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Tel Aviv : manifestation contre la formation de la Garde nationale de Ben Gvir

Ayman Odeh qualifie de "milice fasciste" la force qui sera dirigée par le ministre d'extrême droite, alors que l'on craint que l'initiative ne politise l'application de la loi

Manifestation à Tel Aviv contre le ministre de la Sécurité nationale d'extrême droite Itamar Ben Gvir et le projet de création d'une garde nationale, le 29 mars 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)
Manifestation à Tel Aviv contre le ministre de la Sécurité nationale d'extrême droite Itamar Ben Gvir et le projet de création d'une garde nationale, le 29 mars 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

Des centaines de militants de gauche se sont rassemblés mercredi soir à Tel Aviv pour protester contre le projet de création d’une nouvelle Garde nationale qui serait placée sous l’autorité du ministre de la Sécurité nationale d’extrême droite, Itamar Ben Gvir.

Les manifestations ont eu lieu alors que Ben Gvir dévoilait les plans de formation de cette force de 2 000 agents et dans le cadre des protestations actuelles contre la refonte du système judiciaire par le gouvernement, mise en pause depuis dimanche.

Un certain nombre de rues de Tel Aviv ont été temporairement fermées en raison de la manifestation, qui s’est déroulée sous la bannière « Non à la milice de Ben Gvir ».

Le groupe de justice sociale Standing Together, qui a mené la manifestation avec d’autres organisations, a déclaré que des rassemblements similaires avaient également eu lieu à Jérusalem, Haïfa, Beer Sheva, Rehovot et Holon.

Les images de la manifestation de Tel Aviv montrent de nombreux drapeaux palestiniens et de la Fierté parsemés parmi les drapeaux israéliens qui dominaient l’événement. Les manifestants portaient également des pancartes avec des slogans tels que « il n’y a pas de démocratie sous occupation » et des affiches dénonçant Ben Gvir.

S’adressant aux manifestants, le chef de la faction politique Hadash-Taal, majoritairement arabe, a comparé la Garde nationale aux « chemises brunes » de l’armée paramilitaire nazie.

Manifestation à Tel Aviv contre le ministre de la Sécurité nationale d’extrême droite Itamar Ben Gvir et le projet de création d’une garde nationale, le 29 mars 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

« Ou les chemises jaunes », a déclaré le député Ayman Odeh, en référence à la couleur du logo de plusieurs groupes nationalistes israéliens, dont le mouvement suprématiste juif Kach, dans lequel Ben Gvir était actif lorsqu’il était adolescent.

Kach a été fondé par feu le rabbin extrémiste Meir Kahane, dont Ben Gvir et d’autres membres de son parti Otzma Yehudit se considèrent comme les disciples. Ben Gvir a récemment cherché à se distancer de certaines des positions les plus extrêmes de Kahane, mais il a pris la parole lors d’un événement commémoratif organisé en son honneur en novembre.

« Nous ne vous permettrons pas de former des milices fascistes au service du kahanisme », a déclaré Odeh lors de la manifestation.

Ben Gvir a révélé mercredi les détails de sa proposition pour la Garde nationale, qui sera soumise à l’approbation du gouvernement lors de la réunion hebdomadaire du cabinet dimanche.

Selon le texte d’une résolution qui sera examinée par le cabinet, la Garde nationale sera chargée de lutter contre la « criminalité nationaliste », le terrorisme et de « rétablir la gouvernance là où c’est nécessaire ».

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, participant à un rassemblement en faveur de la réforme du système judiciaire prévue par le gouvernement, à Jérusalem, le 27 mars 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

Les groupes de défense des droits civiques ainsi que les politiciens de l’opposition ont exprimé leur extrême inquiétude quant à la proposition de placer une telle force sous le contrôle direct d’un ministre du gouvernement, arguant qu’elle pourrait politiser le maintien de l’ordre et saper le principe d’égalité dans l’application de la loi.

Si la résolution est approuvée, Ben Gvir créera une commission composée de représentants du bureau du Premier ministre, du ministère de la Défense, du ministère de la Justice, du ministère des Finances, de la police israélienne et de Tsahal pour mettre en œuvre la création de la force.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a donné son feu vert à la proposition de Ben Gvir concernant la Garde nationale lundi soir. Cette décision a été largement considérée comme un échange pour Ben Gvir qui a renoncé à sa menace de quitter la coalition après que Netanyahu a annoncé une pause sur la législation controversée sur la réforme du système judiciaire.

La pression législative a déclenché des manifestations nationales massives qui se sont intensifiées pendant plus de deux mois jusqu’à ce que Netanyahu décide de retarder la réforme en vue de négociations, bien que les dirigeants des manifestations pensent que le gouvernement a toujours l’intention de mettre en œuvre son plan législatif complet visant à affaiblir le système judiciaire.

Ben Gvir a vivement critiqué la manière dont la police a géré les manifestations et a appelé les officiers à utiliser des mesures plus sévères contre les manifestants. Il a également cherché à obtenir un contrôle direct plus important des forces de l’ordre depuis qu’il est devenu ministre de la Sécurité nationale.

Jeremy Sharon a contribué à cet article.

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