Trump déplacera l’ambassade, selon un représentant en mission à Jérusalem
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Trump déplacera l’ambassade, selon un représentant en mission à Jérusalem

Ron DeSantis, chargé d’une mission d’étude sur l’ambassade, indique que le consulat d’Arnona est le meilleur emplacement possible

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Ron DeSantis, représentant républicain de la Floride, en conférence de presse à Jérusalem, le 5 mars 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Ron DeSantis, représentant républicain de la Floride, en conférence de presse à Jérusalem, le 5 mars 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le président américain Donald Trump décidera probablement de déplacer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, a déclaré dimanche un représentant américain qui dirige une mission d’information du Congrès sur le possible déplacement.

La petite délégation, présidée par le représentant de Floride Ron DeSantis, le seul membre du Congrès du voyage, a visité trois emplacements possibles à Jérusalem, et déterminé que le bâtiment du consulat américain principal, situé au 14 rue David Flusser dans le quartier Arnona de la capitale, était le mieux à même d’accueillir l’ambassade américaine.

« Je pense que ça va arriver », a déclaré DeSantis, qui préside la sous-commission de la sécurité nationale de la commission du Contrôle de la Chambre des représentants. Cette sous-commission est responsable des accords sécuritaires des missions diplomatiques américaines dans le monde. « Voir cela arriver 50 ans après la libération de Jérusalem va être très excitant pour beaucoup aux Etats-Unis, et je sais que cela va être très excitant pour beaucoup d’Israéliens ici, à Jérusalem. »

DeSantis a cité le Jerusalem Embassy Act, adopté en 1995, qui demande que l’ambassade américaine soit déplacée à Jérusalem, mais comprend une exemption pour reporter la mesure pour des raisons de sécurité. Jusqu’à présent, tous les présidents, Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama, ont signé cette exemption tous les six mois. La plus récente expirera fin mai, ce qui forcera Trump à décider s’il veut étendre cette exemption ou se conformer à la demande du Congrès.

Trump, qui a promis pendant sa campagne de déplacer l’ambassade et, selon des médias, pensait le faire dès son premier jour de mandat, s’est récemment rétracté, déclarant qu’il étudiait toujours la question.

Donald Trump, alors candidat républicain à la présidentielle américaine, devant la conférence politique 2016 de l'AIPAC, à Washington, D.C., le 21 mars 2016. (Crédit : AFP/Saul Loeb/Getty Images via JTA)
Donald Trump, alors candidat républicain à la présidentielle américaine, devant la conférence politique 2016 de l’AIPAC, à Washington, D.C., le 21 mars 2016. (Crédit : AFP/Saul Loeb/Getty Images via JTA)

« [Trump] est dans une position où il va avoir le choix entre suivre sa promesse électorale, ou devoir signer cette exemption », a déclaré DeSantis pendant une conférence de presse organisé à l’hôtel King David de Jérusalem.

« Connaissant le président, qui est un homme de parole, je ne pense pas qu’il va, le mois même où les personnes ici, à Jérusalem, célébreront le 50e anniversaire de la Journée de Jérusalem, signer l’exemption. Je parie qu’il ne fera pas ça et qu’il annoncera que l’ambassade va être déplacée. »

Cet été, les Israéliens marqueront le jubilé de la guerre des Six Jours, pendant laquelle Israël a conquis Jérusalem Est, la Cisjordanie et le plateau du Golan. Israël a ensuite étendu sa souveraineté sur Jérusalem Est, unifiant la ville par une mesure qui n’est pas reconnue par la communauté internationale, ni par les Etats-Unis.

Pendant son séjour de 24 heures en Israël, DeSantis a rencontré le Premier ministre Benjamin Netanyahu, la vice-ministre des Affaires étrangères, Tzipi Hotovely, et plusieurs députés. Il devait également rencontrer le maire de Jérusalem, Nir Barkat.

Yehuda Glick, député du Likud, 2e à gauche, et le représentant républicain de Floride Ron DeSantis, au centre, à Jérusalem, le 5 mars 2017. (Crédit : autorisation)
Yehuda Glick, député du Likud, 2e à gauche, et le représentant républicain de Floride Ron DeSantis, au centre, à Jérusalem, le 5 mars 2017. (Crédit : autorisation)

DeSantis n’a rencontré aucun responsable palestinien pendant son voyage éclair de dimanche, mais a déclaré qu’il avait récemment rencontré des décideurs du monde arabe à Washington, dont le roi Abdallah II de Jordanie.

Beaucoup dans la communauté internationale ont mis en garde contre le déplacement de l’ambassade, un geste qui serait de fait perçu comme la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël. Samedi, le Fatah, le parti du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a prévenu que le transfert de l’ambassade « ne ferait pas seulement exploser la situation en Palestine mais dans toute la […] région », selon l’agence de presse palestinienne Maan.

« Autre chose sur le feu »

A Jérusalem, DeSantis a déclaré que Trump n’a pas pu annoncer le déplacement de l’ambassade au premier jour de sa présidence parce qu’il était informé de l’exemption et voulait d’abord que son secrétaire d’Etat et son ambassadeur en Israël soient en poste, « pour qu’il puisse gérer cela avec sa propre équipe. »

Le secrétaire d’Etat Rex Tillerson a été confirmé le mois dernier par le Sénat ; et David Friedman, qu’il a choisi pour être ambassadeur en Israël, devrait être approuvé cette semaine.

Le consulat américain de Jérusalem, situé dans le quartier de Talpiot,à Jérusalem, en décembre 2016. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israël)
Le consulat américain de Jérusalem, situé dans le quartier de Talpiot,à Jérusalem, en décembre 2016. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israël)

Ce dernier a reconnu avoir entendu des informations indiquant que les responsables israéliens avaient demandé à l’administration de ne pas précipiter le déplacement, mais a déclaré n’en avoir trouvé aucune preuve. « Je m’attendais à voir cela, je pensais que quelqu’un dirait, en coulisses, ‘écoutez, nous soutenons cela, mais nous avons autre chose sur le feu’. Mais je n’ai pas vu cela. Donc certaines informations ont pu être, ou pas, vraies. Mais il n’y a pas d’hésitation de la part de ceux à qui j’ai parlé depuis que je suis ici. »

DeSantis devait initialement être accompagné par Dennis Ross, lui aussi membre du Congrès, mais est finalement venu seul.

Ainsi, la « délégation officielle du Congrès » ne comprend que lui-même et son équipe.

Il devrait présenter ses conclusions au Congrès et à l’administration.

« Il n’existe aucune autre pays au monde où nous ne plaçons pas l’ambassade dans la capitale choisie par le pays »
Ron DeSantis

Le représentant, qui est aussi membre de la sous-commission Moyen Orient et Asie du Sud de la commission des Affaires étrangères de la Chambre, a souligné qu’il n’était pas venu à Jérusalem au nom du président, mais a ajouté qu’il allait « communiquer ce que nous avons trouvé et ce que nous avons vu » à la Maison Blanche.

En plus de la section consulaire de la rue David Flusser, DeSantis a visité la branche du consulat américain située rue Agron (où le pays possède un bâtiment depuis 1912) et un terrain vide situé au coin de la route de Hébron et de la rue Daniel Yanovsky du quartier Talpiot de la capitale.

Le terrain est loué par le gouvernement américain pour y installer son ambassade depuis 1989, mais pourrait être controversé en raison d’un conflit sur sa propriété.

La section consulaire d’Arnona, qui chevauche la Ligne verte entre Jérusalem Est et Ouest, est adjacente à l’Hôtel Diplomate, récemment acheté par les Etats-Unis pour étendre le consulat.

Le bâtiment héberge cependant de nouveaux immigrants, et les autorités israéliennes auraient indiqué que plusieurs années étaient nécessaires pour l’évacuer. Au contraire, DeSantis a déclaré que la structure « est très bien gardée » et semble « le bâtiment le plus à [accueillir] une ambassade, mais c’est évidemment quelque chose que le président et son administration devront décider. »

L'ambassade des Etats-Unis à Tel Aviv. (Crédit : CC BY Krokodyl/Wikipedia)
L’ambassade des Etats-Unis à Tel Aviv. (Crédit : CC BY Krokodyl/Wikipedia)

L’ambassade est actuellement située dans un bâtiment très fortifié près de la promenade de bord de mer de Tel Aviv.

Affirmant que le déplacement attendu de l’ambassade était une « remise à zéro » des relations israélo-américaines après huit années de tension, DeSantis a balayé les hypothèses d’éruption de violence. « Je ne peux pas prédire ce qu’il va se passer, a-t-il déclaré. [Mais] si vous regardez les avantages du déplacement, ils surpassent les risques. »

« Il n’existe aucune autre pays au monde où nous ne plaçons pas l’ambassade dans la capitale choisie par le pays », a-t-il déclaré.

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