Teva accepte de retarder certains licenciements dans son usine de Jérusalem
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Teva accepte de retarder certains licenciements dans son usine de Jérusalem

La direction de l'entreprise pharmaceutique déclare que ses installations seront fermées d'ici 2019 comme prévu ; les grévistes devraient reprendre le travail lundi

Les employés de Teva manifestent devant le bureau du Premier ministre à Jérusalem contre le plan de licenciement de plusieurs centaines de personnes, le 17 décembre 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Les employés de Teva manifestent devant le bureau du Premier ministre à Jérusalem contre le plan de licenciement de plusieurs centaines de personnes, le 17 décembre 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Salué comme une victoire par les syndicats israéliens, la direction de Teva a décidé dimanche de retarder les licenciements de certains travailleurs de son usine de Jérusalem, malgré la confirmation que l’usine serait fermée en 2019 comme prévu.

Quelque 340 travailleurs devraient être licenciés lors de la première vague de licenciements au début de 2018, avant la fermeture de l’usine de fabrication de comprimés de Teva à Jérusalem.

Après que les travailleurs se sont barricadés dans le bâtiment, la direction a trouvé un compromis avec le syndicat des travailleurs et a convenu que dans la première phase des licenciements, 200 travailleurs perdraient leur emploi à l’usine de Jérusalem. Le nombre final des licenciements sera toutefois inchangé, et la fermeture de l’usine est programmée comme prévu en 2019, a indiqué Teva.

Ces derniers jours, les médias en hébreu ont surnommé le nouveau PDG danois de Teva, Kare Schultz, « Kare le terrible », et un programme satirique populaire le décrivait comme une personnalité froide et calculatrice déterminée à aller de l’avant avec les suppressions d’emplois.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le ministre des Finances Moshe Kahlon et le ministre de l’Economie Eli Cohen ont rencontré Schultz au début du mois pour essayer de trouver le meilleur moyen d’atténuer l’ampleur du plan social du fabriquant de médicaments israélien concernant la réduction de sa main-d’œuvre locale.

La demande principale des dirigeants israéliens était de garder l’usine de production de Jérusalem ouverte. Mais le PDG de Teva a rejeté leur demande, tout en promettant que l’entreprise conservera son siège mondial dans l’Etat juif et travaillera en étroite collaboration avec une équipe israélienne pour aider les travailleurs licenciés à trouver un autre emploi.

Kåre Schultz, nouveau directeur et président de Teva (photo publiée avec son autorisation)

Teva, l’un des plus grands fabricants de médicaments génériques au monde et l’un des plus gros employeurs du pays, était jusque récemment un symbole du succès industriel d’Israël. Les actions de la société ont été un élément de base dans les plans d’épargne locaux, ce qui lui a valu le surnom de « bourse du peuple ».

Le 14 décembre, la société, fortement endettée, a annoncé un plan de restructuration qui prévoit le licenciement de 14 000 travailleurs de Teva dans le monde au cours des deux prochaines années – plus d’un quart de l’effectif mondial de Teva, soit plus de 55 000 personnes, dont environ 1 750 en Israël.

« Teva mène un intense processus de consultation avec les syndicats et est sur le point de conclure des accords concernant le nombre d’employés qui quitteront le site de Jérusalem au premier trimestre de 2018, ainsi que sur le processus de fermeture du site de Jérusalem à la fin de 2019, comme cela a été annoncé » a déclaré Teva dimanche dans un communiqué, ajoutant qu’il s’attendait à ce que les employés de l’usine de Jérusalem retournent au travail lundi.

« Teva est engagée dans un processus équitable et à fournir une assistance dans la formation et la recherche d’emploi pour les employés dont le poste sera supprimé », est-il déclaré dans le communiqué.

Le député d’Union sioniste Amir Peretz, ancien dirigeant de la fédération syndicale travailliste de la Histadrout, a déclaré que cette concession était un signe que la direction de Teva avait pris la mesure de la réalité en Israël et a qualifié l’accord de testament du « front uni » présenté par les travailleurs.

Amir Peretz announces that he will be joining Tzipi Livni's Hatnua (The Movement) party on Thursday, December 6 (photo credit: Channel 10 screen capture)
Amir Peretz (Crédit : capture d’écran Dixième chaîne)

« La direction de Teva pensait pouvoir ignorer le gouvernement israélien ainsi que les organisations de travailleurs et renvoyer tous les travailleurs israéliens dévoués chez eux. Mais elle a rencontré un front ouvrier solide ainsi que la solidarité de la société israélienne », a déclaré Peretz.

« Nous continuerons à lutter » jusqu’au dernier des employés d’Israël, a-t-il dit.

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