Treize hôpitaux défient l’interdiction du pain levé à Pessah
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Treize hôpitaux défient l’interdiction du pain levé à Pessah

En 2018, cinq centres hospitaliers en Israël avaient ignoré la directive du rabbinat et du ministère de la Santé

Photo d'un hôpital israélien (Miriam Alster/Flash90)
Photo d'un hôpital israélien (Miriam Alster/Flash90)

Treize hôpitaux ont annoncé qu’ils ne suivront pas la directive annuelle du Grand-Rabbinat d’Israël et du ministère de la Santé d’interdire activement toute nourriture qui ne soit pas conforme aux lois de Pessah, la prochaine fête juive.

Mardi, les hôpitaux ont déclaré à la radio de l’armée qu’ils ne donneraient pas l’instruction à leurs agents de sécurité de contrôler si les visiteurs et les patients disposent de hametz, produits alimentaires au levain qui ne respectent pas les règles de Pessah.

Les hôpitaux en question sont : les centres médicaux Rambam et Carmel à Haïfa, le centre médical Kaplan à Rehovot, celui de Ziv à Safed, l’hôpital Yoseftal à Eilat, le centre médical Soroka à Beer Sheva, l’hôpital Ichilov à Tel Aviv, celui de Sheba à Tel Hashomer, le centre médical Barzilai à Ashkelon, l’hôpital Beilinson à Petak Tikva, le centre médical Meir à Kfar Saba, l’hôpital Haemek à Afula et le centre médical Hillel Yaffe à Hadera.

Les hôpitaux ont dit qu’ils afficheraient des pancartes demandant aux patients d’éviter d’apporter du pain au levain à l’intérieur des chambres, mais il a dit à la station de radio qu’ils n’agiraient pas activement pour empêcher la nourriture d’entrer dans les bâtiments.

Trois hôpitaux ont déclaré à la radio de l’armée qu’ils feraient respecter la directive : les deux campus d’Hadassah à Jérusalem et l’hôpital Laniado à Netanya.

La présence de produits alimentaires au levain dans les hôpitaux à Pessah est une source continue de frictions entre les autorités religieuses et les militants laïcs qui affirment que la directive est une forme de coercition religieuse.

Des employés préparent la matzah, le pain sans levain mangé pendant la fête juive de huit jours de Pessah, à l’usine Aviv Matzah à Bnei Brak le 14 avril 2019. (Crédit: Flash 90)

Même si les hôpitaux risquent de perdre leur licence de casheroute délivrée par le Grand-Rabbinat en refusant d’appliquer l’interdiction, un nombre croissant d’institutions choisit d’ignorer ces règles. Pessah dernier, cinq hôpitaux n’avaient ainsi pas respecté les instructions religieuses, soit moins de la moitié du nombre d’hôpitaux qui ont promis de défier le ministère de la Santé en 2019.

En mars dernier, l’ONG Forum laïc, avec des députés de l’opposition, a déposé un recours devant la Cour suprême afin de faire annuler l’interdiction. Mais la Cour suprême a pris le parti du ministère de la Santé, dirigé par un élu ultra-orthodoxe, Yaakov Litzman.

Dans sa décision, la Cour a suggéré que les hôpitaux pourraient dédier des zones spéciales où les patients et leurs visiteurs pourraient manger de la nourriture non c conforme aux lois de Pessah.

Les plaignants ont critiqué la décision en déclarant que la suggestion était « déraisonnable », et qu’il s’agissait d’une attaque contre les populations laïques et non juives d’Israël.

La coutume de Pessah de manger seulement des produits sans levain commémore l’Exode du peuple juif d’Egypte qui, selon la Bible, a eu lieu si rapidement qu’ils n’ont pas eu le temps de laisse leur pain lever.

Pessah commence cette année le vendredi 19 avril au soir.

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