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Tensions sur la plateforme de gaz israélienne ; Amos Hochstein attendu à Beyrouth

Le Liban annonce qu'Hochstein devrait arriver en début de semaine ; le chef adjoint du Hezbollah menace d'utiliser la "force" contre Israël après l'arrivée de la plateforme

Des personnes passent devant un navire de la marine israélienne au large de Rosh Hanikra, une zone à la frontière entre Israël et le Liban (Ras al-Naqura), le 6 juin 2022. (Crédit : JALAA MAREY/AFP)
Des personnes passent devant un navire de la marine israélienne au large de Rosh Hanikra, une zone à la frontière entre Israël et le Liban (Ras al-Naqura), le 6 juin 2022. (Crédit : JALAA MAREY/AFP)

Le diplomate américain Amos Hochstein ira à Beyrouth la semaine prochaine pour discuter du différend qui oppose le pays à Israël au sujet du forage maritime, a déclaré mardi un haut responsable politique libanais.

L’annonce est intervenue un jour après que le Liban a demandé la médiation des Etats-Unis pour protester contre le déplacement par Israël d’un navire de production de gaz dans un champ offshore partiellement revendiqué par Beyrouth.

Le président du Parlement libanais, Nabih Berri, a déclaré lors d’une session parlementaire mardi que Hochstein est attendu dans le pays dimanche ou lundi prochain.

Le Liban et Israël, qui n’ont pas de relations diplomatiques et se considèrent comme des États ennemis, mènent depuis près de deux ans des pourparlers indirects sous l’égide des États-Unis afin de résoudre un différend frontalier maritime.

Le Liban a réagi avec colère cette semaine après l’arrivée d’une nouvelle plateforme gazière sur le gisement de gaz naturel offshore de Karish, qui, selon Israël, fait partie de sa zone économique exclusive reconnue par les Nations unies et qui, selon Beyrouth, se trouve dans une zone contestée.

Le chef adjoint du Hezbollah, Naim Qassem, a déclaré lundi à Reuters qu’il était prêt à recourir à la force contre Israël si le Liban déterminait que ses frontières maritimes avaient été violées.

Sur cette photo publiée par le gouvernement libanais, le président libanais Michel Aoun, à droite, rencontre l’envoyé américain pour les affaires énergétiques Amos Hochstein, au centre, et l’ambassadeur américain au Liban Dorothy Shea, à gauche, au palais présidentiel à Baabda, à l’est de Beyrouth, au Liban, le 9 février 2022. (Crédit : Dalati Nohra/Gouvernement officiel libanais/AP)

« Dès lors que l’État libanais déclarera que les Israéliens attaquent nos eaux et notre pétrole, nous serons prêts à prendre position en termes de pression, de dissuasion et d’utilisation des moyens appropriés – y compris la force », a déclaré Qassem dans des commentaires à l’agence de presse.

« Cette affaire demande de l’État libanais qu’il prenne une décision ferme », a-t-il ajouté, notant que le Hezbollah, le groupe terroriste libanais lourdement armé, qui est soutenu par l’Iran, a « exhorté le gouvernement à se dépêcher, à se fixer un délai ».

Dimanche, le président libanais Michel Aoun a déclaré que l’action israélienne sur le territoire représentait « une provocation et un acte hostile. »

Le chef adjoint du Hezbollah, Cheikh Naim Qassem (C) arrive à la cérémonie de prestation de serment du président iranien nouvellement élu (non vu) au parlement à Téhéran, le 5 août 2021. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

Selon un communiqué de Tsahal publié dimanche, l’armée se préparerait à une attaque du Hezbollah contre la plateforme et prévoit de déployer des forces navales sur le site, notamment une batterie antimissile Iron Dome embarquée. La plate-forme devrait commencer à fonctionner dans les prochains mois.

Les pourparlers concernant le territoire contesté ont débuté à la fin de l’année 2020 mais sont restés en suspens depuis que le Liban a demandé le contrôle de 1 430 kilomètres carrés supplémentaires de territoire maritime actuellement sous contrôle israélien. Les deux pays négociaient à l’origine la démarcation de 860 kilomètres carrés de territoire maritime, qui sont officiellement enregistrés comme contestés selon une carte de 2011 déposée auprès des Nations unies.

Israël et le Liban ont tous deux des intérêts économiques dans ce territoire, qui contient du gaz naturel lucratif. Le Liban, qui fait face à une crise économique depuis fin 2019, voit dans les ressources offertes une voie potentielle pour sortir de sa crise actuelle.

Energean travaillant dans le champ pétrolier de Karish, au large d’Israël, en 2020. Illustration (Crédit : Capture d’écran/YouTube)

Lundi, à la demande du Liban, le porte-parole du département d’État américain, Ned Price, n’a pas voulu confirmer un prochain voyage de M. Hochstein, mais a déclaré que la Maison Blanche souhaitait résoudre les problèmes actuels, les pourparlers étant largement au point mort.

« Je n’ai pas de voyage à annoncer ou à prévoir pour le moment, mais comme nous vous l’avons déjà dit, la frontière maritime israélo-libanaise est une décision qui doit être prise par Israël et le Liban », a déclaré M. Price aux journalistes lors d’une conférence de presse. « Nous pensons qu’un accord est possible si les deux parties négocient de bonne foi et réalisent les avantages pour les deux pays. À cette fin, nous soutenons fermement les efforts déployés pour parvenir à un accord mutuellement bénéfique. »

Hochstein a été nommé par le président américain Joe Biden pour faciliter les négociations entre les deux pays l’année dernière.  En novembre dernier, il a menacé de mettre fin aux pourparlers si les pays ne parvenaient pas à une solution, et en février, il a déclaré que le temps manquait pour conclure un accord.

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