Israël en guerre - Jour 195

Rechercher

Thornberry : le Royaume-Uni devrait commémorer Balfour en reconnaissant l’état palestinien

Critiquant Israël, qui a “perdu la tête”, l’élue du Labour estime que le pays ne devrait pas célébrer le centenaire du document promettant le soutien britannique à un foyer national juif

Emily Thornberry pendant la conférence du Labour en 2016. (Crédit : Rwendland/CC BY-SA 4.0/Wikipedia)
Emily Thornberry pendant la conférence du Labour en 2016. (Crédit : Rwendland/CC BY-SA 4.0/Wikipedia)

Une importante députée britannique, du parti du Labour, a déclaré que « la manière la plus importante » de commémorer le centenaire de la Déclaration Balfour était que le Royaume-Uni « reconnaisse la Palestine. »

Dans un entretien publié lundi sur le site internet de Middle East Eye, Emily Thornberry, chargée des Affaires étrangères du cabinet fantôme, a déclaré que le Royaume-Uni ne devait pas célébrer la déclaration, qui promet le soutien du pays à un foyer national juif, puisqu’il n’existe pas encore d’état palestinien.

« Je ne pense pas que nous devrions célébrer la Déclaration Balfour, mais je pense que nous devons la commémorer parce que je pense qu’elle a été un tournant historique pour cette région, et je pense que, la manière la plus importante de la commémorer est probablement de reconnaître la Palestine, a dit Thornberry. Le gouvernement britannique a dit qu’il le ferait, ce n’est qu’une question de bon moment, et il me semble que c’est le bon moment. »

« Il faut qu’il y ait deux états, deux états viables, deux états viables et sûrs. Nous ne devons pas oublier qu’au final, c’est la seule solution, a-t-elle ajouté. Nous devons mesurer tout ce que nous faisons à cette échelle. »

Construction de nouveaux logements dans l'implantation israélienne de Kfar Adumim, le 25 septembre 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Construction de nouveaux logements dans l’implantation israélienne de Kfar Adumim, le 25 septembre 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Thornberry a vivement critiqué la politique d’implantation israélienne en Cisjordanie, affirmant que le gouvernement de l’Etat juif a « perdu la tête » et compromet la solution à deux états.

« Qu’est-ce qu’ils font maintenant ? Est-ce qu’ils vont vers [une réalité à] un état ? », a-t-elle dit.

« Et de cette manière, ils abandonnent le peuple israélien parce que vous ne pouvez pas avoir un état juif et démocratique dans cette région. Ils devront donc choisir, a ajouté Thornberry. Ils vont simplement contre la vision [du premier Premier ministre israélien, David] Ben Gurion, d’un état juif démocratique, et il est nécessaire d’avoir à ses côtés un état palestinien viable et sûr. »

Thornberry doit se rendre en Israël en novembre.

Elle doit également assister cette semaine à un dîner organisé à Londres avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour célébrer le centenaire de la Déclaration Balfour. Elle a indiqué qu’elle se rendrait également à un évènement palestinien qui commémore l’anniversaire.

Jeremy Corbyn, chef du Labour britannique, à la sortie du bureau de vote, dans le nord de Londres, le 8 juin 2017. (Crédit: Daniel Leal-Olivas/AFP)
Jeremy Corbyn, chef du Labour britannique, à la sortie du bureau de vote, dans le nord de Londres, le 8 juin 2017. (Crédit: Daniel Leal-Olivas/AFP)

C’est Jeremy Corbyn, le dirigeant du Labour, qui a demandé à la députée travailliste d’assister au dîner à sa place, après avoir refusé l’invitation.

Même si aucune raison n’a été donnée à la décision de Corbyn, annoncée par l’édition du Times de dimanche, le dirigeant travailliste est un fervent critique d’Israël, et a été accusé de tolérer l’antisémitisme dans les rangs de son parti.

Tout en refusant de s’exprimer en particulier sur la décision de Corbyn, l’ambassadeur d’Israël au Royaume-Uni a déclaré que les opposants à la Déclaration Balfour étaient des « extrémistes. »

« Ceux qui s’opposent à la Déclaration Balfour se montrent comme les extrémistes qu’ils sont », a dit Mark Regev au Times.

Dans la Déclaration Balfour signée le 2 novembre 1917, Arthur Balfour, alors secrétaire aux Affaires étrangères du Royaume-Uni, dit au dirigeant britannique juif Walter Rothschild que le gouvernement de Sa Majesté « voit favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif. »

Lord Arthur James Balfour, secrétaire aux Affaires étrangères du Royaume-Uni en 1917, et le texte de la déclaration qui porte son nom et soutient l'établissement d'un foyer national juif en Palestine. (Crédit : Domaine public/Wikipédia)
Lord Arthur James Balfour, secrétaire aux Affaires étrangères du Royaume-Uni en 1917, et le texte de la déclaration qui porte son nom et soutient l’établissement d’un foyer national juif en Palestine. (Crédit : Domaine public/Wikipédia)

Alors que le Labour s’est montré ambivalent sur son soutien à la déclaration, Boris Johnson, successeur de Balfour, a déclaré dimanche qu’il était « fier du rôle de la Grande-Bretagne dans la création d’Israël », faisant écho aux propos de la Première ministre britannique, Theresa May, qui a dit la semaine dernière qu’elle célébrerait « fièrement » le centenaire.

Johnson a également répété le soutien du Royaume-Uni à la solution à deux états, rappelant que cette solution au conflit israélo-palestinien est depuis longtemps la position britannique.

« Je n’ai aucun doute que la seule solution viable au conflit ressemble à celle qui a été initialement mise sur le papier par un autre Britannique, Lord Peel, dans le rapport de la Commission royale sur la Palestine en 1937, c’est-à-dire la vision de deux états pour deux peuples », a écrit Johnson.

La position de la Grande-Bretagne est celle de « deux états indépendants et souverains » avec Jérusalem comme « capitale partagée », a rappelé Johnson.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le secrétaire d'Etat britannique aux Affaires étrangères Boris Johnson dans la pièce où Lord Arthur Balfour a signé sa célèbre déclaration en 1917, le 6 février 2017. (Crédit : Facebook)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le secrétaire d’Etat britannique aux Affaires étrangères Boris Johnson dans la pièce où Lord Arthur Balfour a signé sa célèbre déclaration en 1917, le 6 février 2017. (Crédit : Facebook)

« Les frontières devraient être basées sur les lignes [d’armistice, ndlr] telles qu’elles étaient le 4 juin 1967 – veille de la guerre des Six Jours, avec des échanges de terres équitables, pour refléter les intérêts nationaux, sécuritaires et religieux des peuples israélien et palestinien », a détaillé le secrétaire au Foreign Office dans The Telegraph.

Alors qu’Israël et le Royaume-Uni se sont préparés à célébrer l’anniversaire, les responsables palestiniens ont renforcé leurs appels à Londres pour que le gouvernement britannique retire son soutien à un foyer juif dans la région de l’ancien mandat, affirmant que la terre n’appartenait pas au Royaume-Uni et qu’il n’avait par conséquent pas le droit de la promettre au mouvement sioniste.

Raphael Ahren et l’AFP ont contribué à cet article.

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.