal ». Le projet de loi de M. Hughes élargit les restrictions de la loi et suit actuellement le processus législatif.

Rob Forst, un parent du district qui s’est présenté à la réunion du conseil scolaire comme un descendant de survivants de la Shoah, a qualifié les commentaires de l’administratrice de « complètement inacceptables », selon NBC News.

M. Berman a déclaré qu’il a fréquenté les écoles du district jusqu’en classe de quatrième, lorsqu’un directeur lui a conseillé de changer d’école pour échapper aux persécutions antisémites qu’il subissait. Il a déclaré que les insultes qui lui étaient adressées l’ont poussé à envisager le suicide et l’ont conduit à la dépression dans sa vie adulte.

« J’ai été victime de nombreuses intimidations, presque toutes de nature antisémite », a-t-il déclaré. « J’ai tout subi, des blagues sur mon nez aux chambres à gaz, tout en étudiant pour ma bar-mitsva avec un survivant de la Shoah comme principal tuteur. »

« Le message que l’État et vous-même envoyez à vos enseignants ouvre la porte à davantage de ce type de comportement chez vos élèves », a-t-il ajouté. « Si vous ne pensez pas que ces mêmes attaques se produisent aujourd’hui dans vos écoles en ce qui concerne la couleur de peau, le sexe ou la religion, vous vous trompez lourdement. »

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