Sissi pense que Trump peut résoudre le conflit israélo-palestinien
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Sissi pense que Trump peut résoudre le conflit israélo-palestinien

Le président égyptien affirme que la paix serait “l'accord du siècle” ; le dirigeant américain loue son “travail fantastique” en Egypte

Le président américain Donald Trump, (à gauche!, avec son homologue égyptien, Abdel Fattah el-Sissi, à la Maison Blanche à Washington, D.C., le 3 avril 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)
Le président américain Donald Trump, (à gauche!, avec son homologue égyptien, Abdel Fattah el-Sissi, à la Maison Blanche à Washington, D.C., le 3 avril 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)

WASHINGTON – Le président américain Donald Trump a accueilli lundi son homologue égyptien, Abdel Fattah el-Sissi, à la Maison Blanche. Le dirigeant égyptien a déclaré qu’il pensait que Trump pouvait négocier un accord de paix israélo-palestinien.

« Vous, M. le président, vous pouvez trouver une solution », a déclaré Sissi à Trump pendant leur rencontre, assurant du soutien total de son pays pour tout effort qui mènerait à une résolution du conflit.

Le président égyptien a ajouté qu’un accord de paix entre Israël et les Palestiniens serait « l’accord du siècle ».

En accueillant Sissi dans le Bureau ovale, Trump a salué la gestion de l’ancien général et s’est lancé dans une offensive de charme conçue pour améliorer les relations entre les deux pays, qui se sont dégradées après la révolution et les répressions sécuritaires.

Il a assuré le président égyptien que les années de relations tièdes étaient à présent terminées, et que s’ouvraient une « grande connexion » entre les deux pays.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, au centre, et le président américain Donald Trump dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, à Washington D.C., le 3 avril 2017. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, au centre, et le président américain Donald Trump dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, à Washington D.C., le 3 avril 2017. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)

« Vous avez, avec les Etats-Unis comme avec moi-même, un grand ami et un grand allié », a dit Trump à Sissi, laissant de côté les préoccupations de son prédécesseur au sujet de la démocratie égyptienne.

« Je veux que tout le monde sache que nous sommes clairement derrière le président Sissi, il a fait un travail fantastique dans un contexte très difficile », a ajouté Trump.

Sissi a souligné au début de sa déclaration qu’il s’agissait de sa « première visite d’état aux Etats-Unis depuis mon investiture, et c’est la première visite en huit ans pour un président égyptien aux Etats-Unis. »

En février, quand Trump avait reçu à la Maison Blanche le Premier ministre Benjamin Netanyahu, il avait déclaré, au sujet du conflit israélo-palestinien, « je pense que nous allons passer un accord. Cela pourrait être un accord même plus important et meilleur que ne le pensent les personnes présentes. »

Ce mois-ci, le président américain va également recevoir le roi Abdallah II de Jordanie et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Le roi de Jordanie Abdallah II, à droite, et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi à l'aéroport international Reine Alia à Amman, en Jordanie, le 28 mars 2017. (Crédit : Khalil Mazraawi/AFP)
Le roi de Jordanie Abdallah II, à droite, et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi à l’aéroport international Reine Alia à Amman, en Jordanie, le 28 mars 2017. (Crédit : Khalil Mazraawi/AFP)

Les deux dirigeants devaient discuter de l’aide économique et militaire accordée par les Etats-Unis à l’Egypte, ainsi que d’autres sujets.

Les Etats-Unis allouent chaque année environ 1,5 milliard de dollars d’aide à l’Egypte, dont 1,3 milliard dans le domaine militaire.

La Maison Blanche, qui vient de lancer un débat budgétaire qui s’annonce houleux sur fond de réduction drastique de l’aide internationale, a promis de maintenir un niveau d’aide « fort » à l’Egypte. Mais ne s’est engagée sur aucun chiffre.

C’est la deuxième rencontre entre les deux hommes : ils s’étaient vus à New York pendant la campagne électorale. Trump a déclaré que Sissi était quelqu’un de « très proche de moi ».

Sissi a salué la « personnalité unique » de Trump et déclaré qu’après leur première rencontre, « j’ai parié sur vous ».

Comme Trump, Sissi pense qu’il peut éradiquer l’extrémisme radical islamique.

Donald Trump et le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi lors d'une réunion à l'hôtel Plaza de New York, le 19 septembre 2016. (Crédit : Dominick Reuter/AFP)
Donald Trump et le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi lors d’une réunion à l’hôtel Plaza de New York, le 19 septembre 2016. (Crédit : Dominick Reuter/AFP)

« Ensemble, nous allons combattre le terrorisme et d’autres choses et nous allons être amis pendant très, très longtemps », a déclaré Trump.

Sissi a promis de travailler avec les Etats-Unis « pour lutter contre cette idéologie diabolique qui prend des vies innocentes, qui apporte la dévastation aux communautés et aux nations, et qui terrorise le peuple innocent. »

Trump a cité à plusieurs reprises l’Egypte comme un allié à majorité musulmane critique dans la lutte contre les terroristes, comme le groupe Etat islamique.

Le dernier président égyptien à s’être rendu à la Maison Blanche était Hosni Moubarak, qui avait assisté en 2010 à des négociations sur la paix au Moyen Orient avec les dirigeants israéliens, palestiniens et jordaniens.

Quelques mois après, Moubarak avait été destitué par un soulèvement populaire, qui avait été tacitement soutenu par Barack Obama, alors président américain.

La relation entre l’Egypte et les Etats-Unis s’était dégradée quand un gouvernement islamiste, puis militaire, dirigé par Sissi, avait pris le pouvoir.

L'ancien président égyptien Mohamed Morsi, lors de son discours à l'assemblée générale de l'ONU. (Crédit : capture d'écran Youtube/RT)
L’ancien président égyptien Mohamed Morsi, lors de son discours à l’assemblée générale de l’ONU. (Crédit : capture d’écran Youtube/RT)

L’administration Obama avait gelé son aide militaire à l’Egypte en 2013 après la destitution du président islamiste Mohamed Morsi et la répression sanglante de ses partisans.

Mais le rôle incontournable de l’Egypte, pays le plus peuplé des pays arabes, avait poussé la Maison Blanche à infléchir sa position en 2015 même si les relations restaient difficiles. Sissi n’avait jamais été invité à Washington par Obama.

Le face-à-face était très attendu car il devait donner de précieuses indications sur la façon dont le nouvel occupant de la Maison Blanche entend aborder la question des droits de l’Homme avec des dirigeants montrés du doigt sur ce thème.

Interrogés avant la rencontre, ses conseillers avaient affirmé que la question serait abordée de façon « privée et discrète », jugeant que c’était « la façon la plus efficace ».

Cette approche a provoqué l’indignation des ONG de défense des droits de l’homme.

« Inviter M. Sissi pour une visite officielle à Washington au moment où des dizaines de milliers d’Egyptiens croupissent en prison et où la torture est de nouveau à l’ordre du jour est une étrange façon de bâtir une relation stratégique stable », a estimé Sarah Margon, responsable de Human Rights Watch dans la capitale fédérale américaine.

La nouvelle administration républicaine serait-elle prête à désigner la confrérie des Frères musulmans de Mohamed Morsi comme une « organisation terroriste » ?

« Le président souhaite entendre la position du président Sissi sur le sujet », a répondu, prudent, un haut responsable américain avant la visite. « Comme d’autres pays, nous avons des inquiétudes concernant diverses activités des Frères musulmans dans la région ».

L’AFP a contribué à cet article.

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