L’Iran a pendu un ex-employé du nucléaire accusé d’espionnage au profit d’Israël
Selon Mizan Online, Mehdi Farid, arrêté en 2023, a été exécuté pour avoir "largement coopéré" avec le Mossad ; selon les ONG, il travaillait pour l’Organisation iranienne de l’énergie atomique

La République islamique d’Iran a exécuté mercredi un homme accusé d’espionnage au profit des services de renseignement israéliens et de transmission d’informations sensibles, a rapporté l’agence de presse judiciaire Mizan. Il s’agit de la quatrième exécution en trois jours.
L’homme, identifié comme Mehdi Farid par le site officiel du pouvoir judiciaire iranien, Mizan Online, aurait occupé un poste au sein d’une unité de défense civile relevant d’une organisation sensible.
Selon cette source, il aurait profité de son accès privilégié à certaines informations pour les recueillir et pour les transmettre au Mossad israélien.
Sa condamnation à mort a été confirmée par la Cour suprême et l’exécution a eu lieu une fois les procédures légales achevées, selon Mizan.
Cette exécution a fait suite à celles d’Amirali Mirjafari, mardi, et de Mohammad Masoum Shahi et Hamed Validi, lundi.
Amirali Mirjafari a été accusé par le régime iranien d’être l’un des chefs d’un réseau lié aux services de renseignement israéliens, d’avoir incendié la mosquée Qolhak à Téhéran et d’avoir mené des activités portant atteinte à la sécurité lors des manifestations anti-régime de janvier, selon le site officiel du pouvoir judiciaire, Mizan Online.
Iran executed a man on Wednesday after the country’s judiciary alleged that he had “extensive cooperation” with Israel’s Mossad intelligence agency, judiciary-affiliated Mizan News reported.
Mehdi Farid was “a manager in the civil defense committee of one of the country’s… pic.twitter.com/RSRekg2PXz
— Iran International English (@IranIntl_En) April 22, 2026
Sa condamnation à mort a été confirmée par la Cour suprême et son exécution a eu lieu tôt mardi matin, a précisé Mizan.
Lundi, le régime a exécuté Mohammad Masoum Shahi et Hamed Validi, accusés par Téhéran d’avoir coopéré avec le Mossad et d’avoir planifié des attentats sur le territoire national, toujours selon Mizan Online, qui a précisé que les deux hommes auraient suivi une formation à l’étranger, notamment dans la région du Kurdistan irakien.
Les autorités iraniennes ont exécuté au moins 1 639 personnes en 2025, soit le nombre le plus élevé depuis 1989, ont indiqué lundi dernier deux organisations de droits humains.
Ces dernières ont averti que le pays pourrait recourir encore davantage à la peine de mort après les manifestations anti-régime de janvier et la guerre contre Israël et les États-Unis.
Execution of Two Security Defendants After Overnight Transfer Raises Fair Trial Concerns
Early this morning, Mohammad Masoum (Nima) Shahi and Hamed Validi were executed after being convicted on security-related charges, including alleged cooperation with Mossad.
The executions… pic.twitter.com/KCexIyIUO2
— Rojhelat Info (@RojhelatInfo_En) April 20, 2026
Ce chiffre représente une hausse de 68 % par rapport aux 975 personnes exécutées en 2024 et inclut également 48 femmes pendues, selon le rapport annuel conjoint de l’organisation Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, et de l’organisation Ensemble contre la peine de mort (ECPM), basée à Paris.
« Si la République islamique survit à la crise actuelle, il y a un risque sérieux que les exécutions soient utilisées de manière encore plus intensive comme outil d’oppression et de répression », indique le rapport.
L’IHR, qui exige au moins deux sources pour confirmer une exécution, dont la majorité n’est pas rapportée par les médias officiels iraniens, souligne que ce chiffre constitue un « minimum absolu » du nombre de pendaisons en 2025.
Cela correspond à une moyenne de plus de quatre exécutions par jour.
Ce total est de loin le plus élevé depuis que l’IHR a commencé à tenir ce décompte en 2008, et le plus important signalé depuis 1989, au début de la Révolution islamique.
Les organisations ont par ailleurs averti que « des centaines de manifestants détenus risquaient toujours la peine de mort et l’exécution » après avoir été inculpés de crimes passibles de la peine capitale à la suite des manifestations de janvier 2026 contre les autorités. Celles-ci ont été réprimées par une vague de répression qui a fait des milliers de morts et entraîné l’arrestation de dizaines de milliers de personnes, confirmées par différentes organisations.







