Sigal Sadetzsky : la deuxième vague de coronavirus est déjà ici
Rechercher

Sigal Sadetzsky : la deuxième vague de coronavirus est déjà ici

"La vague que nous observons actuellement traverse tout le pays, nous ne savons pas vraiment comment identifier les groupes à risque", a indiqué la chef de la santé publique

Des habitants de Jérusalem portant des masques par crainte du coronavirus marchent dans la ville, le 11 juin 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)
Des habitants de Jérusalem portant des masques par crainte du coronavirus marchent dans la ville, le 11 juin 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Dimanche, la chef des services de santé publique au ministère de la Santé a déclaré aux élus de la Knesset qu’Israël assistait au début d’une deuxième vague.

Les remarques de la professeure Sigal Sadetzsky sont intervenues alors que l’on observe une nouvelle recrudescence des cas de COVID-19. De fait, des dizaines de nouveaux patients ont été testés positifs au virus dans la nuit de dimanche à lundi. La veille, près de 200 personnes avaient été testées positives au COVID-19. Le gouvernement a prévenu que si le public ne respectait pas les règles de distanciation sociale et d’hygiène, il pourrait de nouveau imposer des mesures de confinement.

« Nous assistons au début d’une deuxième vague, a déclaré Sadetzky à la commission des Lois. La commission s’est rassemblée pour discuter d’un élargissement des mesures d’urgence. Ces mesures pourraient concerner les audiences de tribunal pour les prisonniers et les individus en état d’arrestation, selon des médias israéliens.

« Nous avons eu une longue période de plus de deux semaines d’accalmie avec moins de 20 infections par jour, et puis c’est reparti. A grimper et grimper. Maintenant, nous voyons près de 200 nouveaux malades par jour », a déclaré Sadetzsky.

« La vague que nous observons actuellement traverse tout le pays, nous ne savons pas vraiment comment identifier les groupes à risque », a-t-elle reconnu.

Plutôt que d’être limité à des foyers précis, « nous voyons [le virus] se déplacer partout et se propager sur de très grandes zones géographiques », a-t-elle ajouté.

La prof. Sigal Sadetzky, chef des services de santé au ministère de la Santé, s’exprime lors d’une conférence de passe sur le coronavirus, au ministère de la Santé à Jérusalem, le 31 mai 2020.
(Flash90)

Sadetzky a prévenu que les espaces confinés des prisons ne permettent pas de contenir l’épidémie, dès l’apparition d’un cas. Les tribunaux ont également été placés en confinement. Dès lors, les prisonniers et les individus en état d’arrestation ont été contraints de participer aux audiences sur les affaires par visio-conférence.

« Tout comme nous protégeons les maisons de retraite et les personnes hospitalisées, nous voulons aussi protéger les prisonniers », a-t-elle souligné.

Une part importante de cette nouvelle poussée de COVID-19 a été imputée au système éducatif, avec des centaines de cas recensés dans les écoles et crèches. L’ensemble du système d’éducatif a été fermé pendant deux mois lors du confinement, qui a commencé à la mi-mars.

Alors que le ministère de la Santé voulait seulement autoriser un retour partiel aux écoles le mois dernier, le ministère de l’Education a lui demandé une réouverture complète. L’objectif était de libérer les parents qui peuvent maintenant retourner au travail, au lieu de rester à la maison pour s’occuper des enfants.

Sadetzky a reconnu que le ministère de la Santé avait été optimiste en permettant aux écoles de rouvrir, et cela malgré les risques.

« Nous avons fait un petit compromis pour le système éducatif parce que nous voulions vraiment croire que cela se passerait [bien], mais, même en cherchant à arrondir les angles, on ne peut pas négocier avec ce virus », a-t-elle reconnu.

Depuis que le système éducatif a totalement rouvert ses portes, 200 écoles ont eu des cas du virus, contraignant des dizaines de milliers d’élèves et de personnel à l’auto-isolement, a-t-elle expliqué.

« Nous sommes à un moment où il est très difficile de faire machine arrière et il faut trouver un équilibre [entre différents] intérêts, ce que je respecte », a noté Sadetzsky.

Pourtant, le directeur-général sortant du ministère de la Santé Moshe Bar Siman-Tov a indiqué à Kan qu’il pense qu’Israël pourrait surmonter la vague actuelle de COVID-19 sans réimposer un confinement national.

« Nous pouvons toujours être relativement optimiste et aplanir la courbe sans confinement, a-t-il expliqué plus tôt dimanche. Nous avons besoin de respecter les directives, particulièrement concernant les masques. C’est difficile de faire comprendre aux gens que le coronavirus n’était pas seulement là pour un petit moment, qu’il est venu puis reparti. Nous devons expliquer au public à quel point c’est important. Je pense que le public, et tout le monde, est vraiment fatigué ».

Moshe Bar Siman-Tov, directeur-général du ministère de la Santé, lors d’une conférence de presse au sujet du coronavirus au ministère de la Santé de Jérusalem, le 31 mai 2020 (Crédit : Flash90)

Dimanche, il s’agissait du dernier jour en fonction de Bar Siman-Tov. La nomination du professeur Chezy Levy a été confirmée.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...