Tribunal ukrainien : Pas de nom de collaborateurs nazis pour les rues de Kiev
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Tribunal ukrainien : Pas de nom de collaborateurs nazis pour les rues de Kiev

Un tribunal ukrainien a rendu une injonction contre le fait que deux rues de Kiev portent le nom de nationalistes ayant collaboré avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale

Statue de Stepan Bandera à Lviv, Ukraine, septembre 2014. (Avec l'aimable autorisation d'Andrey Syasko/via JTA)
Statue de Stepan Bandera à Lviv, Ukraine, septembre 2014. (Avec l'aimable autorisation d'Andrey Syasko/via JTA)

Le tribunal administratif de district de Kiev a rendu l’injonction, ordonnant à la municipalité d’annuler le changement de nom de deux rues principales en 2016 au profit de Stepan Bandera et Roman Shukhevych.

Mais le maire Vitaly Klitschko a promis sur Facebook que la municipalité fera appel de la décision, rapporte aujourd’hui l’agence de presse Regnum. Entre-temps, les rues en question seront rebaptisées avenue de Moscou et une autre avenue portera le nom de Nikolaï Vatoutine, un général soviétique tué en 1944 par des miliciens de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne de Choukhevitch, ou UPA.

Bandera et Choukhevitch étaient parmi les nombreux collaborateurs ukrainiens des Allemands nazis, y compris des volontaires SS et des assassins en masse de Juifs et de Polonais, qui sont maintenant considérés comme des héros anti-communistes en Ukraine et par son gouvernement.

L’année dernière, à Lviv, des centaines d’hommes ont défilé en uniforme SS de collaborateurs ukrainiens lors d’un événement approuvé par la ville. Ces dernières années, au moins trois municipalités ukrainiennes ont dévoilé des statues pour l’adjoint de Bandera, Yaroslav Stetsko, qui, pendant la Shoah, avait ouvertement appelé à « l’extermination des Juifs ».

Malgré les protestations des Juifs, cette glorification est devenue un courant dominant à la suite du renversement en 2014 du gouvernement de l’ancien président Viktor Ianoukovitch, dont les critiques le traitent de larbin russe corrompu. Elle a déclenché une vague de sentiment nationaliste. En 2015, une loi a été adoptée qui interdit d’insulter la mémoire de tout combattant anti-soviétique, y compris les criminels de guerre, déclaré héros national.

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