Tentative in extremis d’éviter de nouvelles élections
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Tentative in extremis d’éviter de nouvelles élections

Si les élus n'arrivent pas à s'entendre sur un projet de budget pour la dernière année, la Knesset se dissoudra sur le coup de minuit, dans la nuit de mardi à mercredi

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, s'entretient avec le ministre de la Défense Benny Gantz, tous deux portant des masques de protection en raison de la pandémie de COVID-19, lors d'une réunion du cabinet à Jérusalem, le 7 juin 2020. (Crédit : Menahem Kahana / Pool via AP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, s'entretient avec le ministre de la Défense Benny Gantz, tous deux portant des masques de protection en raison de la pandémie de COVID-19, lors d'une réunion du cabinet à Jérusalem, le 7 juin 2020. (Crédit : Menahem Kahana / Pool via AP)

À la veille d’une échéance sur la dissolution du Parlement israélien, les parlementaires s’activaient lundi pour tenter de trouver un compromis de dernière minute afin d’éviter de quatrièmes élections en moins de deux ans.

Si les élus n’arrivent pas à s’entendre sur un projet de budget pour la dernière année, la Knesset se dissoudra sur le coup de minuit, dans la nuit de mardi à mercredi, et des élections seront convoquées pour le mois de mars.

Ces nouvelles tractations ont lieu au moment où la campagne de vaccination contre la COVID-19 débute en Israël, pays qui a recensé environ 370 000 cas, dont plus de 3 000 morts.

Le différend n’oppose pas le gouvernement et l’opposition, mais les partenaires au sein même du gouvernement « d’union et d’urgence » formé au printemps par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ex-rival électoral, le centriste Benny Gantz.

En avril dernier, et après trois élections les ayant placés au coude-à-coude, les deux hommes avaient convenu de forger ce gouvernement pour affronter la crise sanitaire en mettant un terme à la plus longue crise politique de l’histoire de l’Etat hébreu.

L’accord incluait une rotation au poste de Premier ministre et stipulait notamment que le gouvernement adopterait un seul budget pour deux ans (2020 et 2021), mais le Likud de M. Netanyahu a proposé de voter deux budgets différents, ce que la formation de M. Gantz a refusé.

Ce point, jamais résolu, est devenu le tendon d’Achille de la coalition et aussi, selon la presse israélienne, le révélateur des tensions entre Netanyahu et Gantz.

Et le Likud a refusé pour l’heure de voter le budget, les analystes estimant que cette crise budgétaire était le moyen pour Benjamin Netanyahu de provoquer de nouvelles élections et d’éviter ainsi de céder le pouvoir à Benny Gantz, comme prévu, en novembre 2021.

Ou, au minimum, d’avoir une marge de manœuvre pour renégocier l’accord de coalition dans des termes plus favorables à son parti.

En août dernier, le vote sur le budget a été repoussé en décembre. Et si aucun budget n’est adopté d’ici le 23 décembre la Knesset se dissoudra automatiquement et de nouvelles élections seront convoquées fin mars 2021.

Les députés au plénum de la Knesset le 9 décembre 2020. (Dani Shem Tov / porte-parole de la Knesset)

Perdant, perdant ?

Dans une tentative affichée de résoudre la crise, le parti de Benny Gantz a annoncé dans la nuit de dimanche à lundi un nouveau projet : tenir un nouveau vote afin de repousser l’adoption du budget 2020 d’ici le 31 décembre et celui de l’année 2021 au 5 janvier.

Si les députés votent contre le report de ces dates butoirs, de nouvelles élections seront convoquées le 23 mars prochain.

Cette proposition des troupes de Benny Gantz a reçu l’assentiment du Likud pour être présentée en chambre.

Ces nouvelles tractations pour éviter ou provoquer des élections – l’opposition ayant déjà appelé à dissoudre le Parlement – interviennent aussi à l’heure où M. Netanyahu fait face à des départs au sein de son parti.

Son ancien ministre Gideon Saar a annoncé la création de sa propre formation, Tikva Hadasha (Nouvel espoir, NDLR), ouvertement à droite, et déjà créditée de la seconde place selon de récents sondages.

Si le Likud reste en tête des intentions de vote, l’apparition de ce nouveau parti, de même que la montée de la formation de droite radicale Yamina d’un autre ancien ministre, Naftali Bennett, grignotent des voix à M. Netanyahu et pourraient compliquer le jeu des alliances post-électorales.

L’ancien chef de l’armée Benny Gantz a vu de son côté ses appuis fondre et n’a pas intérêt à se lancer dans un nouveau combat électoral, note Ben-Dror Yemini, chroniqueur du Yediot Aharonot, titre le plus vendu de la presse israélienne.

« Il (Gantz) sait que la défaite l’attend. Et c’est précisément pour cela, que dans sa position de loser, il peut se permettre d’agir sur la base de ce qui est le mieux pour le pays » en tentant d’éviter de nouvelles élections.

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