Trois Arabes agressés à Haïfa rencontrent le Juif qui les a secourus
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Trois Arabes agressés à Haïfa rencontrent le Juif qui les a secourus

Rivlin a condamné "l'extrémisme" après qu'un groupe de Juifs s'en est violemment pris au trio. Un second suspect a été assigné à domicile après avoir nié son implication

Trois Arabes israéliens qui ont été violemment agressés dans la ville de Haïfa, dans le nord du pays, la semaine dernière – une agression qui aurait été commise par un groupe de Juifs – ont rencontré et remercié dimanche le Juif qui leur est venu en aide, tandis que le président israélien a, pour sa part, condamné ce crime de haine apparent.

Les trois victimes, un médecin et deux infirmiers originaires de la ville de Shfaram, au nord du pays, ont déposé plainte jeudi, racontant aux enquêteurs qu’ils profitaient d’un moment de détente sur la plage, la veille dans la soirée, lorsqu’ils ont été approchés par un homme qui leur a demandé s’ils étaient Arabes.

Après qu’ils ont répondu par l’affirmative, le suspect serait parti et il serait revenu en compagnie de neuf autres personnes. Le groupe s’en serait alors violemment pris au trio à l’aide d’armes blanches et de barres de métal.

« Indépendamment de la religion, de la race ou du sexe d’une personne, un être humain doit être traité comme un être humain », a commenté l’oncle des trois victimes au cours de la rencontre avec Yair Alaluf qui, avec un autre homme, a séparé les attaquants et les estivants arabes, mettant un terme à l’agression. Alaluf a également appelé la police et une ambulance.

« Je veux te remercier au nom de tous les résidents de Shfaram pour ta générosité », a ajouté l’oncle en s’adressant à Alaluf. « Nous espérons qu’il y aura plus de gens tels que toi parmi les Israéliens et que nous serons enfin en mesure de mettre un terme à tous ces événements méprisables ».

Il a également affirmé qu’il avait l’intention d’inviter Alaluf à Shfaram pour qu’il visite son habitation en signe de reconnaissance.

Posted by ‎هنا شفاعمرو‎ on Friday, 24 August 2018

La cour des magistrats de Haïfa a ordonné l’assignation à domicile pendant trois jours dans cette affaire d’un suspect de 23 ans, originaire de Nesher.

Un deuxième suspect âgé de 29 ans, qui réside également à Nesher et qui a été arrêté samedi, a également été placé en résidence surveillée dimanche après que le juge a statué qu’une insuffisance de preuves ne justifiait pas son maintien en détention.

Le suspect avait clamé ne pas s’être trouvé sur la plage au moment de l’agression et qu’il n’avait « aucune idée » de la raison pour laquelle il a été arrêté.

Les noms des deux suspects font l’objet d’une ordonnance de non-publication décidée par la cour.

Le président Reuven Rivlin a condamné l’incident dimanche au cours d’une visite dans la ville arabe de Kafr Kassem, appelant la police à conclure rapidement son enquête.

« Nous devons comprendre qu’un tel extrémisme peut nous amener à perdre le contrôle de la situation », a expliqué Rivlin aux habitants. « Nous sommes tous destinés à vivre ensemble dans son pays et nous ne devons pas être condamnés à vivre de cette manière là ».

Posted by ‎هنا شفاعمرو‎ on Friday, 24 August 2018

L’une des victimes a expliqué que l’attaque, qui n’avait été précédée d’aucun type de provocation, avait un mobile nationaliste.

« Ils sont arrivés avec des couteaux, avec des barres en métal. Ils ont commencé à nous frapper sans aucune raison », a raconté samedi devant les caméras de la chaîne Hadashot l’une des victimes, qui a conservé l’anonymat. « Ils avaient programmé de nous tuer tous les trois ».

« C’était une agression nationaliste », a-t-il ajouté.

« Tout le monde n’est pas aussi mauvais que l’ont été ses types. Ceux qui nous sont venus en aide, ce sont ces deux Juifs qui ont fait partir le groupe », a-t-il poursuivi. « Les gens ne sont pas tous les mêmes et nous aussi, nous faisons partie de la nation d’Israël ».

Les trois victimes ont été prises en charge pour leurs blessures à l’hôpital.

Une autre victime a expliqué que c’était la première fois qu’elle subissait de telles violences. « Comment est-il possible de demander à quelqu’un ce qu’il est, puis de le frapper ? », a-t-il commenté. « Est-ce qu’on n’a pas le droit d’être là parce qu’on est des Arabes ? C’est un lieu public et tous les Israéliens ont le droit de s’y trouver. Je suis né ici, à Haïfa ».

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