Téhéran met en garde contre le franchissement de ses « lignes rouges »
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Téhéran met en garde contre le franchissement de ses « lignes rouges »

La déclaration intervient une semaine après l'annonce par l'US Navy que son sous-marin nucléaire avait emprunté le détroit d'Ormuz, dans une nouvelle démonstration de force

Deux navires de guerre iraniens s'approchent de la ville portuaire de Chahbahar, dans le sud-est de l'Iran, dans le golfe d'Oman, le 27 décembre 2019. (Crédit : Armée iranienne via AP)
Deux navires de guerre iraniens s'approchent de la ville portuaire de Chahbahar, dans le sud-est de l'Iran, dans le golfe d'Oman, le 27 décembre 2019. (Crédit : Armée iranienne via AP)

L’Iran a mis en garde lundi contre toute atteinte aux « lignes rouges » de sa sécurité dans le Golfe, lors d’une conférence du porte-parole des Affaires étrangères, après des rapports sur le déplacement d’un sous-marin israélien vers la région.

Saïd Khatibzadeh a également souligné que son pays se défendra contre toute « aventure » américaine durant les derniers jours du président Donald Trump à la Maison Blanche.

Ces déclarations interviennent une semaine après l’annonce par l’US Navy que son sous-marin nucléaire avait emprunté le détroit d’Ormuz, dans une nouvelle démonstration de force dirigée contre l’Iran.

Des médias israéliens ont ensuite rapporté qu’un sous-marin israélien, en route vers le Golfe, avait traversé le canal de Suez, information que l’Etat hébreu n’a ni confirmée ni démentie.

« Tout le monde sait ce que signifie le golfe persique pour l’Iran (…) » et « connait les politiques de (Téhéran) dans le domaine de la sécurité et de la défense nationale », a déclaré lundi le porte-parole Khatibzadeh lors d’une conférence de presse en ligne.

« Tout le monde sait très bien à quel point le risque est élevé s’il veut franchir les lignes rouges de l’Iran », a-t-il ajouté.

Israël est l’ennemi juré de Téhéran qui l’accuse d’être à l’origine de plusieurs opérations contre le pays, dont la plus récente fut l’assassinat fin novembre du père du nucléaire iranien Mohsen Fakhrizadeh.

Le scientifique nucléaire iranien Mohsen Fakhrizadeh. (Autorisation)

Alors que Téhéran s’apprête à commémorer le premier anniversaire de la mort du général de division Qassem Soleimani, éliminé par une frappe aérienne américaine début janvier à Bagdad, Washington a accusé l’Iran la semaine dernière d’être impliqué dans une attaque près de son ambassade en Irak.

« Nous avons envoyé des messages au gouvernement des Etats-Unis et à nos amis dans la région (avertissant) que le régime américain actuel ne se lance pas dans une nouvelle aventure dans les derniers jours de sa présence à la Maison Blanche », a déclaré M. Khatibzadeh.

Le porte-parole a enfin dit espérer que « les personnes rationnelles à Washington seront capables de contrôler les tensions » jusqu’au 20 janvier, date de la prise de fonction du président américain élu Joe Biden.

L’Iran et les Etats-Unis se sont trouvés au bord de la guerre par deux fois depuis juin 2019 – notamment après l’élimination de Soleimani – sur fond de tensions dans le Golfe et autour de l’accord international de Vienne sur le nucléaire iranien (2015) dénoncé unilatéralement par M. Trump et dont il s’est retiré en 2018.

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