Syrie : mort d’Ahmad Jibril, chef du groupe terroriste du FPLP-CG à 83 ans
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Syrie : mort d’Ahmad Jibril, chef du groupe terroriste du FPLP-CG à 83 ans

Le groupe de Jibril a été à l'origine d'attentats meurtriers contre les Israéliens et d'un échange de prisonniers célèbre ; Abbas, président de l'AP, a transmis ses condoléances

Le chef du Front populaire de libération de la Palestine - Commandement général  Ahmad Jibril lors d'une conférence à Téhéran, le 21 février 2017. (Crédit : Ebrahim Noroozi/AP)
Le chef du Front populaire de libération de la Palestine - Commandement général Ahmad Jibril lors d'une conférence à Téhéran, le 21 février 2017. (Crédit : Ebrahim Noroozi/AP)

Ahmad Jibril, chef de l’organisation terroriste du Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG) Syrie, est décédé mercredi soir dans un hôpital de Damas à l’âge de 83 ans, ont fait savoir les médias libanais.

« Il est mort de causes naturelles après avoir été malade », a déclaré à l’AFP son fils, Bader Jibril.

Le FPLP-GC est classé groupe terroriste par les États-Unis, Israël et l’Union européenne et les attentats commis par le groupe de Jibril avait entraîné la mort de dizaines d’Israéliens au fil des années.

Parmi les attaques ciblant des civils et des soldats israéliens dont le groupe a été l’origine, l’attentat à la bombe, en 1971, qui avait visé le Vol 330 de Swissair et qui avait fait 47 morts ; l’attentat commis en 1970 contre un bus scolaire israélien qui avait fait douze morts ; le massacre de seize personnes survenu en 1974 à Kiryat Shmona et la « nuit des planeurs », en 1987, au cours de laquelle des membres de l’organisation s’étaient rendus sur une base israélienne et avaient tué six soldats.

Cela fait un certain temps que le groupe n’a pas commis d’attentat contre les Israéliens et il n’est pas considéré actuellement comme une menace grave. La responsabilité de tirs de roquette sporadiques tirés depuis le Liban lui a été attribuée mais elles n’ont été à l’origine d’aucun dégât sérieux.

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a transmis ses condoléances au remplaçant de Jibril à la tête du FPLP-GC, Talal Naji, a fait savoir l’agence officielle de l’AP, WAFA.

« Son éminence a, dans un entretien téléphonique, également transmis ses condoléances à Badr Jibril, le fils du défunt, en priant Dieu tout-puissant de lui accorder sa grande miséricorde, de permettre à Jibril de demeurer dans ses verts jardins et d’apporter à sa famille patience et réconfort », a dit le bureau d’Abbas dans une déclaration rendue publique par WAFA.

Le haut-responsable de l’Autorité palestinienne Hussein al-Sheikh a pleuré la mort de Jibril sur son compte Twitter.

« Nos plus profondes condoléances à nos camarades du Commandement central et au peuple palestinien suite à la mort du leader palestinien Ahmed Jibril, » a écrit al-Sheikh.

Le secrétaire-général du Front populaire de Libération – Commandement général Ahmed Jibril, lors de l’ouverture de la conférence nationale des groupes Palestiniens basés à Damas, dans la capitale syrienne, le 23 janvier 2008. (Crédit : RAMZI HAIDAR / AFP)

Né dans une petite ville située à proximité de Jaffa en 1938, la famille de Jibril était finalement partie en Syrie après la création d’Israël, une décennie plus tard. Des centaines de milliers de Palestiniens avaient pris la fuite ou avaient été expulsés lors de la guerre de l’Indépendance israélienne, en 1948, que les Palestiniens appellent la Nakba – ou « catastrophe ».

Jibril avait vécu en Syrie une grande partie sa vie, avec une courte carrière d’officier dans l’armée syrienne, dans les années 1950. En 1959, il avait créé une petite organisation paramilitaire connue sous le nom de Front de libération palestinien.

Jibril avait ultérieurement fondé le Front populaire pour la libération de la Palestine aux côtés de George Habash, en 1967. Mais il s’était presque immédiatement retiré pour fonder le FPLP-CG, une faction distincte. Les États-Unis et l’Union européenne ont classé les deux groupes dans la catégorie des organisations terroristes.

Le leader terroriste est connu par les Israéliens comme par les Palestiniens pour avoir mis en place le dit « Accord Jibril », qui avait déterminé l’un des plus importants échanges de prisonniers de toute l’Histoire du conflit.

Sous les termes de cet accord conclu en 1985, environ 1150 prisonniers sécuritaires palestiniens avaient été libérés en échange de trois soldats israéliens qui se trouvaient entre les mains du FPLP-CG – Yosef Grof, Nissim Salem, et Hezi Shai. Parmi les détenus libérés, des terroristes célèbres comme Kozo Okamoto, un extrémiste japonais qui avait pris part au massacre commis en 1972 à l’aéroport de Lod, qui avait fait 26 morts.

D’autres prisonniers libérés à cette occasion deviendront des personnalités marquantes de l’arène israélo-palestinienne. Jibril Rajoub, jeune activiste du Fatah, deviendra le secrétaire-général du mouvement – un poste qu’il occupe encore aujourd’hui. Sheikh Ahmad Yassin deviendra le chef spirituel du groupe terroriste du Hamas et Abdullah Nimr Darwish, qui était alors un jeune extrémiste dont les idées avaient changé en prison, fondera le mouvement islamique du sud – modéré – et le parti islamiste Raam.

Ces dernières années, Jibril a été un soutien fervent du président syrien Bachar Assad, allié de l’Iran, et les membres du FPLP -CG auraient combattu aux côtés du régime syrien pendant la guerre civile en cours dans le pays.

L’AFP a contribué à cet article.

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