Smotrich demande exclusivement les ministères de la Justice ou de l’Education
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Smotrich demande exclusivement les ministères de la Justice ou de l’Education

Le député d'extrême-droite a expliqué qu'il "ne réfléchirait même pas" au portefeuille du Logement que Netanyahu lui aurait prévu lors des pourparlers de coalition

Le chef du parti Union nationale, le député Bezalel Smotrich, prend la parole lors d'une conférence du Mouvement pour un gouvernement de qualité, à Modiin, le 4 février 2019. (Hadas Parush/Flash90)
Le chef du parti Union nationale, le député Bezalel Smotrich, prend la parole lors d'une conférence du Mouvement pour un gouvernement de qualité, à Modiin, le 4 février 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Le député provocateur Bezalel Smotrich de l’Union des partis de droite a réclamé les portefeuilles de la Justice ou de l’Education dans le cadre des négociations de coalition en cours dans la journée de dimanche – rejetant l’idée d’accepter un autre poste au cabinet.

« Notre demande était et elle reste les ministères de la Justice et de l’Education », a affirmé Smotrich au micro de la radio publique Kan.

Interrogé sur la possibilité que son parti puisse refuser de rejoindre la coalition au pouvoir si ces ministères ne lui étaient pas offerts, Smotrich a répondu qu’il ne voulait pas « utiliser ce genre de termes ».

Smotrich n’a pas précisé s’il réclamerait les deux portefeuilles ou si le parti se satisferait d’en obtenir un seul, alternant entre les deux possibilités.

Le président d’Israël Reuven Rivlin (à droite) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la résidence du président à Jérusalem le 17 avril 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

La semaine dernière, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a débuté une série de négociations visant à former une coalition de gouvernement pour un cinquième mandat à son poste de Premier ministre.

Le ministère de la Justice – un portefeuille déterminant qui travaille étroitement avec les tribunaux et les procureurs de l’Etat – a revêtu une importance supplémentaire dans la formation du prochain gouvernement alors que Netanyahu risque d’être inculpé dans trois affaires de corruption.

Mercredi dernier, des informations parues dans les médias israéliens ont indiqué que Netanyahu était enclin à confier le poste au ministre du Tourisme Yariv Levin, membre de sa formation du Likud, ou à Smotrich, numéro deux sur la liste de l’Union des partis de droite. La douzième chaîne a précisé qu’il était « presque certain » que Netanyahu fasse son choix entre les deux hommes.

Levin comme Smotrich ont affirmé soutenir l’adoption de mesures plus autoritaires contre la Cour suprême, jugeant qu’il fallait ôter à cette dernière sa capacité de contrôle du corpus législatif – et qu’il fallait l’empêcher de s’attaquer aux textes qui sont votés à la Knesset.

Smotrich a également indiqué qu’il chercherait immédiatement à faire approuver une loi d’immunité qui protégerait le Premier ministre face aux inculpations.

Le ministre du Tourisme, Yariv Levin, prend la parole lors de la 15e Conférence annuelle du groupe « Besheva » à Jérusalem, le 12 février 2018. (Hadas Parush/Flash90)

Ces derniers jours, néanmoins, des rumeurs ont laissé entendre que le Likud accorderait sa préférence à Levin pour le poste et que Netanyahu offrirait plutôt à Smotrich – un partisan fervent des implantations en Cisjordanie – le ministère de la Construction et du logement.

Dans son interview à la radio, dimanche, Smotrich a expliqué qu’il ne réfléchirait « même pas au ministère de la Construction. L’Education et la Justice doivent nous revenir ».

« Le Likud n’avait pas apprécié de voir Ayelet Shaked au ministère de la Justice de prime abord. Après, ils l’ont adorée. Peut-être qu’ils ne m’apprécieront pas non plus dans un premier temps. Mais après quelques années, quand nous aurons effectué certains changements significatifs, je suis sûr qu’ils m’adoreront aussi », a-t-il avancé.

Il a indiqué qu’il était aussi prêt à accepter le poste de ministre de l’Education, qui se trouve actuellement entre les mains de Naftali Bennett dont le parti HaYamin HaHadash n’a pas réussi à franchir le seuil électoral lors des élections.

« Je ne sais pas si Netanyahu rêve de me voir ministre de l’Education. Mais Shulamit Aloni (du parti Meretz – gauche) l’a été et je peux donc l’être moi aussi. Si des députés du Meretz ont été ministres de l’Education, alors je peux également l’être. Je suis bien plus proche du consensus national aujourd’hui que ce n’était le cas du Meretz à l’époque », a-t-il affirmé.

Rafi Peretz parle à ses partisans lors de la révélation des résultats électoraux de son parti à Kfar Maccabiah, le 9 avril 2019. (Crédit : Nachshon Pillipson)

Le dirigeant de l’Union des partis de droite, Rafi Peretz, ancien grand rabbin au sein de l’armée israélienne, semble être un choix plus naturel pour le poste de ministre de l’Education si ce dernier était offert à la formation.

Mercredi, le président Reuven Rivlin a officiellement chargé Netanyahu d’assembler une coalition pour gouverner la 21e Knesset. Il a demandé solennellement au Premier ministre de venir à bout des divisions sociales après une agressive campagne électorale.

Netanyahu aura 28 jours pour former un gouvernement, avec la possibilité d’un prolongement de deux semaines, offert à la discrétion du président.

L’option la plus probable, pour Netanyahu, est la formation d’une coalition de 65 sièges dont le Likud (35 sièges), Shas (8), Yahadout HaTorah (8), l’Union des partis de droite (5), Yisrael Beytenu (5) et Koulanou (4).

Les négociations risquent d’être féroces alors que tous ces partis s’avèrent indispensables – à l’exception de Koulanou – pour garantir une majorité à la Knesset, forte de 120 membres.

Selon certaines spéculations, Netanyahu pourrait profiter de sa nouvelle force politique pour faire avancer une loi qui lui accorderait l’immunité des poursuites tant qu’il reste Premier ministre. Il a déjà été annoncé qu’il envisageait de conditionner une entrée dans son nouveau gouvernement à un potentiel soutien à ce que l’on a appelé la « Loi française » qui protégerait un Premier ministre au pouvoir de telles poursuites. Netanyahu a publiquement donné des signaux contradictoires sur le fait qu’il chercherait ou non à faire passer cette loi.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu serre la main de Meir Porush, du parti Yahadout HaTorah, à la Knesset, le 29 avril 2015, en présence de Yaakov Litzman. (Crédit : Likud)

Netanyahu est suspect dans trois affaires judiciaires, connues sous le nom d’Affaires 1000, 2000 et 4000, des dossiers dans lesquels les enquêteurs ont réclamé l’inculpation du Premier ministre. Le procureur-général a pour sa part indiqué avoir l’intention d’inculper ce dernier – sous réserve d’une audience – dans les trois enquêtes.

Smotrich, co-fondateur de l’ONG de droite Regavim, qui cible les constructions illégales des non-Juifs en Israël et en Cisjordanie, est entré à la Knesset en 2015. Il s’est rapidement démarqué pour ses points de vue d’extrême-droite et ses propos controversés, notamment à l’encontre des femmes, de la communauté LGBT et des Arabes.

Durant les quatre années qu’il a passé à la Knesset, il a fait les gros titres pour avoir encouragé la désertion en signe de protestation contre l’agenda « féministe radical » de l’armée israélienne, pour avoir comparé l’évacuation d’un avant-poste illégal à un « viol brutal » et pour avoir clamé que les Arabes « illettrés » n’étaient acceptés à l’université que grâce à la discrimination positive. Il s’est également qualifié « d’homophobe fier de l’être » et a réclamé des unités de maternités séparées pour les Juifs et les Arabes. Il avait été impliqué dans le passé dans l’organisation d’une « Bête Pride » à Jérusalem en réponse à la Gay Pride annuelle dans la ville, au cours de laquelle des animaux de ferme avaient défilé.

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