Synagogues menacées : l’antisémitisme « n’a pas sa place » au Canada, affirme Trudeau
Rechercher

Synagogues menacées : l’antisémitisme « n’a pas sa place » au Canada, affirme Trudeau

La police lance une enquête après la découverte de croix gammées envoyées dans des lieux de culte dans plusieurs villes du pays

Le Premier ministre du Canada Justin Trudeau s'exprime durant une conférence de presse au dernier jour du sommet de coopération économique Asie-Pacifique à Lima, le 20 novembre 2016 (Crédit :  AFP/RAFAEL ZARAUZ)
Le Premier ministre du Canada Justin Trudeau s'exprime durant une conférence de presse au dernier jour du sommet de coopération économique Asie-Pacifique à Lima, le 20 novembre 2016 (Crédit : AFP/RAFAEL ZARAUZ)

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a répondu mardi à une série de courriels de haine envoyés à plusieurs synagogues du Canada durant le week-end, en déclarant que l’antisémitisme « n’a pas sa place » dans le pays.

« J’envoie mon plein soutien à la communauté juive canadienne », a écrit Trudeau sur Twitter, avec en lien un article qui évoquait les incidents.

« Ces récents actes de haine et d’antisémitisme n’ont pas leur place dans notre pays et nous ne les tolérerons pas », a-t-il ajouté.

La police canadienne a ouvert une enquête sur ces lettres de menaces à caractère antisémite envoyées à au moins cinq synagogues du pays.

A Montréal, « deux synagogues ont porté plainte pour des menaces » proférées dans les lettres, a indiqué Benoit Boisselle, porte-parole de la police de l’agglomération québécoise.

Une enquête a été ouverte pour « crime haineux », a-t-il ajouté.

Le Bnai Brith Canada a expliqué lundi qu’à part Montréal, des synagogues de Toronto, Hamilton et Edmonton avaient reçu des lettres identiques. Le message « la communauté juive doit périr » était accompagné d’une étoile de David ensanglantée avec une croix gammée en son centre », selon la même source.

Michael Mostryn, président du Bnai Brith Canada, a mis en garde contre une nouvelle résurgence de l’antisémitisme.

« Il est impératif aujourd’hui plus que jamais de condamner ce symbole de racisme et de haine », a estimé Mostryn en déplorant que depuis quelques mois des messages antisémites fleurissent sur les murs « des écoles, des universités ou des bâtiments publics ».

« C’est effrayant. C’est manifestement une lettre de haine », a déclaré Julian Lewin, directeur exécutif de Shaare Zedek à Montréal à Radio-Canada.

Pendant ces fêtes de Hanoukka et de Noël, « temps sacré pour les Juifs et les Chrétiens », le rabbin Alan Bright a souligné la nécessité pour toutes les communautés de lutter « pour préserver la vérité et la liberté ».

Des mosquées ont récemment été profanées au Canada et des groupuscules d’extrême droite au Québec ont multiplié des défilés contre les flux migratoires.

Un certain nombre d’autres incidents n’ont pas été rapportés, a indiqué mardi la police, selon des articles parus dans la presse locale.

Le courriel de haine antisémite envoyé aux synagogues de Toronto, Montréal, Hamilton et Edmonton le 18 décembre 2017 (Crédit : B’nai Brith Canada)

Ces lettres coïncident avec la période de la fête juive de Hanoukka, qui a commencé le 12 décembre et s’achèvera le soir du 20 décembre.

Au début de l’année, le Bnai Brith Canada a fait savoir que le nombre d’incidents antisémites dans le pays avait atteint un record en 2016, augmentant de 26 % par rapport à l’année précédente.

Selon le bilan annuel du groupe qui a été rendu public au mois de mai, le Bnai Brith a enregistré 1 728 incidents antisémites en 2016 contre 1 277 incidents en 2015. Le précédent chiffre record de 1 627 incidents avait été atteint en 2014.

Ce bilan avait attribué cette hausse des incidents antisémites – notamment des actes de négationnisme – au militantisme antisioniste sur les réseaux sociaux et dans les campus ainsi qu’au sentiment anti-israélien présent dans certains journaux arabes.

L’AFP a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...