Trump déclare envisager de lancer une attaque contre l’Iran « d’une ampleur sans précédent »
Le président menace de frapper l’Iran en réponse aux attaques des Houthis contre des navires saoudiens ; plusieurs maires israéliens rouvrent des abris anti-bombes ; le Premier ministre va convoquer une réunion sur la sécurité
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Le président américain Donald Trump a annoncé, dans la journée de jeudi, qu’il envisageait d’ordonner la plus grande attaque américaine jamais menée contre l’Iran, ajoutant qu’Israël pourrait se joindre aux frappes à sa simple demande.
« J’envisage une attaque massive. Plus importante que jamais. Je suis sur le point de prendre une décision. Nous sommes tous prêts pour ça », a-t-il dit au site Axios qui a signalé que ces frappes, si elles étaient lancées, seraient plus importantes que l’opération « Fureur épique » – l’opération américaine qui avait déclenché la guerre contre la république islamique aux côtés d’Israël, à la fin du mois de février.
Trump profère régulièrement des menaces grandiloquentes à l’encontre de l’Iran sans les mettre à exécution. Il a ainsi menacé à plusieurs reprises de procéder à des bombardements de grande envergure pour annoncer, peu après, des avancées diplomatiques. Il a proféré cette menace quelques heures après avoir averti l’Iran que le pays serait tenu pour responsable si les Houthis au Yémen devaient continuer à prendre pour cible la marine saoudienne, après que le groupe terroriste soutenu par l’Iran a ouvert le feu sur deux pétroliers saoudiens, la nuit précédente.
Israël n’a pas pris part à la dernière vague de combats, ni aux pourparlers qui ont pu avoir lieu entre les États-Unis et l’Iran. Mais Trump a toutefois indiqué à Axios qu’Israël se joindrait à cette nouvelle vague de frappes s’il le souhaitait.
Israël « se joindrait à nous en deux minutes si je le lui demandais », a affirmé Trump, qui a ajouté que « nous n’avons besoin de personne ». Il a également indiqué qu’il y aurait des « conséquences si Israël devait prendre part à l’opération », faisant probablement référence à des attaques iraniennes en direction du territoire israélien.
Trump a expliqué que les Iraniens devaient essuyer un plus grand nombre de frappes avant d’être prêts à conclure un accord : « Ils n’ont pas encore suffisamment souffert », a-t-il déclaré.
Les craintes d’une recrudescence des agressions iraniennes se sont également accrues en Israël. Plusieurs maires ont ainsi ordonné l’ouverture des abris antiaériens publics. Le ministre de la Défense, Israel Katz, a pour sa part noté, dans la journée de jeudi, alors qu’il participait à une évaluation de la sécurité, qu’Israël était « prêt à toute éventualité » dans le contexte des tensions avec l’Iran.
« Si l’Iran attaque Israël, il subira un coup écrasant », a-t-il ajouté, selon des propos qui ont été rendus publics par son cabinet.
Par ailleurs, le Premier ministre Benjamin Netanyahu convoquera demain les principaux ministres et conseillers pour une réunion sur la sécurité nationale, a indiqué le bureau de l’un des ministres concernés au Times of Israel.
Mais les responsables israéliens ne savent pas vraiment comment la situation est susceptible d’évoluer. « Tout dépend de Trump », a confié un haut responsable à la chaîne d’information N12. « Nous ne savons pas où il veut en venir. Il oscille entre une escalade majeure et une escalade progressive. »
Trump s’engage à tenir l’Iran pour responsable des attaques des Houthis
La menace de Trump de tenir l’Iran pour responsable des futures attaques susceptibles d’être menées par les Houthis au Yémen contre des navires saoudiens a été le dernier signe en date de l’ouverture d’un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient.
Lundi, les Houthis, un proxy de l’Iran qui contrôle l’ouest du Yémen, ont annoncé qu’ils allaient imposer un blocus naval à l’Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement yéménite qui est reconnu par la communauté internationale.
Un blocus des ports saoudiens étoufferait encore davantage le flux de pétrole au Moyen-Orient dans la mesure où l’Iran entrave également la navigation dans le détroit d’Ormuz, autre artère énergétique de premier plan.
Dans son avertissement, Trump a fait référence à la campagne de bombardements qui avait été lancée par les États-Unis contre les Houthis, l’année dernière, qui avait visé à mettre un terme à leurs frappes contre les navires en transit à travers la mer Rouge.
« Il y a un an, les États-Unis d’Amérique ont frappé très durement les Houthis pour leur ingérence dans le commerce et dans les échanges, en tirant sur des navires », a écrit Trump sur sa plateforme Truth Social. « Depuis lors, et tout au long de notre conflit avec l’Iran, ils se sont comportés de manière très responsable ».
« Malheureusement, ils recommencent aujourd’hui après avoir tiré sur deux navires saoudiens hier soir », a-t-il poursuivi. « Que cette VÉRITÉ serve à faire comprendre que s’ils recommencent, les États-Unis en tiendront l’Iran pour responsable, dans la mesure où les Houthis sont des mandataires et/ou des intermédiaires de l’Iran, et que des sanctions militaires majeures seront infligées à l’Iran et, bien sûr, aux Houthis eux-mêmes ».
Dans la journée de jeudi, Oman, qui s’était efforcé de jouer un rôle de médiateur entre les États-Unis et l’Iran, a annoncé qu’il tentait désormais de rétablir le calme entre l’Arabie saoudite et les Houthis, avec l’aide de l’envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen. Le ministère des Affaires étrangères d’Oman a souligné la nécessité d’éviter toute escalade et toute menace susceptible d’aggraver la situation en mer Rouge et de mettre en danger la liberté de navigation.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a également imputé la responsabilité des attaques des Houthis à l’Iran, et la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a appelé les Houthis à mettre immédiatement un terme aux activités qui mettent en danger la navigation.
« La navigation doit se faire sans entrave, tant dans le détroit d’Ormuz qu’en mer Rouge », a-t-elle insisté.
L’agence de presse iranienne Tasnim a rapporté jeudi qu’un missile américain s’était abattu sur un site situé à proximité de la ville de Suza, sur l’île de Qeshm, dans le détroit d’Ormuz – qui fait l’objet d’un litige.
« Les autorités compétentes évaluent actuellement l’ampleur de l’incident et l’étendue éventuelle des dégâts », a indiqué l’agence.
Les maires israéliens rouvrent les abris antiaériens publics
Les maires de plusieurs villes ont annoncé, dans la journée de jeudi, la réouverture de leurs abris antiaériens publics – un signe des craintes grandissantes que l’Iran ne relance ses attaques à l’encontre d’Israël.
Ces annonces ont été faites par la ville de Ramat Gan, située au centre du pays, qui avait été durement touchée lors des précédents conflits avec l’Iran, ainsi que par Kiryat Gat et Eilat, dans le sud d’Israël, et par Karmiel, dans le nord.
« Selon notre évaluation, la menace de tirs de missiles en provenance d’Iran ce week-end s’est accrue et elle n’est plus négligeable », a écrit Carmel Shama-Hacohen, le maire de Ramat Gan, sur Facebook. Il a appelé les syndics d’immeubles à ouvrir de la même manière leurs abris.
Shama-Hacohen a toutefois précisé que cette mesure était prise « par excès de prudence » et il a souligné qu’elle ne reposait sur aucune alerte particulière de la part de l’armée.
Les directives du Commandement du front intérieur à l’échelle nationale sont restées inchangées. Les municipalités décident souvent de rouvrir les abris antiaériens de leur propre initiative, tandis que d’autres maintiennent les leurs ouverts toute l’année, indépendamment des tensions sécuritaires.
Rubio : l’Iran « paie le prix » de ses violations de l’accord
Les efforts diplomatiques visant à mettre un terme aux combats se sont poursuivis, mais l’Iran et les États-Unis se sont mutuellement accusés d’être responsables de la rupture des négociations. Rubio a indiqué que Washington avait respecté ses engagements dans le cadre de l’accord avec l’Iran, mais que Téhéran, de son côté, continuait de renier ses engagements.
« Ces gens concluent des accords, puis ils les rompent presque immédiatement ou ils décident : ‘Oh, changeons les termes de l’accord’. Ce n’est pas ainsi que fonctionnent les accords », a-t-il affirmé en marge d’un sommet de l’Asie du Sud-Est à Manille.
« Ils en paient donc aujourd’hui le prix. Et peut-être changeront-ils d’avis au cours des prochains jours, au fur et à mesure qu’ils continueront à subir de lourdes pertes », a-t-il ajouté.
Rubio a également expliqué que les Houthis s’étaient laissés « piéger » par l’Iran pour attaquer le trafic maritime en mer Rouge.
« Les Houthis se sont montrés plutôt avisés et ils sont restés en dehors de tout cela tout au long du conflit, mais ils semblent désormais s’être laissés piéger, en s’en prenant à l’Arabie saoudite et à ses navires », a noté Rubio. « J’espère qu’ils apaiseront la situation, car je pense sincèrement que les Houthis se sont fait piéger par les Iraniens. »
Mais le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que les pourparlers avec les États-Unis ne pouvaient pas avancer en raison de l’attitude « dominatrice » de Washington dans le cadre des négociations.
« Le problème, c’est l’approche américaine, qui est irrationnelle, excessive et dominatrice », a-t-il confié aux médias d’État en marge des entretiens qui ont eu lieu entre le président iranien Mahmoud Pezeshkian et le Premier ministre irakien Ali al-Zaidi.
« Tant qu’ils n’auront pas compris qu’il n’y a pas d’autre solution que de respecter le peuple iranien et ses intérêts, les conditions nécessaires à tout progrès ne seront pas réunies », a-t-il ajouté.
Il a indiqué qu’il était inutile de négocier ou d’échanger des messages d’ici là. « Ils doivent simplement réexaminer leurs politiques », a souligné Araghchi.
L’Iran attaque la Jordanie et le Koweït
L’armée jordanienne a fait savoir que quatre missiles balistiques iraniens et six drones qui avaient été lancés depuis l’Iran en direction du royaume avaient été interceptés jeudi.
L’Iran a mené des attaques quasi quotidiennes contre la Jordanie au cours des sept derniers jours.
Les Gardiens de la révolution iraniens avaient précédemment indiqué qu’ils avaient pris pour cible un radar du système américain de défense antimissile THAAD, un système Patriot, un radar C-RAM et un hangar à hélicoptères en Jordanie, selon un communiqué qui avait été diffusé par la télévision d’État.
L’armée koweïtienne a quant à elle indiqué que le poste-frontière d’Abdali, à la frontière avec l’Irak, avait été touché, dans la journée de jeudi, par une attaque au drone, causant des dégâts matériels. Aucune victime n’a été à déplorer.
Situé dans la province d’Al-Jahra, au nord du Koweït, Abdali est le principal poste-frontière terrestre du pays avec l’Irak. C’est une voie de communication essentielle pour le trafic de passagers et le transport commercial entre les deux pays.
L’Iran a déclaré ce matin avoir mené des attaques aux drones contre des bases koweïtiennes qui abritaient des moyens militaires américains, précisant avoir touché des entrepôts, des camions-citernes et un dépôt de munitions dans trois bases de ce pays du Golfe.
Il a ajouté que des frappes américaines avaient touché un poste-frontière entre l’Iran et l’Irak, tuant deux personnes.
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