Syrie: 5 millions d’enfants nés durant la guerre, 1 million nés réfugiés
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Syrie: 5 millions d’enfants nés durant la guerre, 1 million nés réfugiés

Les enfants payent un lourd tribut dans ce conflit, dans lequel interviennent de nombreux Etats et forces locales ou régionales

Sur cette photo du 20 août 2013, des réfugiés syriens traversent la frontière irakienne au point de passage de Peshkhabour à Dahouk, à 430 kilomètres au nord-ouest de Bagdad, en Irak. Les scientifiques de haut niveau affirment que le changement climatique va compliquer et aggraver les problèmes de sécurité mondiale existants, tels que les guerres civiles, les conflits entre les nations et les réfugiés. (AP Photo/Hadi Mizban, File)
Sur cette photo du 20 août 2013, des réfugiés syriens traversent la frontière irakienne au point de passage de Peshkhabour à Dahouk, à 430 kilomètres au nord-ouest de Bagdad, en Irak. Les scientifiques de haut niveau affirment que le changement climatique va compliquer et aggraver les problèmes de sécurité mondiale existants, tels que les guerres civiles, les conflits entre les nations et les réfugiés. (AP Photo/Hadi Mizban, File)

Près de cinq millions d’enfants syriens sont nés durant la guerre et un million d’autres en exil, alors que la Syrie est en proie depuis neuf ans à une révolte qui s’est rapidement transformée en guerre civile, a annoncé dimanche l’Unicef.

Les enfants payent un lourd tribut dans ce conflit, dans lequel interviennent de nombreux Etats et forces locales ou régionales, affirme dans un communiqué l’agence de l’ONU en charge de la protection des droits de l’enfant.

Cette dernière a réalisé un décompte spécifique aux enfants de 2014 à 2019. Durant cette période, « 5.427 enfants ont été tués », soit « un mort toutes les dix heures », et « 1.639 ont été blessés du fait de la guerre ».

« Environ 5.000 enfants ont été enrôlés pour combattre », certains âgés « d’à peine sept ans », poursuit l’agence, soulignant par ailleurs qu’un millier d’infrastructures médicales ou scolaires ont été attaquées.

« Le conflit entre dans sa dixième année et des millions d’enfants entrent dans leur deuxième décennie de vie dans la guerre, la violence, la mort et l’exode », dénonce la directrice exécutive de l’Unicef, Henrietta Fore, tout juste de retour de Syrie.

Sur cette photo prise le 19 février 2020, le père syrien Abdullah al-Mohammed marche derrière sa fille de trois ans Salwa dans leur maison à Sarmada, une ville dans la dernière poche rebelle de la province d’Idleb en Syrie. (Photo par Abdulaziz KETAZ / AFP)

« Des familles nous ont dit que, dans certains cas extrêmes, elles n’avaient pas eu d’autre choix que d’envoyer leurs enfants travailler ou de marier leurs filles très jeunes », ajoute Ted Chaiban, directeur régional de l’agence. « Aucun parent ne devrait être forcé à ce genre de choix. »

Au moins 384.000 personnes, dont plus de 116.000 civils, ont péri dans le conflit, déclenché en mars 2011 par la répression sanglante de manifestations prodémocratie, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

L’émissaire de l’ONU pour la Syrie, Geir Pedersen, a déploré la durée et la nature « horrible » du conflit, « preuve d’un échec collectif de la diplomatie », à la veille du 9e anniversaire de la guerre.

Au prix de bombardements dévastateurs, et grâce au soutien des alliés russe et iranien, le régime de Bachar al-Assad a reconquis de nombreuses régions sous contrôle des insurgés. A ce jour, il a repris plus de 70 % du pays.

Le principal front de la guerre est aujourd’hui la région d’Idleb, ultime grand bastion jihadiste et rebelle dans le nord-ouest, qui connaît depuis le 6 mars une trêve précaire, après plusieurs mois d’offensive du régime.

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