Syrie/Golan: Israël riposte après la chute d’un obus dans la zone tampon
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Syrie/Golan: Israël riposte après la chute d’un obus dans la zone tampon

L'armée israélienne réaffirme qu'elle veillera au maintien de l'accord de cessez-le-feu de 1974, qui a établi une zone démilitarisée entre Israël et la Syrie

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un char de l'armée israélienne a été déployé sur le plateau du Golan, près de la frontière syrienne, le 1er juillet 2018. (Armée israélienne)
Un char de l'armée israélienne a été déployé sur le plateau du Golan, près de la frontière syrienne, le 1er juillet 2018. (Armée israélienne)

L’armée israélienne a attaqué une position syrienne vendredi après l’explosion d’un obus de mortier dans la zone tampon entre les deux pays, dans ce que l’armée a qualifié de violation d’un accord de cessez-le-feu de 1974.

« Tsahal a attaqué un avant-poste syrien d’où a été tiré un obus de mortier qui a atterri dans la zone tampon, à l’est et à proximité de la clôture », a déclaré l’armée dans un communiqué.

L’armée n’a pas précisé si les tirs d’artillerie syrienne étaient intentionnels ou s’il s’agissait de tirs perdus concernant des combats se déroulant de l’autre côté de la frontière.

L’armée israélienne a déclaré qu’elle ne ferait pas de commentaires à ce sujet.

L’armée israélienne n’est « pas impliquée dans ces combats intersyriens », mais « elle continuera à mettre en œuvre l’accord de séparation des forces de 1974, qui prévoit notamment d’assurer l’inviolabilité de la zone tampon », est-il précisé.

Un porte-parole de Tsahal n’a pas précisé quelle position syrienne avait été visée, ni avec quels moyens.

L’armée a déclaré qu’elle continuerait de tenir le régime du dictateur syrien Bashar el-Assad responsable du maintien de l’accord de cessez-le-feu de 1974 entre les deux pays, qui a mis fin à la guerre de Kippour de l’année précédente.

L’armée israélienne a conquis en juin 1967 la grande majorité du Golan – également frontalier du Liban et de la Jordanie -, d’où l’armée syrienne pilonnait les positions israéliennes en contrebas.

Elle a annexé ces territoires de quelque 1 200 km2 en 1981, une action jamais reconnue par la communauté internationale.

En 1974, un accord a été signé sur la création d’une zone tampon démilitarisée. Depuis, une force des Nations unies pour l’observation du désengagement (FNUOD) est chargée de contrôler le respect de ce texte.

Bien qu’Israël affirme que ce n’est pas son objectif premier, le statut de zone démilitarisée de la région en a fait un havre de sécurité de facto pour les résidents du sud de la Syrie. En conséquence, des dizaines de milliers de Syriens ont commencé à fuir vers cette zone tampon pour échapper à une nouvelle offensive des forces d’Assad, avec l’aide de la Russie et des milices chiites soutenues par l’Iran.

Des colonnes de fumée s’élèvent au-dessus des zones tenues par les rebelles de la ville de Daraa pendant les frappes aériennes signalées par les forces du régime syrien le 5 juillet 2018. (AFP/Mohamad Abazeed)

Les bombardements des forces aériennes russes et syriennes, ainsi qu’une offensive terrestre, ont fait des dizaines de morts et déplacé plus de 300 000 Syriens, selon les estimations de l’ONU.

« L’armée israélienne n’est pas impliquée dans les combats internes en Syrie. Dans le même temps, elle continuera d’exiger le respect des accords de cessez-le-feu de 1974, y compris la préservation de la zone tampon », a déclaré l’armée.

Tout en veillant à ne pas être entraîné dans le sanglant conflit en Syrie depuis son déclenchement en 2011, Israël a frappé à plusieurs reprises le territoire syrien, notamment contre des convois d’armes destinées, selon lui, au Hezbollah libanais, allié du régime de Damas et de l’Iran.

Les dizaines de milliers de Syriens déplacés qui se sont dirigés vers le plateau du Golan israélien se sont installés dans des villages de tentes qui sont surpeuplés et manquent de moyens près de la frontière. Dans certains cas, les camps de personnes déplacées sont situés à quelques centaines de mètres de la barrière de sécurité, bien visibles depuis Israël.

Les responsables de Tsahal ont déclaré qu’ils ne s’attendent pas à ce que des masses de Syriens tentent de franchir la clôture de sécurité à la recherche d’un refuge. Les Syriens de la région ont demandé à Israël et à la Jordanie d’ouvrir leurs frontières ou d’établir des zones sûres où ils peuvent rester sans craindre les bombardements de la Syrie ou de la Russie.

Le site d’information Walla a rapporté mercredi qu’Israël travaillait discrètement avec la Force des Nations Unies chargée d’observer le désengagement, qui est censée maintenir la paix entre Israël et la Syrie, afin d’établir de telles zones de sécurité près de la frontière.

Israël, qui est toujours en guerre avec la Syrie depuis 1948, a offert une aide humanitaire aux résidents du sud-ouest du pays au cours des deux dernières semaines, incluant l’accueil de dizaines de blessés syriens pour des traitements médicaux, mais a déclaré à plusieurs reprises qu’il ne permettrait pas aux réfugiés de traverser la frontière.

Les personnels médicaux de l’armée israélienne soignent un enfant syrien blessé amené au sein de l’Etat juif pour y être pris en charge dans un hôpital, le 29 juin 2018 (Crédit : Armée israélienne)

« L’armée israélienne suit ce qui se passe en Syrie et se prépare à divers scénarios afin de protéger la sécurité le long de la frontière. Nous continuerons à fournir une aide humanitaire aux résidents de la région sur le territoire syrien, et nous empêcherons également l’entrée de réfugiés sur le territoire de l’État d’Israël », a déclaré l’armée mercredi.

Depuis le début de l’offensive d’Assad, plus de 30 villes de Daraa se sont rendues, tandis que d’autres ont repoussé les offres de soi-disant « réconciliation » et ont juré de se battre.

Plus de 350 000 personnes ont été tuées depuis le début de la terrible guerre civile en Syrie en 2011, et des millions d’autres ont été déplacées. Tous les appels internationaux visant à mettre fin à l’offensive à Daraa sont jusqu’à présent tombés dans l’oreille d’un sourd.

L’AFP a contribué à cet article.

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