Shtayyeh promet d’empêcher le chaos en Cisjordanie
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Shtayyeh promet d’empêcher le chaos en Cisjordanie

LAP continuera à agir de façon souveraine sur son territoire après la fin de la coopération sécuritaire avec Israël en raison de son projet d'annexion, a dit le Premier ministre

Les membres des forces de sécurité de l'Autorité palestinienne patrouillent dans le village de Beitunia, dans le centre de la Cisjordanie, le 6 avril 2020 (Crédit :  Wafa)
Les membres des forces de sécurité de l'Autorité palestinienne patrouillent dans le village de Beitunia, dans le centre de la Cisjordanie, le 6 avril 2020 (Crédit : Wafa)

Le Premier ministre de l’Autorité palestinienne (AP) Mohammad Shtayyeh a assuré lundi que l’AP empêcherait le chaos et les troubles à l’ordre public en Cisjordanie malgré la décision prise par Ramallah de mettre un terme à la coordination sécuritaire avec Israël, la semaine dernière, en raison du projet d’annexion du nouveau gouvernement israélien de certains secteurs de la Cisjordanie.

« Nous sommes dans une bataille importante, une bataille qui porte sur la présence nationale palestinienne sur le territoire et qui vise à empêcher l’annexion d’un territoire palestinien au profit des activités d’implantation », a déclaré Shtayyeh lors d’une conférence de presse organisée à Ramallah.

Il a ajouté que l’AP continuerait à agir en tant qu’État souverain en Cisjordanie et qu’elle se sentait libérée de ses arrangements passés avec Israël.

Les responsables de la Défense israélienne ont mis en garde contre des éclats potentiels de violence en réponse aux projets d’annexion, des éclats qui pourraient être attisés par la situation économique critique de l’Autorité palestinienne causée par la pandémie de coronavirus.

Shtayyeh a ajouté que l’AP ne permettrait pas d’éventuelles violations aux libertés civiles publiques, et qu’elle demanderait des actions judiciaires internationales contre Israël avec l’aide de parties-tierces, notamment d’organisations internationales.

Lors de cette conférence de presse, il a aussi expliqué que les restrictions liées au coronavirus seront allégées dans toute la Cisjordanie, avec la reprise du travail dans les tribunaux, les ministères, les magasins, les écoles, les crèches et les transports publics, dont les activités devraient revenir à la normale d’ici plusieurs jours.

Le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, Mohammad Shtayyeh, s’adresse aux journalistes lors d’une conférence de presse, le 13 avril 2020. (Wafa)

Le président de l’AP, Mahmound Abbas, a annoncé la semaine dernière que les Palestiniens se retiraient des accords conclus avec Israël et les États-Unis, citant l’expansion de la souveraineté israélienne dans des territoires palestiniens.

En plus de la coopération sécuritaire entre les militaires israéliens et les forces de sécurité palestinienne, les liens civils entre Israël et l’AP devraient également cesser.

Abbas menace depuis des années de mettre un terme au partenariat sécuritaire avec Israël et de dissoudre l’AP – une menace qu’il n’a toutefois jamais concrétisée.

De hauts responsables israéliens ont fait savoir, vendredi, que la coordination sécuritaire entre l’État juif et l’AP devrait se maintenir clandestinement. Ils ont affirmé que les Palestiniens avaient annoncé à Israël qu’ils n’étaient pas prêts à « jeter complètement à la poubelle » la coordination sécuritaire et qu’ils ne permettraient pas le déclenchement d’incidents violents, d’après le site d’information Ynet.

La Treizième chaîne, pour sa part, a rapporté que l’AP avait envoyé des messages à Israël disant que malgré la fin de la coopération, elle ne permettrait pas d’attentats terroristes contre les Israéliens ou un soulèvement populaire de masse.

L’establishment sécuritaire israélien redoute néanmoins l’exploitation par le Hamas de l’escalade des tensions, craignant que le groupe terroriste à la tête de la bande de Gaza n’en profite pour renforcer ses activités en Cisjordanie, selon Ynet.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Ramallah en Cisjordanie le 7 mai 2020. (Crédit : Nasser Nasser/Pool/AFP)

Netanyahu a répété, lundi, l’échéance établie dans l’accord de coalition – le mois de juillet – comme date définie pour le lancement du processus d’élargissement de la souveraineté israélienne. Il a indiqué aux députés du Likud n’avoir aucunement l’intention de la changer.

L’initiative sera coordonnée avec Washington et conformément au plan sur le Moyen-Orient qui a été rendu public par le président américain Donald Trump au mois de janvier et qui approuvait l’application de la souveraineté de l’État juif sur environ 30 % de la Cisjordanie.

La promesse faite par le Premier ministre Benjamin Netanyahu d’annexer la vallée du Jourdain et toutes les implantations dès le mois de juillet a été condamnée par un nombre croissant de pays et notamment par des États arabes, comme la Jordanie, et par des nations européennes comme la France et l’Allemagne.

Ces derniers jours, même des responsables de l’administration Trump ont semblé chercher à freiner les attentes, à savoir que Washington puisse donner rapidement le feu vert à cette initiative, sans progrès préalable réalisé dans les négociations entre Israël et les Palestiniens.

Le porte-parole du département d’État a expliqué, au début du mois, que toute action devait entrer dans le cadre de discussions entre les deux parties sur le plan de paix de l’administration.

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