S&P confirme la forte cote de crédit d’Israël malgré la pandémie
Rechercher

S&P confirme la forte cote de crédit d’Israël malgré la pandémie

L'agence a confirmé la cote relativement élevée de AA-, avec une perspective stable, citant un système financier robuste et l'accès aux marchés de capitaux

La Bourse de Tel Aviv, le 25 décembre 2018. (Adam Shuldman/Flash90)
La Bourse de Tel Aviv, le 25 décembre 2018. (Adam Shuldman/Flash90)

Standard & Poor’s, agence indépendante de notation financière, a confirmé la position d’Israël avec la cote relativement élevée de AA- et évoqué des perspectives stables dans le pays, malgré une économie frappée de plein fouet par la pandémie de coronavirus.

Ces cotes indiquent la solvabilité d’une nation émettrice de dette et sa capacité à rembourser son endettement.

L’entreprise a cité l’économie robuste de l’Etat juif, sa politique monétaire flexible, ses épargnes locales relativement fortes et son accès aux marchés des capitaux nationaux et internationaux.

L’agence a toutefois noté un fort niveau d’endettement et les risques géopolitiques, deux éléments négatifs pris en compte dans sa notation.

Elle a également remarqué les accords de normalisation qui ont été signés entre Israël et les Emirats arabes unis d’une part et Bahreïn d’autre part, disant que ces pactes pourraient entraîner une meilleure coopération économique, un renforcement du commerce et une plus grande sécurité pour les trois pays.

S&P a estimé que l’économie israélienne baisserait de 5 % en 2020 en raison de la pandémie – c’est la chute la plus importante depuis des décennies – mais que le pays remonterait de 4,5 % en 2021, a précisé le quotidien économique Globes.

Le ministre des Finances Yisrael Katz s’est réjoui de cette cote, disant que « la décision prise par S&P de maintenir la cote de crédit de l’Etat d’Israël à AA-, avec une perspective stable, est une formidable marque de confiance faite à l’économie israélienne et un éloge à l’égard de l’Etat d’Israël. Israël est en bonne position en comparaison avec de nombreux pays du monde qui sont actuellement aux prises avec la crise du coronavirus ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a pour sa part salué un « nouveau vote de confiance impressionnant dans la politique économique que nous avons mise en place ». Il a noté que Standard and Poor’s avait abaissé les cotes de crédit d’autres pays développés au cours de la pandémie.

Le mois dernier, l’agence de notation Moody’s Investor Services avait maintenu la note d’Israël à A1, exprimant sa confiance dans l’économie du pays malgré deux confinements entraînés par la COVID-19 et les politiques contestées mises en place pour combattre la maladie.

Moody’s avait cité les réserves de gaz naturel offshore d’Israël et le secteur technologique comme points positifs, tout en notant que « la polarisation du système politique pèse sur l’efficacité de la politique fiscale » et que la dette du pays devrait décliner de manière graduelle seulement.

Ces deux cotes de crédit fortes pour Israël arrivent malgré les dégâts économiques entraînés par la pandémie de coronavirus et les deux confinements qui ont suivi, ainsi que dans le cadre de l’échec gouvernemental à faire adopter un budget d’Etat.

Un homme passe devant des magasins fermés dans la rue Jaffa, à Jérusalem, le 25 mars 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le chômage, en Israël, a atteint des niveaux records cette année à cause de l’épidémie et de nombreuses petites entreprises ont subi des dommages importants.

A la fin du mois dernier, environ 969 000 Israéliens étaient au chômage au sein de l’Etat juif – presque un quart de la main-d’œuvre, qui s’élève à quatre millions de personnes – avec notamment 616 000 Israéliens placés en congé sans solde.

Avant qu’Israël n’enregistre son premier cas de coronavirus, au mois de février dernier, le taux de chômage était aux alentours de 3 %.

Le gouvernement a échoué de manière répétée à adopter un budget d’Etat, laissant la coalition au pouvoir au bord de l’effondrement. L’Etat juif n’a pas eu de budget d’Etat depuis 2019 et pourrait terminer sans budget l’année 2020 en raison d’une querelle en cours entre le Likud et le parti Kakhol lavan.

Un certain nombre de démissions de haut-rang ont eu lieu au Trésor dans le sillage des désaccords en cours sur la manière de prendre en charge correctement les taux d’infection au coronavirus tout en tentant de limiter les dégâts essuyés par l’économie.

Il y avait eu des inquiétudes réelles sur l’impact négatif, auprès des agences de notation, des agitations au sein du ministère des Finances et de l’incapacité du pays à adopter un budget d’Etat.

Au mois de septembre, l’OCDE a prédit que l’économie israélienne pourrait se contracter de 6 % cette année.

Une notation de crédit souverain est la note donnée aux nations par les sociétés de notation – comme S&P, Moody’s Investors Service et Fitch Ratings – et indique le niveau de risque pour les investisseurs qui achètent des obligations émises par ces gouvernements, et la possibilité qu’ils ne puissent pas effectuer de paiements futurs. Plus le risque est élevé, plus les intérêts que les nations doivent payer sont importants, lorsqu’elles cherchent à obtenir des fonds des investisseurs par l’émission d’obligations d’État.

Une faible notation rend plus difficile et plus coûteux pour un pays de lever des fonds sur les marchés internationaux pour financer ses dépenses. S&P est considérée comme la plus grande de ces trois grandes agences de notation.

S&P a relevé la note d’Israël à AA-, avec une perspective stable en août 2018, la plus haute note jamais attribuée à Israël, et la quatrième plus haute note de S&P.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...