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Soutien de plus en plus visible de Washington aux manifestations en Iran

L'indignation provoquée par le décès de Mahsa Amini, 22 ans, après son arrestation pour infraction au code vestimentaire, a entraîné une immense vague de manifestations

Des manifestantes aux abords du consulat iranien d'Istanbul protestent contre la mort de Mahsa Amini, arrêtée par la police des mœurs parce qu'elle contrevenait aux règles strictes du port du voile en Iran, à Istanbul, le 29 septembre 2022. (Crédit : Yasin AKGUL / AFP)
Des manifestantes aux abords du consulat iranien d'Istanbul protestent contre la mort de Mahsa Amini, arrêtée par la police des mœurs parce qu'elle contrevenait aux règles strictes du port du voile en Iran, à Istanbul, le 29 septembre 2022. (Crédit : Yasin AKGUL / AFP)

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken, mais aussi la vice-présidente Kamala Harris, ont affiché vendredi leur soutien aux manifestations en cours en Iran, en recevant des militants et membres de la diaspora iranienne.

Ouvrant une rencontre au département d’État, M. Blinken a salué « le courage remarquable à travers l’Iran montré par des femmes, des jeunes et beaucoup d’autres pour défendre leurs droits fondamentaux dont le régime iranien continue de les priver ».

Parmi les personnes présentes, l’actrice et activiste Nazanin Boniadi, qui a également été reçue vendredi à la Maison Blanche, à la fois par un haut conseiller de Joe Biden et par la vice-présidente Kamala Harris.

Cette dernière a déclaré dans un communiqué que « le courage de ces femmes (l’)avait inspirée comme il a inspiré le monde » et a promis à son invitée l’aide de Washington pour « assurer que ces voix importantes soient entendues, y compris en rendant plus facile l’accès à internet » en Iran.

L’indignation provoquée par le décès le 16 septembre d’une Kurde iranienne de 22 ans, Mahsa Amini, trois jours après son arrestation pour infraction au code vestimentaire, a entraîné la plus grande vague de manifestations en Iran depuis les protestations de 2019 contre la hausse du prix de l’essence.

Mahsa Amini, 22 ans, décédée après avoir été arrêtée par la police des mœurs iranienne. (Crédit : Twitter. Images utilisées conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

« Je pense que nous assistons à quelque chose de remarquable à travers tout le pays, mené prioritairement par des femmes et des jeunes », a estimé Antony Blinken en référence à « cette vague de colère spontanée ».

Le chef de la diplomatie américaine était accompagné de la numéro deux du département d’État Wendy Sherman et du négociateur américain sur le nucléaire iranien Rob Malley.

Parmi les participants à la réunion figuraient, outre Nazanin Boniadi, l’écrivain Roya Hakakian et des défenseurs de droits dont Sherry Hakimi.

« Nous avons été unanimes à leur suggérer de cesser les négociations sur le nucléaire tant que la violence n’aura pas cessé. Et je crois que tout le monde nous a entendu haut et fort », a affirmé Roya Hakakian à la radio NPR après la rencontre.

Jeudi, le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, John Kirby, avait jugé « peu probable à court terme » un succès de ces discussions, qui visent à remettre en œuvre un accord de 2015 sur le nucléaire iranien.

Le président iranien Ebrahim Raissi s’exprime au palais de Saadabad à Téhéran, en Iran, le 11 juin 2022. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

Le président iranien Ebrahim Raïssi a accusé jeudi les États-Unis de mener « une politique de déstabilisation » contre la République islamique.

« Si tel est le cas, s’ils pensent vraiment cela, alors ils ne comprennent fondamentalement rien à leur propre peuple », a rétorqué Blinken vendredi.

Les États-Unis ont annoncé le 6 octobre des sanctions économiques contre sept hauts responsables iraniens pour leur rôle dans la répression des manifestations, après une première salve de sanctions annoncée le 22 septembre contre la police des mœurs iranienne et plusieurs responsables de la sécurité.

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