Tsahal : Le conflit sera une « réussite » s’il apporte « 5 années de calme »
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Tsahal : Le conflit sera une « réussite » s’il apporte « 5 années de calme »

Aharon Haliva reconnaît qu'Israël a été surpris que le groupe terroriste palestinien du Hamas choisisse de cibler Jérusalem - la situation s'étant maintenant inversée

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des roquettes lancées vers Israël depuis le sud de la bande de Gaza, le 17 mai 2021. (Crédit : SAID KHATIB / AFP)
Des roquettes lancées vers Israël depuis le sud de la bande de Gaza, le 17 mai 2021. (Crédit : SAID KHATIB / AFP)

Un général de Tsahal a déclaré, mardi, qu’il considérerait l’opération en cours dans la bande de Gaza comme une réussite si elle permettait de garantir le retour au calme aux abords de la frontière pour les cinq prochaines années.

« Si vous m’acculez et que vous me demandez ce qui peut être raisonnablement considéré comme une réussite, je dirais au moins cinq années de calme et même plus », a commenté auprès de la chaîne Kan le général Aharon Haliva, chef des opérations de Tsahal.

Haliva a tenu ce discours alors que des informations provenant d’Égypte, d’Israël et de Gaza, qui ont été transmises mardi soir, ont laissé entendre qu’un cessez-le-feu était actuellement étudié entre Israël et le groupe terroriste du Hamas – à la tête de l’enclave côtière depuis un coup d’État, en 2007 – ce qui pourrait potentiellement mettre un terme aux violents combats entre les deux parties qui ont fait 12 morts du côté israélien et plus de 200 morts du côté palestinien.

Les responsables de l’armée, jusqu’à présent, se sont largement abstenus de fixer un objectif précis pour la campagne actuelle – baptisée Opération Gardien des murs par Tsahal – préférant dire de manière plus générale que leur mission était d’affaiblir significativement le Hamas et le Jihad islamique palestinien, le deuxième groupe terroriste le plus puissant au sein de l’enclave côtière, aussi soutenu par l’Iran.

Le général Aharon Haliva lors d’une cérémonie en juin 2014. (Armée d’Israël)

Dans ces combats, le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu n’a pas tenté de renverser le Hamas – pensant que le prix élevé d’une telle opération et le chaos potentiellement dangereux que pourrait entraîner le vide laissé par le groupe terroriste rendait intenable une telle perspective.

Le gouvernement croit plutôt que limiter les capacités du Hamas et construire la dissuasion qui vise à empêcher l’organisation d’attaquer l’État juif à court-terme sont la meilleure option pour le moment.

Au cours d’un entretien diffusé à la télévision, Haliva a reconnu que les militaires n’avaient pas pleinement anticipé la décision prise par le Hamas de tirer des roquettes en direction de Jérusalem, lundi dernier dans la soirée, et qu’ils avaient cru que le groupe préférerait maintenir le calme avant la fête de l’Aïd al-Fitr pour permettre aux résidents de la célébrer en paix.

Haliva a affirmé que l’armée avait frappé le Hamas bien plus fortement que ce dernier devait s’y être attendu.

Le chef du Hamas Yahya Sinwar à la télévision, le 21 décembre 2017. (Crédit : capture d’écran Al-Aqsa Television)

« Je pense que ceux qui se sont trompés plus que tous les autres ont été [le leader du Hamas à Gaza] Yahya Sinwar et [le chef militaire du Hamas] Muhammad Deif. Ils ont cru qu’ils pourraient ouvrir le feu sur Jérusalem et que cela n’entraînerait qu’une réponse limitée de l’armée et de l’État israéliens. Ils repenseront à cette décision en se disant que cela a été une erreur significative », a dit Haliva qui s’est exprimé depuis le siège de Tsahal, à Tel Aviv.

« Je n’avais pas déterminé que le Hamas tirerait des roquettes vers Jérusalem. Mais l’erreur, elle se trouve du côté du Hamas. Et il en a payé le prix lourd, et il continuera à le faire », a-t-il dit.

« Finalement, tout ce que le Hamas a construit pendant des années – ou au moins la plus grande partie de ce qu’il a construit au cours de toutes ces nombreuses années – a échoué », a-t-il poursuivi.

Haliva a semblé ici se référer aux drones et sous-marins autonomes développés par le Hamas au cours de ces dernières années, et que le groupe terroriste n’est pas parvenu à déployer de manière significative durant les neuf derniers jours de combat.

Mardi soir, des informations initiales émanant de sources palestiniennes ont évoqué un cessez-le-feu négocié par les Égyptiens, qui rentrerait en vigueur dès jeudi matin à 6 heures. Selon la Douzième chaîne, le Hamas a accepté cet accord.

Des responsables israéliens et palestiniens ont démenti cette information et une source diplomatique, proche des négociations de l’Égypte, a dit au Times of Israel que des pourparlers étaient encore en cours et qu’aucun accord n’avait encore été trouvé entre les deux parties.

Un autre officiel israélien a néanmoins confié, mardi soir, au quotidien Haaretz que, sauf surprise de dernière minute, un cessez-le-feu pourrait probablement être atteint d’ici jeudi matin.

« Il n’y a pas de victoire décisive et il n’y en aura probablement pas », a-t-il déclaré. « Tout le monde est las ».

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