Silence à droite de la coalition; les pro-Netanyahu fulminent contre l’alliance
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Silence à droite de la coalition; les pro-Netanyahu fulminent contre l’alliance

Le Likud et le Parti sioniste religieux critiquent la nouvelle coalition, s'en prenant à Bennett; le centre-gauche se réjouit, mais Yamina et d'autres gardent le silence

Des manifestants israéliens de droite scandent des slogans et brandissent des drapeaux lors d'une manifestation contre la formation d'un nouveau gouvernement dans la ville centrale d'Israël de Ramat Gan, le mercredi 2 juin 2021. (Crédit: AP/Sebastian Scheiner)
Des manifestants israéliens de droite scandent des slogans et brandissent des drapeaux lors d'une manifestation contre la formation d'un nouveau gouvernement dans la ville centrale d'Israël de Ramat Gan, le mercredi 2 juin 2021. (Crédit: AP/Sebastian Scheiner)

Les supporters de droite du Premier ministre Benjamin Netanyahu ont décrié l’annonce d’un présumé nouveau gouvernement, adressant de vives critiques au dirigeant de Yamina Naftali Bennett pour s’être allié à Yair Lapid, dirigeant de Yesh Atid.

Alors que les supporters centristes et de gauche de l’improbable coalition de partis opposés sur l’échiquier politique ont fêté la nouvelle de leur apparente réussite (en effet, seuls quelques obstacles subsistent avant qu’elle ne devienne officielle), les partisans de droite semblaient plus réticents à célébrer la nouvelle alliance.

« La gauche fait la fête, mais c’est un jour triste pour Israël », a tweeté Miki Zohar, un député du Likud et allié proche du Premier ministre Benjamin Netanyahu. « Bennett, [le chef de Tikva Hadasha Gideon], Saar et [la numéro 2 de Yamina Ayelet] Shaked devraient avoir honte. »

Lapid a informé mercredi soir le président Reuven Rivlin qu’il avait rassemblé suffisamment de soutien pour former une coalition, activant un processus qui devrait conduire à l’éviction de Netanyahu après 12 ans au pouvoir. L’accord de coalition verra Bennett devenir le Premier ministre israélien sans doute le plus à droite et le plus favorable aux implantations, mais le verra également s’allier aux partis centristes et de gauche, ainsi qu’à l’islamiste Raam, s’attirant une furieuse condamnation de la droite, des alliés de Netanyahu et des membres de son propre parti.

Le chef du Parti sioniste religieux, Bezalel Smotrich, qui s’est étroitement allié à Bennett dans le passé, a accusé le dirigeant de Yamina d’avoir prévu depuis le début de rejoindre Lapid et de vouloir évincer Netanyahu à tout prix. « C’est pour ça qu’on s’est séparés. Ce sur quoi il a sciemment menti pendant toute la campagne électorale », a fulminé Smotrich sur Twitter.

Naftali Bennett (à droite) et Bezalel Smotrich, du parti de droite Yamina, tiennent une conférence de presse à Jérusalem, le 14 mai 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les derniers jours ont vu une série de rassemblements vindicatifs d’activistes opposés au gouvernement, la plupart d’entre eux tentant apparemment de creuser un fossé entre Yamina et le reste de la coalition, qui comprend également les partis de droite Yisrael Beytenu et Tikva Hadasha.

Lors d’un rassemblement devant l’hôtel de Ramat Gan où des négociations avaient lieu mercredi, des manifestants ont brandi des pancartes avec des photos de Bennett et d’autres députés de Yamina juxtaposées à des photos des politiciens arabes Mansour Abbas et Ahmed Tibi.

« Ne formez pas un gouvernement de gauche avec des partisans de la terreur », indiquent les pancartes.

Des policiers israéliens montent la garde alors que des manifestants de droite scandent des slogans et tiennent des pancartes montrant Naftali Bennett et d’autres membres du parti Yamina avec les politiciens arabes Ahmad Tibi, à droite, et Mansour Abbas, à gauche, lors d’une manifestation dans la ville israélienne centrale de Ramat Gan, Mercredi 2 juin 2021. Un panneau en hébreu indique : « Ne formez pas un gouvernement de gauche avec des partisans du terrorisme. (Crédit: AP/Sebastian Scheiner)

Selon la Douzième chaîne, les groupes WhatsApp mis en place pour rallier le soutien de la numéro 2 de Yamina Ayelet Shaked se sont vidés une fois que Lapid a annoncé qu’il avait la coalition en main.

Malgré la déclaration de Lapid, on ne sait pas encore s’il franchira la ligne d’arrivée. La coalition devrait inclure 61 des 120 députés – la majorité la plus étroite possible. Un député de Yamina, Nir Orbach, a annoncé plus tôt mercredi soir qu’il pourrait voter contre la nouvelle coalition, une décision qui pourrait potentiellement condamner le futur gouvernement à l’équilibre instable.

Ni Bennett ni Shaked n’ont publié de déclarations après l’annonce de Lapid. Yamina a publié une courte déclaration peu après 1 heure du matin, disant qu’une réunion entre Bennett et Orbach s’était bien déroulée et que les deux hommes se rencontreraient à nouveau.

Le chef du parti Yamina Naftali Bennett et la députée Yamina Ayelet Shaked dans la salle du plénum du parlement israélien lors du vote des élections présidentielles, à Jérusalem, le 2 juin 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

De même, les dirigeants des partis de droite Tikva Hadasha et Yisrael Beytenu sont restés silencieux après l’annonce, attirant l’attention sur la maladresse perçue de leur alliance avec les politiciens de gauche et arabes auxquels ils sont normalement opposés.

D’autres membres de la coalition étaient plus heureux de célébrer la victoire apparente.

Le chef de Kakhol lavan Benny Gantz, en route pour Washington en sa qualité de ministre de la Défense, a fait l’éloge du nouveau gouvernement, dans lequel il se verra à nouveau allié avec Lapid, dont il s’est séparé l’année dernière afin de créer un gouvernement d’union avec Netanyahu – une décision qu’il a par la suite regrettée.

« C’est une nuit de grand espoir. Je félicite mes partenaires du bloc du changement et souhaite beaucoup de succès à Israël », a-t-il tweeté.

« Aujourd’hui, nous avons réussi. Nous sommes entrés dans l’histoire », a déclaré aux journalistes Merav Michaeli, chef du parti travailliste.

« Félicitations à tous nos partenaires de la nouvelle coalition », a tweeté le directeur de Meretz, Nitzan Horowitz. « Vive le nouveau gouvernement. »

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