Tsahal prépare des plans pour le Liban en prévision de l’accord avec l’Iran
Israël aurait demandé aux États-Unis de lui garantir une liberté d'action au Sud-Liban ; l'accord n'autoriserait toutefois Israël à intervenir que si le Hezbollah attaque en premier
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Selon des informations parues dimanche dans la presse israélienne, Tsahal se prépare à l’éventualité qu’un accord à venir entre les États-Unis et l’Iran l’oblige à mettre un frein à la guerre qu’elle mène contre le Hezbollah au Liban.
On ignorait encore, dans l’après-midi de dimanche, si un éventuel accord visant à mettre fin à la guerre avec l’Iran pourrait s’étendre au Hezbollah. En effet, la question de la lutte menée par Israël contre ce groupe terroriste soutenu par l’Iran a récemment fait l’objet de négociations distinctes à Washington.
Samedi, le Hezbollah a fait savoir que la dernière proposition de Téhéran, soumise par le médiateur pakistanais en vue de mettre fin à la guerre avec l’Iran, réaffirmait l’exigence de la république islamique de voir le Liban inclus dans tout accord de cessez-le-feu. Dimanche, le chef du groupe terroriste chiite, Naim Qassem, a renouvelé cette demande et exhorté les autorités libanaises à renoncer aux négociations directes avec Israël, à la veille d’un quatrième cycle de discussions qui doit se tenir à Washington, au début du mois prochain
Dimanche, le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a pour sa part approuvé des plans prévoyant la poursuite des combats contre le Hezbollah au Liban à l’issue d’une évaluation de la situation, a indiqué l’armée. À l’occasion d’une visite au Commandement du Nord, puis au quartier général de la 401e brigade blindée, qui est actuellement engagée au Liban, Zamir a souligné que l’armée israélienne était « déterminée à intensifier ses frappes contre le Hezbollah ».
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu devait quant à lui aborder la question de l’éventuelle inclusion du Liban dans l’accord entre les États-Unis et l’Iran au cours d’une réunion restreinte du cabinet de sécurité prévue dimanche soir, a rapporté le site d’information Walla.
Dans ses premiers commentaires sur l’accord en cours de négociation ce dimanche, Netanyahu a affirmé avoir reçu l’assurance du président américain Donald Trump qu’Israël conserverait sa liberté d’action face aux menaces militaires, « sur tous les fronts, notamment au Liban ».
Selon Walla, citant des sources proches du dossier, Israël refuserait de revenir au statu quo au Liban, et insisterait pour être autorisé à conserver sa liberté d’action dans les zones du sud du Liban qu’il a conquises depuis la reprise des combats avec le Hezbollah, le 2 mars.
Selon ces sources, Israël aurait fait part aux États-Unis de son intention de conserver sous son contrôle environ sept ou huit kilomètres de territoire du côté libanais de la frontière.
Des sources ont par ailleurs déclaré au site d’information Ynet que même si Israël était contraint par les États-Unis et l’Iran de mettre fin à son offensive dans le sud du Liban, l’armée israélienne maintiendrait ses efforts pour éliminer les membres du Hezbollah de la zone.
Parmi les options envisagées, Ynet a mentionné la création de postes militaires permanents à l’intérieur des villages du sud du Liban, afin d’empêcher tant les membres du Hezbollah que les habitants de revenir dans la région.
Selon des responsables de la sécurité interrogés par le média, permettre aux habitants de retourner dans leurs villages d’origine ferait courir un risque supplémentaire aux soldats et aux communautés israéliennes proches de la frontière.
Une autre option, a fait savoir le média, serait pour l’armée israélienne d’intensifier ses raids ciblés dans le sud du Liban. Elle pourrait ainsi maintenir le contrôle de la zone sans devoir établir d’avant-postes permanents. L’armée pourrait également opter pour une combinaison des deux méthodes, a ajouté le média.
Malgré les intentions affichées par l’armée israélienne de poursuivre ses opérations offensives contre les membres du Hezbollah à proximité de la frontière israélienne, le site Axios a fait remarquer que, aux termes de l’accord entre les États-Unis et l’Iran, Israël ne pourra frapper le Hezbollah que si le groupe terroriste provoque ou mène des attaques.
Ynet, pour sa part, a évoqué les hésitations du Commandement du Nord de l’armée israélienne quant à la meilleure approche à adopter au Liban dans l’attente d’un éventuel cessez-le-feu.
D’une part, selon le média, l’armée israélienne souhaite atteindre le plus grand nombre d’objectifs possible et ce, le plus rapidement possible, consciente qu’elle pourrait être contrainte de mettre fin aux combats et de se retirer à tout moment. Mais d’autre part, cette stratégie pourrait présenter un risque accru : le Hezbollah pourrait en effet raisonner de la même manière qu’Israël et amplifier ses opérations jusqu’à ce qu’il soit lui-même forcé de cesser les hostilités.
La dernière vague de combats au Liban, qui a repris le 2 mars après que le Hezbollah a ouvert le feu sur Israël en représailles à l’assassinat du guide suprême iranien, a fait plus de 3 000 morts, a fait savoir le ministère libanais de la Santé la semaine dernière.
Plusieurs centaines de ces victimes auraient été tuées à la suite du fragile cessez-le-feu négocié par les États-Unis qui, s’il a contribué à réduire les combats, n’y a toutefois pas mis fin.
Selon des sources informées des pertes du groupe terroriste, de nombreux combattants du Hezbollah tués au cours de la guerre n’ont pas été pris en compte dans le bilan du ministère de la Santé.
Vingt-deux soldats de l’armée israélienne ont perdu la vie au Liban au cours de la même période, dont neuf après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. Un prestataire civil a également été tué dans le sud du Liban.
Stav Levaton et Nava Freiberg ont contribué à cet article.
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