Tsahal: 4 officiers suspendus, 11 sanctionnés après un vol d’armes dans une base
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Tsahal: 4 officiers suspendus, 11 sanctionnés après un vol d’armes dans une base

Des dizaines d'armes ont été volées dans une base du nord d'Israël le mois dernier ; l'affaire fait l'objet d'un embargo

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Illustration  des fusils d'assaut M-16 volés dans une base militaire, le 27 mai 2016. (Crédit ; porte-parole de la police)
Illustration des fusils d'assaut M-16 volés dans une base militaire, le 27 mai 2016. (Crédit ; porte-parole de la police)

Le chef d’état-major de l’armée israélienne, Aviv Kohavi, a pris des mesures disciplinaires contre 15 officiers et soldats mardi, y compris contre des commandants supérieurs, pour ne pas avoir empêché le vol de dizaines d’armes à feu dans une armurerie du nord d’Israël le mois dernier, a déclaré l’armée.

Quatre officiers, dont un lieutenant-colonel, ont été démis de leurs fonctions et un colonel ne pourra pas être promu pendant les quatre prochaines années, a déclaré l’armée israélienne.

Il s’agit d’un geste radical de Kohavi, destiné à envoyer un message aux militaires que de tels vols d’armes et d’équipements militaires ne seront pas tolérés.

Le mois dernier, plusieurs dizaines d’armes ont été volées dans une base du Commandement Nord de Tsahal. De nombreux détails de l’affaire, y compris le nombre précis d’armes, l’emplacement et l’identité des suspects, font l’objet d’un embargo ordonné par le tribunal et ne peuvent être publiés.

Suite au vol, le chef d’état-major Kohavi, a ordonné l’ouverture d’une enquête interne sur l’affaire – en plus de l’enquête criminelle – afin de déterminer comment le vol a eu lieu et ce qui aurait pu l’empêcher.

Le chef d’état-major de Tsahal Aviv Kohavi, (à droite), assis avec le chef du Commandement Nord de Tsahal, le général Amir Baram (à gauche), lors d’une visite dans le nord d’Israël, le 29 novembre 2020. (Armée israélienne)

« Le chef d’état-major a reçu les conclusions de la commission d’enquête et a déterminé qu’il s’agissait d’une affaire de la plus haute gravité, comme le montrent les résultats. De profondes insuffisances et défaillances ont été constatées », a déclaré l’armée dans un communiqué.

Le vol d’armes dans les bases de Tsahal constitue depuis longtemps un problème pour l’armée. En conséquence, ces dernières années, elle a investi des millions de shekels dans des systèmes de sécurité avancés pour les armureries. Cependant, l’enquête a révélé que sur la base où le vol du mois dernier a eu lieu, l’armurerie principale était effectivement bien protégée, mais qu’un arsenal secondaire était laissé quasiment sans surveillance.

Au vu de cette affaire, Kohavi a ordonné à l’armée d’accélérer l’installation et la mise en œuvre de ces mesures de sécurité et de former les troupes en conséquence.

« Le chef d’état-major a précisé que la protection des biens et des bases de l’armée est une exigence fondamentale qui est attendue de tous les commandants et soldats… Il a également déterminé que les lacunes qui ont été trouvées [étaient présentes] tout au long de la chaîne de commandement de la brigade, » a déclaré l’armée.

En conséquence, les sanctions qui ont été prononcées mardi visaient des soldats de rang inférieur, des officiers subalternes et des commandants supérieurs. Leurs noms et leurs postes spécifiques ne peuvent être publiés en raison de l’embargo.

Le commandant de la brigade où le vol a eu lieu ne pourra pas être promu avant l’été 2024, « en raison de sa responsabilité globale pour ce qui se passe dans son unité », a déclaré l’IDF.

Son adjoint sera démis de ses fonctions, sous réserve d’une audience, pour « négligence et pour sa responsabilité globale de la sécurité et de la logistique de la base », a déclaré l’armée.

L’ancien officier logistique de la brigade, un major, sera démis de ses fonctions, sous réserve d’une audience, et ne sera pas éligible à un poste supérieur avant l’été 2022.

L’officier de sécurité de la brigade, un capitaine, et un sous-officier de logistique seront licenciés, en attendant une audience.

L’officier logistique actuel de la brigade, un major, recevra une réprimande officielle de son commandant de division. L’officier logistique de la division, un lieutenant-colonel, sera soumis à une audience disciplinaire par le commandant de la division.

Huit membres du détachement de sécurité qui étaient de garde la nuit en question, dont cinq officiers, seront soumis à une audience disciplinaire par le commandant adjoint de la division pour négligence.

Le sous-officier chargé de superviser les systèmes de sécurité de la brigade recevra un blâme officiel du commandant de la brigade.

« Cette affaire a démontré l’irresponsabilité, un manque de professionnalisme de base comme le montrent les lacunes dans la connaissance des protocoles [militaires], un manque de précision dans l’exécution des ordres, un manque de capacité opérationnelle en termes de protection des armes et des lacunes en matière de responsabilité personnelle. Le chef d’état-major a souligné que le simple fait de faire preuve de responsabilité personnelle aurait suffi pour éviter cet incident », a déclaré l’armée.

L’enquête criminelle de la police et de la police militaire israéliennes sur le vol est en cours, a ajouté l’armée israélienne.

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