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Twitter supprime de faux profils attisant les tensions avant le scrutin israélien

L'existence du réseau, qui focalisait ses activités sur le politicien d'extrême-droite Itamar Ben Gvir, a été révélée par FakeReporter, groupe israélien anti-désinformation

Une caricature du politicien d'extrême-droite Itamar Ben Gvir partagée sur Twitter par un faux compte dont l'existence a été révélée par FakeReporter, le 18 octobre 2022. (Capture d'écran/Twitter: used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)
Une caricature du politicien d'extrême-droite Itamar Ben Gvir partagée sur Twitter par un faux compte dont l'existence a été révélée par FakeReporter, le 18 octobre 2022. (Capture d'écran/Twitter: used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)

Twitter a supprimé tout un réseau formé de plus d’une quarantaine de faux comptes qui étaient utilisés pour influencer le discours politique en Israël et pour renforcer les tensions entre les électeurs de droite avant les élections du 1er novembre.

Ce réseau a été découvert par FakeReporter, un groupe israélien qui s’est donné pour mission d’identifier et de révéler la désinformation et les autres formes « d’activités malveillantes » sur internet.

Selon le groupe, le réseau était exploité par des entités étrangères cherchant à intervenir dans les élections israéliennes. Son objectif était d’attiser les tensions entre les citoyens de l’État juif.

A cette fin, les faux comptes ont concentré leurs activités sur le politicien d’extrême-droite Itamar Ben Gvir, faisant la promotion de contenus soutenant sa candidature individuelle, réclamant que sa faction Otzma Yehudit se présente séparément de celle du leader de HaTzionout HaDatit, Bezalel Smotrich. FakeReporter a noté que le réseau a montré tout au long de son opération – avant la date-limite de soumission des listes électorales, qui était fixée au 15 septembre – une familiarité très forte avec le système politique israélien.

« Le réseau s’est focalisé sur le député Itamar Ben Gvir : il commentait ses posts, il exprimait son soutien et il faisait la promotion d’une candidature solo pour tenter de le séparer de Smotrich. Les profils mettaient l’accent sur des contenus qui appelaient Ben Gvir, ‘à la dernière minute’, à se présenter seul, un jour seulement avant l’enregistrement des listes électorales en vue des élections à la Knesset », dit le rapport établi par le groupe.

Le rapport remarque également que la majorité des faux profils qui faisaient partie du réseau postaient des publications qui contenaient des erreurs grammaticales ou des fautes d’orthographe en hébreu, ce qui appuie davantage l’hypothèse de l’origine non-israélienne de leurs auteurs.

Les profils étaient ceux d’hommes juifs présumés qui utilisaient des photos d’Israéliens ayant un compte sur Twitter, a précisé FakeReporter. Pour renforcer l’authenticité de ces comptes, ils partageaient des hashtags, des caricatures et des photos prises sur des comptes satiriques de l’application Telegram, ainsi que des posts du profil d’une agence immobilière israélienne appelée Re/max.

Selon FakeReporter, les comptes étaient probablement au premier stade de leur opération quand ils ont été découverts. Certains d’entre eux avaient commencé à liker les posts de la députée du Meretz Tamar Zandberg.

Ces faux comptes ont tous été supprimés.

Ce n’est pas la première fois que ce groupe révèle l’existence de tentatives similaires visant à propager de fausses informations. Au mois d’avril, il avait indiqué avoir découvert une campagne visant à nuire à l’image du ministre de la Défense Benny Gantz, en faisant une promotion excessive des contenus liés au piratage de son téléphone cellulaire sur l’application Telegram. A l’époque, FakeReporter avait déterminé que l’opération avait été menée par un groupe de hackers iraniens qui avaient déjà essayé d’intervenir, dans le passé, dans le discours israélien sur Facebook.

Les tentatives d’interférence dans les élections d’un pays depuis l’étranger émanent généralement de l’Iran, de la Russie et de la Chine, selon un article publié dans le quotidien Haaretz. Ces tentatives ne consistent pas généralement à soutenir un candidat, mais plutôt à promouvoir des questions clivantes qui exacerbent des tensions préexistantes.

Le mois dernier, Facebook a indiqué avoir supprimé 83 faux comptes appartenant au même réseau qui aurait été exploité depuis la Chine. Les faux profils se présentaient comme Américains et partageaient des publications sur des questions controversées comme le droit à l’avortement et le droit au port d’arme, un effort livré pour diviser encore davantage la population américaine sur ces sujets.

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