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Tsahal investit un milliard de shekels dans l’entraînement en 2022

Après 2 ans d'exercices limités en raison de la pandémie et de l'absence de budget national, l'armée redouble d'efforts pour préparer les troupes à une guerre contre le Hezbollah

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des soldats israéliens participent à un exercice dans le nord d'Israël, en novembre 2021. (Crédit : Tsahal)
Des soldats israéliens participent à un exercice dans le nord d'Israël, en novembre 2021. (Crédit : Tsahal)

L’armée israélienne a effectué une série d’entraînements au cours du mois dernier, organisant plusieurs exercices de grande envergure pour les forces terrestres du commandement nord, et prévoit de poursuivre ces exercices l’année prochaine, après deux années de stagnation relative due à la fois à la pandémie de coronavirus et à l’absence de budget national.

La série d’exercices d’un mois, qui s’est achevée jeudi, a simulé une guerre sur le front nord d’Israël contre le Hezbollah, le groupe terroriste libanais soutenu par l’Iran qui représente depuis longtemps la menace militaire la plus importante pour Tsahal, avec un arsenal massif de près de 150 000 roquettes et missiles. Selon les estimations israéliennes, le Hezbollah pourrait tirer quelque 4 000 projectiles sur Israël chaque jour dans un futur conflit.

Un tel conflit impliquerait une invasion terrestre israélienne du Sud-Liban, qui jouerait un rôle essentiel dans toute future guerre au Liban, a déclaré à la presse, au début de l’année, le général de brigade Dan Noyman, chef de la 36e division du Commandement du Nord.

Pourtant, les soldats qui mèneraient une telle manœuvre terrestre, en particulier les réservistes, n’ont pas été suffisamment entraînés pour une telle opération ces dernières années, ce qui a suscité des critiques au sein et à l’extérieur de l’armée.

L’armée israélienne cherche à résoudre ce problème cette année et l’année prochaine, en investissant plus d’un milliard de shekels dans des exercices plus nombreux et de meilleure qualité pour les forces terrestres.

En 2022, l’armée prévoit d’organiser 50 % d’exercices de plus qu’en 2020 et 30 % de plus que cette année – la plus grande quantité d’entraînement en cinq ans – a déclaré cette semaine à la presse un officier supérieur des forces terrestres, sous couvert d’anonymat.

Au cours de l’année à venir, 91 000 réservistes participeront à des exercices d’entraînement individuels, soit le double de ce qui a été fait cette année, a précisé l’officier.

Les exercices du mois dernier – connus collectivement sous le nom de « Hewn Stone » ou, en hébreu, « Even Gazit » – ont été axés en grande partie sur la préparation des troupes et des commandants à l’utilisation de nouveaux équipements et tactiques et à une meilleure collaboration avec les différentes branches de l’armée afin de mener des frappes sur des cibles du Hezbollah au Liban, tout en défendant le territoire israélien.

Un soldat israélien lance un drone lors d’un exercice dans le nord d’Israël, en novembre 2021. (Crédit : Armée israélienne)

La 36e division de Noyman, qui comprend la brigade Golani et les 7e et 188e brigades blindées, a participé à l’exercice au cours de la semaine dernière. La 146e division de réserve a effectué des exercices la semaine précédente – son premier exercice à l’échelle de la division en sept ans.

Des perspectives inquiétantes pour le Liban

La recrudescence des entraînements ne signifie pas nécessairement que la guerre avec le Hezbollah va éclater de façon imminente, bien que les militaires suivent de près la détérioration de la situation au Liban voisin, qui est au cœur d’une crise financière et sociétale presque sans précédent.

La situation au Liban se détériore depuis des années et a atteint de nouvelles profondeurs ces derniers mois, alors que le pays est de plus en plus confronté à des pénuries de carburant et de nourriture, en plus de la colère persistante causée par l’explosion meurtrière du port de Beyrouth l’année dernière, qui a tué des centaines de personnes et en a blessé des milliers.

Tsahal estime que ces problèmes urgents font que le Hezbollah est moins intéressé par le lancement d’une guerre totale contre Israël, car il doit se concentrer sur le renforcement de son statut national. Il est en effet critiqué même par sa base naturelle au Liban, la population chiite du pays, car il est de plus en plus considéré comme l’un des principaux facteurs de la corruption et du dysfonctionnement du pays.

Toutefois, l’armée craint également que le Hezbollah ne cherche à exacerber les tensions avec Israël afin de détourner l’attention de ce pays vers un ennemi extérieur.

Des combattants chiites du Hezbollah et du mouvement Amal tirent avec une Kalashnikov et un lance-grenades au milieu d’affrontements dans la zone de Tayouneh, dans la banlieue sud de la capitale Beyrouth, le 14 octobre 2021. (Crédit : IBRAHIM AMRO / AFP)

Alors que la situation devient incontrôlable au Liban, les force israéliennes s’efforcent de renforcer leurs défenses physiques le long de la frontière nord, par crainte que les crises du pays n’incitent un grand nombre de réfugiés à chercher asile en Israël, pays beaucoup plus stable. Au cours des deux dernières années, un certain nombre de migrants, pour la plupart originaires de pays africains et de Turquie, sont passés du Liban en Israël, à la recherche de meilleures perspectives d’emploi.

L’armée cherche depuis des années à remplacer les clôtures à mailles de chaîne qui sont en place le long de la frontière par une barrière en béton plus substantielle, mais ces plans ont été bloqués ces dernières années en raison de l’absence de budget national.

Toutefois, avec l’adoption du budget au début du mois, l’armée a pu commencer à travailler sur certaines sections du mur en béton, dans les zones les plus susceptibles de subir des tentatives d’infiltration, ce qui devrait prendre environ deux ans.

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