Trois films sur l’aviation israélienne nous donnent des ailes
Rechercher

Trois films sur l’aviation israélienne nous donnent des ailes

Deux documentaires et un film majeur racontent l'histoire de la naissance de l’armée de l'air israélienne

Al Schwimmer, qui a guidé la vaste opération pour renforcer l'armée de l'air d'Israël, avec le Premier ministre israélien David Ben Gurion. (Crédit : Autoriation de Boaz Dvir via JTA)
Al Schwimmer, qui a guidé la vaste opération pour renforcer l'armée de l'air d'Israël, avec le Premier ministre israélien David Ben Gurion. (Crédit : Autoriation de Boaz Dvir via JTA)

LOS ANGELES (JTA) – L’aviation israélienne connaît son heure de gloire, avec deux documentaires diffusés sur des chaînes télévision et lors de festivals de films, et un long métrage.

Ces films ne portent pas sur l’aviation moderne, hautement professionnelle, ni sur ses exploits étonnants au cours de la Guerre des Six Jours en 1967, mais sur ses débuts, en 1948, lorsque l’Etat juif nouveau-né a dû affronter une attaque de six armées arabes armées jusqu’aux dents.

Avec moins d’une poignée de pilotes formés, pas un seul avion de combat et un embargo militaire des Etats-Unis et du reste du monde, la survie d’Israël dépendait dans une large mesure d’une vaste opération de contrebande internationale d’armes et d’avions et des compétences de volontaires étrangers mis à l’épreuve dans les batailles aériennes de la Seconde Guerre mondiale.

Comme l’indique le premier documentaire, « Une aile et une prière », il a fallu une « conspiration » incroyablement effrontée et ingénieuse pour mettre en place un pipeline transnational via lequel transitait tout et n’importe quoi – des fusils portant la croix gammée à des B-17 – pour armer l’Etat juif naissant.

A la tête et au centre de la vaste opération, Al Schwimmer, pilote de combat de la Seconde Guerre mondiale et ingénieur à la TWA.

Schwimmer, un Juif new-yorkais, a acheté une flotte de quelque 30 bombardiers américains et des avions cargos à des prix de surplus de guerre et a recruté des vétérans américains pour les transporter à l’étranger sous le couvert d’une compagnie aérienne panaméenne fictive, parvenant à garder une longueur d’avance sur le FBI et un Département d’Etat américain hostile.

Le gouvernement tchèque a complété la force aérienne de Schwimmer en vendant des imitations de chasseurs allemands Messerschmitt, dont l’apparition inattendue a fait brusquement rebrousser chemin l’armée égyptienne qui volait vers Tel-Aviv.

Les hommes de Al Schwimmer en face d'un avion C-46 avec des marques de Panama. (Crédit : Autorisation de Boaz Dvir via JTA)
Les hommes de Al Schwimmer en face d’un avion C-46 avec des marques de Panama. (Crédit : Autorisation de Boaz Dvir via JTA)

Le Premier ministre d’alors, David Ben Gurion, a qualifié le travail de Schwimmer comme la contribution la plus importante de la diaspora à la survie d’Israël. Et il avait raison.

Schwimmer, qui pour des raisons évidentes n’a jamais utilisé son nom de naissance « Adolph », donné en 1950, a été déchu de sa nationalité par le gouvernement américain pour avoir violé la loi américaine sur la neutralité.

L’année suivante, Schwimmer gérait une société de maintenance d’aéronefs à Burbank, en Californie, quand, à l’appel de Ben Gurion, il est retourné en Israël pour construire des avions militaires. Au moment où Schwimmer a pris sa retraite, en 1988, son entreprise, Israël Aerospace Industries, était la plus grande société en Israël, évaluée à un milliard de dollars.

« Une aile et une prière » est la création de Boaz Dvir, grand conférencier et réalisateur de documentaires à la Penn State University, qui a eu la clairvoyance de mener de longs entretiens avec Schwimmer un an avant sa mort en 2011.

En outre, Dvir a interviewé 29 autres anciens combattants impliqués dans le transport aérien et le combat. Il a investi sept ans dans la recherche et la production du film, avec un modeste budget de 135 000 dollars, dont 70 000 provenaient de sa poche.

Lou Lenart, à gauche, et d'autres pilotes de chasse à l'avant de l'avion Avia S-199 (rédit : Autorisation de Boaz Dvir via JTA)
Lou Lenart, à gauche, et d’autres pilotes de chasse à l’avant de l’avion Avia S-199 (rédit : Autorisation de Boaz Dvir via JTA)

« Above and Beyond : The Creation of the Israeli Air Force » [En dessous et au-delà : La création de l’Armée de l’Air israélienne] reprend là où « Une aile et une prière » s’arrête, en mai 1948.

Des archives d’images et des entrevues recréent le moment où des pilotes, navigateurs, bombardiers et opérateurs radio étrangers dressent des plans de contrebande pour former le noyau de l’armée de l’air israélienne.

Si les aviateurs volontaires venaient d’une demi-douzaine de pays, le film, réalisé par Roberta Grossman, vise principalement un public nord-américain et relate les histoires des bénévoles américains et canadiens.

Nancy Spielberg, la plus jeune sœur du cinéaste oscarisé Steven Spielberg, est la productrice. Elle se dit impressionnée par ces bénévoles des années 1940, aujourd’hui grisonnants.

« Ces hommes sont des héros et les histoires de leurs exploits sont incroyables. C’est un honneur pour moi de leur parler et de montrer ce qu’ils ont fait. »

Le troisième film sur l’aviation israélienne est « Angels in the Sky » [Des anges dans le ciel], un travail en cours de Mike Flint.

Flint a grandi avec les histoires racontées par son père, Mitchell Flint, qui a lutté contre les avions japonais de la Seconde Guerre mondiale avant de rejoindre le 101e Escadron israélien en 1948.

Mike Flint, ancien chef du département d’histoire de Paramount Pictures, a contribué à des films tels que « Top Gun » et « Forrest Gump ».

Il a commencé à travailler à « Angels in the Sky » il y a plus de cinq ans, le voyant comme un documentaire de la même veine qu’ « Above and Beyond » de Grossman. Récemment, cependant, Flint a décidé de changer de genre et de se tourner vers un long-métrage, qui se concentre sur les histoires de quatre pilotes venus de Californie, de New York, d’Angleterre et du Canada.

Toujours dans les étapes de pré-production, le budget du film atteint les 60 millions de dollars.

Flint déclare que l’homme d’affaires et conseiller financier de Los Angeles, Mark Lansky, neveu de l’infâme gangster Meyer Lansky, est le producteur exécutif et principal bailleur de fonds.

Lansky souligne à plusieurs reprises dans une entrevue avec JTA qu’il soutient le projet de Flint, étant persuadé que « ceux qui soutiennent Israël sont bénis ».

Parmi les bénis, il y a apparemment son oncle, qui a fourni à Israël des armes et de l’argent en 1948.

Les trois films se concentrent sur les volontaires étrangers – quelque 4 000 volontaires, connus sous le nom Machal, l’acronyme en hébreu pour « volontaires de l’étranger », qui ont servi pendant la guerre d’Indépendance et ont porté le poids écrasant de nombreuses victimes.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...