S’il est élu, Lapid exigera qu’Orban s’excuse pour sa « campagne antisémite »
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S’il est élu, Lapid exigera qu’Orban s’excuse pour sa « campagne antisémite »

Le chef du parti Yesh Atid demandera également que son homologue polonais abroge la loi "honteuse" qui absout la Pologne de toute responsabilité dans la Shoah

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le député Yair Lapid dirige une réunion de la faction Yesh Atid à la Knesset, le 8 janvier 2018. (Miriam Alster / Flash90)
Le député Yair Lapid dirige une réunion de la faction Yesh Atid à la Knesset, le 8 janvier 2018. (Miriam Alster / Flash90)

S’il est élu Premier ministre lors des élections nationales d’avril, le chef du parti Yesh Atid Yair Lapid exigera que le Premier ministre hongrois formule des excuses pour la « campagne antisémite » déployée par son gouvernement, et que son homologue polonais abroge la loi qui absout la Pologne de toute responsabilité dans la Shoah, a déclaré un porte-parole du parti au Times of Israël lundi.

Réagissant à l’annonce d’un sommet réunissant le Polonais Mateusz Morawiecki, le Tchèque Andej Babis, le Slovaque Peter Pellegrini et Orban – se réuniront à Jérusalem les 18 et 19 février pour un rassemblement du groupe de Visegrad, Lapid a appelé le Premier ministre Benjamin Netanyahu à annuler ce sommet pour sanctionner deux démarches controversées mises en oeuvre par ces deux chefs de gouvernement.

Lapid a déclaré qu’Orban avait « mené une campagne antisémite » ciblant le milliardaire juif hongrois George Soros. Il a également fait référence à la loi polonaise très controversée interdisant d’attribuer les crimes nazis à la Pologne, affirmant que Morawiecki avait « adopté une loi qui profanait la mémoire des victimes de la Shoah ».

Interrogé pour savoir si, dans l’éventualité d’une élection au poste de Premier ministre aux élections d’avril, il refuserait de rencontrer ces deux Premiers ministres, un porte-parole du parti a déclaré qu’il « exigerait une excuse de la part du Premier ministre Orban et que la Pologne abroge cette loi honteuse. C’est ce que ferait tout Premier ministre qui se préoccupe de l’histoire juive et qui a un sens de fierté nationale. »

Netanyahu, qui est également ministre des Affaires étrangères, a fait l’objet de vives critiques après qu’il a tissé des liens avec la Hongrie et la Pologne, deux pays dont les politiques nationalistes et leurs attitudes à l’égard de la Shoah ont suscité la colère en Israël.

Panneau publicitaire représentant le milliardaire juif George Soros, à Szekesfehervar, en Hongrie, dans le cadre d’une campagne gouernementale, le 6 juillet 2017. (Crédit : Attila Kisbenedek/ AFP/Getty Images)

Orban a été accusé d’avoir eu recours à des clichés antisémites dans les campagnes de son gouvernement contre Soro, notamment avec des affiches représentant une grande photo du juif hongrois qui rit, et la légende : « Ne laissons pas Soros rire en dernier », en référence à des allégations portées contre Soros, qui forcerait le gouvernement à accepter des migrants.

Orban a également été fustigé pour ses efforts de réhabilitation du chef militaire Miklos Horty, qui a déporté des centaines de milliers de juifs à la mort pendant la Shoah.

Netanyahu a défendu Orban et l’a décrit comme un « véritable ami d’Israël » qui en a fait beaucoup pour lutter contre l’antisémitisme et soutenir la vie juive. Le sommet de février sera la seconde visite du Premier ministre en Israël.

Orban avait également rencontré Netanyahu en 2017 à Budapest et déclaré à l’époque que « le gouvernement hongrois, à une époque antérieure, a commis une erreur, une faute même, en ne protégeant pas les citoyens juifs de Hongrie ».

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban visite le mur Occidental dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 20 juillet 2018. (AFP PHOTO / MENAHEM KAHANA)

L’an dernier, la Pologne a suscité la colère d’Israël et du monde juif en tentant, au moyen d’un texte de loi, de se dédouaner de toute responsabilité dans la Shoah.

En juin, Netanyahu et Morawiecki avait mis un terme à une crise diplomatique sur le projet de loi qui pénalisait toute accusation de complicité polonaise dans la Shoah. Les deux chefs d’Etat ont publié une déclaration commune qui a été critiquée en Israël car elle semblait accepter la position officielle de la Pologne, qui se déresponsabilisait des crimes de la Shoah.

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki met une bougie sur un site commémorant des Polonais qui avaient sauvé des Juifs pendant la Shoah, au musée de la famille Ulma des Polonais qui ont secouru des Juifs à Markowa, en Pologne, le 2 février 2018 (Crédit : AP/Alik Keplicz)

Le première fois que Netanyahu avait accepté d’organiser une réunion de groupe de Visegdrad, aussi appelé le V4, remonte au mois de juillet 2017 alors qu’il était à Budapest. A cette époque, se croyant à huis-clos, Netanyahu avait fustigé la « folle » politique européenne sur le conflit israélo-palestinien.

Le Premier ministre avait critiqué la façon dont Bruxelles traitait Israël, et avait appelé le V4 à faire usage de son inlfuence dans l’organisation pour faciliter l’amélioration des liens entre Israël et l’UE.

Le sommet du mois prochain à Jérusalem portera probablement sur la façon dont les quatre pays peuvent aider à lutter contre ce que Netanyahu considère comme une politique injuste envers Israël.

Raphael Ahren a contribué à cet article.

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