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Tom Cotton : une frappe militaire peut « renvoyer l’Iran au jour zéro »

Le sénateur républicain, adversaire de premier plan de l'accord nucléaire, veut maintenir la menace d’une frappe

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le sénateur Tom Cotton parlant à des journalistes israéliens dans son bureau de Washington le 4 août 2015 (Raphaël Ahren)
Le sénateur Tom Cotton parlant à des journalistes israéliens dans son bureau de Washington le 4 août 2015 (Raphaël Ahren)

Washington – Il est important de maintenir la menace d’une frappe militaire contre les installations nucléaires iraniennes, a déclaré un sénateur américain aux journalistes israéliens mardi, soulignant qu’il est en effet possible de faire reculer le programme nucléaire de Téhéran.

« Nous pouvons les renvoyer au jour zéro. Il ne fait aucun doute que les États-Unis ont la capacité de le faire », a déclaré le sénateur Tom Cotton, adversaire de premier plan de l’accord sur le nucléaire iranien.

Les opposants à une frappe militaire contre l’Iran pointent souvent que celle-ci ne ferait reculer le programme nucléaire militaire du pays que de deux à trois ans.

S’adressant à l’Association israélienne des correspondants diplomatiques, Cotton – qui a pris sa retraite de l’armée américaine sous le grade de capitaine – a appelé les États-Unis à informer les Iraniens qu’ils n’hésiteraient pas à recourir à la force si nécessaire.

« Il est essentiel qu’une menace crédible sauvegardera notre politique. À l’heure actuelle, je ne pense pas que la direction iranienne estime que les États-Unis sont prêts à utiliser la force pour protéger nos objectifs sécuritaires nationaux », a-t-il déclaré, parlant dans son bureau du Sénat.

Par opposition à la guerre en Irak, dont l’objectif était de renverser Saddam Hussein et nécessitait 150 000 soldats sur le terrain, une campagne militaire contre l’Iran viserait uniquement à contrecarrer le programme nucléaire du régime, dit Cotton.

Une confrontation militaire potentielle avec l’Iran serait similaire à l’opération américaine Renard du désert de 1998 – une campagne de bombardement de quatre jours – ou à la guerre du Kosovo, a-t-il dit.

« Vous pouvez détruire les installations. Je ne crois pas qu’un expert militaire aux États-Unis ou ailleurs, quel qu’il soit, dirait que l’armée américaine n’est pas capable de ramener les installations nucléaires iranienne au jour zéro », dit Cotton.

« Pouvons-nous l’éliminer pour toujours ? Non, parce que tout pays industrialisé avancé peut développer des armes nucléaires en quatre à sept ans, à partir de zéro. Mais nous pouvons les renvoyer au jour zéro ».

Israël a détruit les réacteurs nucléaires en Irak et en Syrie, dit Cotton, et ces actes ont réussi à dissuader ces pays de tenter de devenir des puissances nucléaires.

« La Syrie n’a pas construit de réacteurs nucléaires récemment, en partie parce que l’utilisation de la force a démontré une volonté politique de ne pas permettre à ce pays de créer des installations nucléaires. Une fois suffit pour que le pays comprenne que son adversaire a la volonté politique de l’empêcher de développer ces installations. »

Cotton – 38 ans, le plus jeune sénateur américain sortant – est l’un des opposants les plus en vue du Congrès à l’accord iranien. En mars, il a écrit une lettre au Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, l’avertissant que le président Barack Obama n’avait pas le pouvoir de signer un accord sur le programme nucléaire iranien.

« Les dirigeants de Téhéran ne comprennent pas comment fonctionne notre démocratie », dit Cotton. « La plupart des Américains croient que les mots ‘ayatollah’ et ‘uranium’ ne font pas bon ménage. Et ils ont bien raison. »

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