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Shoah : Polémique autour de propos tenus par l’ex-PDG juif de Starbucks

Les employés qui assistaient à une rencontre avec le milliardaire ont trouvé inapproprié son récit sur le partage des couvertures entre les déportés des camps de concentration

Le directeur-général de Starbucks Howard Schultz lors d'une rencontre des actionnaires de la firme à Seattle, le 22 mars 2017. (Crédit : AP Photo/Elaine Thompson, File)
Le directeur-général de Starbucks Howard Schultz lors d'une rencontre des actionnaires de la firme à Seattle, le 22 mars 2017. (Crédit : AP Photo/Elaine Thompson, File)

JTA — Howard Schultz, ancien directeur-général et président de Starbucks, a invoqué la Shoah alors qu’il débattait d’un vote syndical qui est sur le point de se tenir au cours d’une réunion avec les employés d’une boutique de ce géant du café située aux environs de Buffalo, le week-end dernier, a fait savoir le New York Times.

Selon des témoins et une retranscription de cette rencontre, Schultz « a noté que seulement une petite partie des prisonniers des camps de concentration allemands recevaient des couvertures mais qu’ils partageaient souvent avec les autres détenus », avant de remarquer que « ce que nous tentons de faire à Starbucks, c’est partager notre couverture ».

Cette analogie – qui a été qualifiée d’inappropriée par une personne présente qui s’est confiée au Times – pouvait signifier que Starbucks ne pouvait mettre à disposition de ses personnels que des ressources rares.

Il est difficile de dire pour le moment pourquoi Schultz a pu penser que cette comparaison aurait un écho auprès de son public, qui était constitué des employés de trois magasins de la franchise des environs de Buffalo qui devraient commencer à voter mercredi sur l’établissement du tout premier syndicat au sein des boutiques appartenant à Starbucks.

La chaîne avait fait fermer les magasins pour toute la journée de façon à ce que les employés puissent assister à l’intervention de Schultz, dans le cadre d’efforts livrés par l’entreprise visant à dissuader les personnels de former un syndicat. La présence des salariés à l’intervention de Schultz en elle-même s’est décidée sur la base du volontariat.

Ce sont environ cent employés qui voteront dans ce scrutin. Les organisateurs de ce dernier citent des pressions induites par la pandémie ainsi qu’un durcissement du marché du travail.

Selon les employés à l’origine de l’idée d’un syndicat qui ont porté plainte auprès du National Labor Relations Board, Starbucks a eu recours « à des menaces, à des pratiques d’intimidation et de surveillance » et « à du racolage des griefs et à la fermeture de certaines structures » en amont de ce vote étroitement suivi au sein d’une corporation qui revendique un état d’esprit progressiste.

Schultz, qui s’était retiré des opérations de Starbucks après 37 années passées à la barre de la firme mais qui reste son actionnaire majoritaire, a occasionnellement fait référence à son judaïsme devant ses employés. Il avait établi une commission pour se présenter à la présidence en tant que candidat tiers au scrutin de 2020 avant de finalement renoncer à cette initiative. Sa fortune est estimée à cinq milliards de dollars.

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