Strasbourg : « Interdit aux Juifs », le parquet ouvre une enquête
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Strasbourg : « Interdit aux Juifs », le parquet ouvre une enquête

Le parquet a ouvert une enquête après qu'un graffeur portant un t-shirt avec la mention "Israël" a été "bousculé", l'agresseur traçant sur le sol "interdit aux Juifs" et "salope"

Les gendarmes patrouillent au marché de Noël de Strasbourg, le jour de sa réouverture, le 14 décembre 2018. (Crédit : Patrick HERTZOG / AFP)
Les gendarmes patrouillent au marché de Noël de Strasbourg, le jour de sa réouverture, le 14 décembre 2018. (Crédit : Patrick HERTZOG / AFP)

Le parquet de Strasbourg a ouvert une enquête après qu’un graffeur portant un t-shirt avec la mention « Israël » a été « bousculé » mercredi par des jeunes, l’un d’eux traçant sur le sol, « interdit aux juifs » et « salope », a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

Le jeune homme, de confession juive, était en train de décorer pour le compte de la ville de Strasbourg un boîtier électrique mercredi en début de soirée rue Léon Blum, près d’une cité sensible, lorsqu’il a été pris à partie par deux personnes, selon ces mêmes sources, confirmant une information du quotidien régional Les Dernières Nouvelles d’Alsace.

Ils l’ont « importuné » et « bousculé », a indiqué une source policière.

« Nous ne laisserons pas passer (…) c’est un acte totalement intolérable et qui ne sera pas toléré », a réagi auprès de l’AFP Jean Werlen, conseiller municipal en charge des cultes. « Plainte à été déposé et c’est maintenant à la justice de faire son travail », a-t-il souligné.

Selon l’avocat du jeune homme agressé, Me Raphaël Nisand, celui-ci portait un t-shirt avec différents noms de villes et de pays, parmi lesquels « Israël ».

L’un des agresseurs, particulièrement virulent, lui a lancé : « Tu es Juif, tu n’as rien à faire ici » et lui a demandé « d’aller changer » de t-shirt, ce que le graffeur a fait, selon l’avocat.

Le jeune homme est ensuite revenu pour terminer son travail, mais a de nouveau été pris à partie par le même homme, qui était cette fois seul. Il a exigé qu’il lui remette l’une de ses bombes de peinture, avec laquelle il a tagué les inscriptions incriminées au sol, toujours selon Me Nisand.

« Menaces » et « injures raciales »

La victime, « très traumatisée », est repartie et a prévenu son responsable à la mairie de Strasbourg, a indiqué l’avocat. Arrivé sur place, le responsable a pris en photo les inscriptions antisémites, avant d’être à son tour menacé par le principal agresseur du graffeur, qui lui a ordonné de « dégager ».

Le graffeur a déposé plainte jeudi matin pour « menaces » et « injures raciales », a précisé Me Nisand.

Le responsable, également défendu par Me Nisand, a également déposé plainte pour « menaces », selon le conseil, mandaté aussi par le Consistoire israélite du Bas-Rhin.

Dénonçant dans un communiqué « des faits qui relèvent de la justice pénale », le consistoire attend « une décision rapide et exemplaire contre l’auteur de ces faits graves qui ne pourront jamais être banalisés ».

« Les services de police sont mobilisés et procèdent (…) aux investigations nécessaires à l’appréhension du ou des auteurs, dans le cadre d’une enquête ouverte par le Parquet de Strasbourg », a indiqué dans un communiqué la préfète du Bas-Rhin, Josiane Chevalier, qui a condamné « avec fermeté cet acte intolérable ».

Selon une source policière, aucune interpellation n’a encore eu lieu, les enquêteurs exploitant notamment des images de vidéosurveillance.

« L’incitation à la haine d’Israël est la source essentielle de l’antisémitisme contemporain. Cette agression en apporte encore la preuve flagrante », a dénoncé dans un communiqué Sammy Ghozlan, président du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA), qui a également mandaté Me Nisand pour déposer plainte.

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