TikTok fustigé pour son absence à une audience sur l’antisémitisme à la Knesset
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TikTok fustigé pour son absence à une audience sur l’antisémitisme à la Knesset

Un député accuse l'application chinoise de se soustraire à ses responsabilités pour les contenus antijuifs présents sur sa plateforme, particulièrement prisée par les jeunes

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Photo d'illustration : Le logo de l'application de réseau social TikTok sur l'écran d'un téléphone mobile, le 13 avril 2020. (Crédit : Olivier DOULIERY / AFP)
Photo d'illustration : Le logo de l'application de réseau social TikTok sur l'écran d'un téléphone mobile, le 13 avril 2020. (Crédit : Olivier DOULIERY / AFP)

Tiktok, l’application chinoise de courtes vidéos musicales, a été vivement critiquée lundi pour son absence à une audience de la Knesset où l’entreprise avait été convoquée pour débattre des politiques mises en œuvre sur les réseaux sociaux à l’encontre des contenus antisémites.

« Il est particulièrement parlant de constater l’absence des représentants de TikTok », a déclaré la députée de Kakhol lavan Michal Cotler-Wunsh au début de la réunion de la Commission parlementaire de l’Immigration, de l’Intégration et des Affaires de la diaspora. Elle a déploré le « manque de sens de la responsabilité » de la firme, notant que TikTok était une plateforme où « des millions d’enfants sont exposés à des contenus violemment antisémites ». « Ils doivent aussi nous rendre des comptes », a-t-elle ajouté.

Des représentants de l’entreprise ont décliné deux invitations à l’audience, ont indiqué des assistants de la députée.

« Nous observons ce qu’il se passe avec beaucoup de gravité », a-t-elle poursuivi, « parce que je pense que c’est notre rôle d’être une voix pour ces enfants qui ne savent pas comment définir l’antisémitisme, qui ignorent ce qu’ils sont en train de regarder ».

La députée de Kakhol lavan Michal Cotler-Wunsh. (Crédit : Avishai Finkelstein)

Plus de 40 % des utilisateurs de TikTok auraient entre 16 et 24 ans.

La session de la Knesset, qui était dirigée par le président de la commission David Bitan (Likud), s’est également penchée sur les politiques mises en œuvre par les autres plateformes. Parmi les participants : Jordana Cutler, cheffe de la politique au sein de Facebook Israël ; Noa Elefant-Loffler, administratrice du marketing chez Google Israel ; et Matthew Krieger, qui a représenté Twitter.

« Afin de mettre un terme à la culture d’impunité contre les Juifs en ligne et hors-ligne, Facebook, Google, Twitter, et TikTok – malgré son absence remarquable – doivent adopter et faire appliquer la définition de l’antisémitisme mise au point par l’IHRA [International Holocaust Remembrance Alliance] – dont font partie la délégitimation, la diabolisation, et le deux poids, deux mesures – pour discerner les contenus antisémites et éduquer le public », a déclaré Cotler-Wunsh.

Lors de la réunion de commission, le ministère des Affaires de la diaspora a présenté des données collectées sur les incitations à la violence antijuive sur les réseaux sociaux – en particulier en arabe – disant qu’il traquait « des centaines de milliers de posts antisémites chaque jour ».

Yogev Karsenty, à la tête des initiatives prises par le ministère pour contrer la haine antijuive, a indiqué que les firmes de réseaux sociaux n’agissaient pas suffisamment pour combattre les discours antisémites.

« Dans les faits, les réseaux doivent changer les politiques mises en place », a-t-il dit.

La ministre des Affaires de la diaspora, Omer Yankelevitch, ne s’est pas rendue à cette audience à la Knesset mais, dans un communiqué, elle a appelé les firmes de réseaux sociaux à adopter la définition de l’antisémitisme de l’IHRA sur leurs plateformes variées.

« La liberté d’expression s’arrête là où commencent les incitations antisémites », a-t-elle affirmé. « L’indulgence dont font preuve les réseaux sociaux à l’égard des messages antisémites en arabe est inacceptable. Le portrait du Juif avec un long nez, dans un média arabe, ne doit pas être traité différemment qu’il le serait sur une même page figurant sur un réseau social occidental – l’antisémitisme reste de l’antisémitisme », a-t-elle ajouté.

Un résident de Téhéran, Hamed Ghassemi, regarde son téléphone portable, avec un portrait du Guide suprême iranien, l’Ayatollah Ali Khamenei. (AP Photo/Vahid Salemi)

Mercredi dernier, une responsable de Twitter avait pris la parole devant la commission, déclarant que les tweets dans lesquels le chef suprême iranien, l’ayatollah Khamenei, appelait à la destruction d’Israël n’étaient pas considérés comme des discours de haine, mais qu’ils étaient plutôt considérés comme « des tentatives d’intimidation de politique étrangère ».

« Nous avons une politique à l’égard des dirigeants selon laquelle les interactions directes avec des personnalités publiques, les commentaires sur les questions politiques à l’ordre du jour, ou les tentatives d’intimidation en termes de politique étrangères sur des problèmes de type militaire ou économique n’entrent pas, en général, en contradiction avec nos règles », avait commenté Ylwa Pettersson, responsable de la politique sur Twitter pour les pays du nord et pour Israël.

Ses propos avaient suscité une vive indignation, notamment à la Maison Blanche.

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