Sir Ben Helfgott, rescapé de la Shoah, reçoit le Pride of Britain
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Sir Ben Helfgott, rescapé de la Shoah, reçoit le Pride of Britain

Stephen Fry a remis à cet éducateur un prix prestigieux pour sa "détermination tranquille à faire en sorte que le mal indicible" de la Shoah ne soient pas oubliés

Le survivant de la Shoah et double participant aux JO, Sir Ben Helfgott, reçoit son prix Pride of Britain des mains de Stephen Fry près du mémorial de la Shoah de Hyde Park, à Londres, en octobre 2020. (Crédit : Philip Coburn/ via Jewish news)
Le survivant de la Shoah et double participant aux JO, Sir Ben Helfgott, reçoit son prix Pride of Britain des mains de Stephen Fry près du mémorial de la Shoah de Hyde Park, à Londres, en octobre 2020. (Crédit : Philip Coburn/ via Jewish news)

LONDRES (Jewish News) – Sir Ben Helfgott, survivant de la Shoah et grand champion britannique d’haltérophilie, a reçu le prix Pride of Britain pour cinq décennies de travail infatigable pour transmettre les enseignements tirés de l’ère nazie et se battre pour ceux qui en ont vécu les horreurs.

Né en Pologne, Sir Ben – dont les parents et la jeune sœur ont été tués dans la Shoah – a survécu à Buchenwald et a été libéré de Theresienstadt avant d’être amené au Royaume-Uni à l’âge de 15 ans seulement.

Il est remarquable que 11 ans plus tard, Sir Ben – qui aura 91 ans le mois prochain – ait été capitaine de l’équipe britannique d’haltérophilie aux Jeux Olympiques de 1956, un exploit qu’il a réitéré quatre ans plus tard.

Il est distingué aux côtés du footballeur Marcus Rashford et d’autres héros moins connus lors des Pride of Britain Awards du Daily Mirror, dont la cérémonie a été revue dans sa forme cette année en raison de la pandémie de coronavirus.

Au lieu de l’habituel dîner clinquant dans le centre de Londres, une foule de célébrités ont été les surprenants lauréats dans tout le pays ces dernières semaines.

Sir Ben – qui a occupé des postes dans presque toutes les grandes organisations de commémoration et d’éducation sur la Shoah – sera vu par des millions de téléspectateurs le 1er novembre, recevant le célèbre trophée de Stephen Fry, entouré de sa femme Arza, de ses trois fils et de cinq de ses petits-enfants.

Le survivant de la Shoah Sir Ben Helfgott reçoit son prix Pride of Britain des mains de Stephen Fry près du mémorial de la Shoah de Hyde Park, à Londres. Il est accompagné de son épouse Arza et de ses trois fils et petits-enfants, en octobre 2020. (Crédit : Philip Coburn/ via Jewish News)

« Vous ne devriez pas avoir besoin d’être juif ou d’avoir un parent qui a péri dans la Shoah pour être épaté par des personnages comme Ben Helfgott, bien que cela ajoute bien sûr un élément supplémentaire d’admiration et d’appréciation », a déclaré l’auteur et présentateur de télévision après avoir remis le prix au mémorial de la Shoah à Hyde Park au début de ce mois.

« Ses actions parlent toutefois au nom de l’humanité tout entière. Sa détermination tranquille à faire en sorte que la méchanceté et le mal indicibles de ce qui s’est passé soient une source d’inspiration. Contre l’indifférence, le déni et le doute, il a érigé un mur commémoratif, au sens propre comme au sens figuré, qui honore les victimes et contribue à repousser la possibilité que de telles horreurs puissent se reproduire », a indiqué M. Fry. « C’était tellement merveilleux de voir sa grande famille se tenir là, rayonnante de fierté, et bien sûr, je ne pouvais m’empêcher de penser que s’il n’avait pas survécu, aucun d’entre eux ne serait là ».

« Il disait qu’il avait survécu parce qu’il avait de la chance, mais aussi parce qu’il était fort », a ajouté le présentateur. « Littéralement fort – ciel, l’homme est devenu haltérophile olympique ! C’est une chose merveilleuse que Pride of Britain l’ait reconnu ».

Sir Ben Helfgott aux Jeux Olympiques de Melbourne, en 1956. (Autorisation)

Et d’ajouter : « En ces temps de peur, de détresse, de doute et d’anxiété, la force tranquille et modeste d’un homme comme Sir Ben Helfgott nous rappelle que l’esprit humain peut – comme l’herbe à travers le béton – vaincre ».

En 1963, Sir Ben Helfgott a contribué à la création de la « 45 Aid Society » pour venir en aide aux plus de 700 enfants qui sont arrivés avec lui au Royaume-Uni après la guerre, dirigeant l’organisation pendant près d’un demi-siècle jusqu’en 2016.

Il s’est également donné pour mission de faire en sorte que les jeunes générations sachent ce qui s’est passé afin que l’histoire ne se répète pas. Il a été président du Holocaust Memorial Day Trust et membre de la Commission sur la Shoah de David Cameron, qui a recommandé la création d’un centre national d’apprentissage et de commémoration du génocide à Londres.

Sir Ben s’est dit « honoré » de recevoir ce « prix tout à fait inattendu », racontant à Jewish News : « J’ai passé une grande partie de ma vie à faire en sorte que les victimes de la Shoah restent dans nos mémoires, et que les leçons de cette époque soient enseignées. J’espère que ce prix prestigieux contribuera à diffuser un peu plus ce message important ».

Décrivant Sir Ben comme « un héros », Karen Pollock, directrice générale du Holocaust Educational Trust, a souligné qu’il ne pesait que 38 kilos au moment de sa libération.

« Pourtant, il a continué non seulement à reconstruire sa vie ici en Grande-Bretagne, mais il a été capitaine de l’équipe olympique britannique d’haltérophilie. Ben a consacré sa vie à s’assurer que le passé ne soit jamais oublié, en faisant campagne pour que l’éducation et la commémoration de la Shoah soient toujours une pierre angulaire de la société britannique », a-t-elle commenté.

De gauche à droite, l’ambassadeur israélien Mark Regev, le maire de Londres Sadiq Khan, le survivant de l’Holocauste Ben Helfgott et le grand rabbin Ephraim Mirvis des congrégations unies du Commonwealth lors de la commémoration de Yom HaShoah à Barnet, dans le nord de Londres, le 8 mai 2016 (Crédit : AFP PHOTO/LEON NEAL)

« Sir Ben Helfgott est tout simplement remarquable – l’incarnation de la détermination, de la passion et de la volonté ; un leader visionnaire et une force pour le bien. Il est mon héros et ce prix de la fierté britannique pour l’ensemble de son œuvre ne pourrait être mieux mérité », a-t-elle ajouté.

Jewish News a remis à Sir Ben – qui a été fait chevalier de l’Ordre britannique l’année dernière – un prix pour l’ensemble de son œuvre en 2012 et il a reçu par la suite de telles distinctions de la part de l’Holocaust Educational Trust et de Limmud FSU.

L’année dernière, à l’occasion de son 90e anniversaire, Jewish News a fait en sorte que 90 messages du grand et du bien de la société britannique et juive soient envoyés, avec la contribution de chaque premier ministre vivant et de l’archevêque de Canterbury, dans une manifestation d’affection et d’admiration sans précédent.

Parmi les autres personnalités de premier plan qui remettront des prix aux lauréats du prix « Pride of Britain » de cette année, citons le prince de Galles, le duc et la duchesse du Sussex, Ant & Dec, Sir David Jason, Anthony Joshua et Rita Ora.

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